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Royaume-Uni : Big Brother veut ôter la plupart des sucres des régimes alimentaires, le gouvernement devrait prendre des mesures

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Big Brother prend soin de votre santé. On attend le jour où il fixera le menu pour l’ensemble de la population, à mesure que les conseillers scientifiques font des recommandations de plus en plus précises. C’est le cas au Royaume-Uni, où un rapport s’apprête à demander au gouvernement de modifier de manière « drastique » ses instructions quant aux régimes alimentaires recommandés. Dans le collimateur, les matières grasses mais surtout les sucres, dont le Département de la santé estime qu’ils sont à l’origine de l’épidémie d’obésité qui frappe les sujets de sa gracieuse Majesté. Les pouvoirs publics vont-ils prendre des mesures ? Tout le laisse croire, à l’heure où les paniers repas des enfants sont déjà visités, censurés et partiellement vidés par les enseignants des écoles dès lors qu’ils comportent des aliments non conformés.
 
Admettons d’abord les points suivants. Oui, les îles britanniques font face à un grossissement général de la population, et notamment des jeunes. Oui – raisonnons en Français… – la gastronomie du Royaume-Uni laisse à désirer et en barrant certains aliments les assiettes des Britanniques ne seront pas privés de grands bonheurs culinaires. Quoique : il est des plats traditionnels outre-Manche qui ne manquent ni de charme, ni de saveur…
 

Big Brother surveille les régimes alimentaires au Royaume-Uni

 
Et puis, zut. Ce n’est pas à un technocrate de définir le contenu de nos assiettes ni d’interdire le lait entier ou le miel des abeilles.
 
Une enquête de sept ans menée par les autorités sanitaires marquera le premier changement de fond dans les recommandations émises en 1991, dont on oublie de constater l’absolue inefficacité puisque la prise de poids des Britanniques n’a pas cessé depuis cette époque-là.
 
Selon des informations publiées par The Telegraph, le rapport devrait recommander de diviser par deux la quantité de sucre absorbée quotidiennement, qui ne devrait assurer que 5 % de l’énergie au lieu de 10 % actuellement aux dires des experts. Cela représente une canette de soda par jour, à l’exclusion de tout autre sucre rapide.
 

Haro sur le sucre : le gouvernement devrait prendre des mesures

 
Les Britanniques seraient invités à manger davantage de pâtes et de pommes de terre, 30 grammes de fibres par jour au lieu de 18, huit fruits et légumes par jour. Seuls les plus rigoureux, faisant des économies sur les sucres dans le reste de leur alimentation hebdomadaire (un peu comme les crédits carbone) pourraient s’offrir une canette par semaine de soda « light » – et ce malgré le caractère nocif avéré des édulcorants de synthèse.
 
Oubliés, la crème, le lait entier, le beurre, les gâteaux : dans un régime alimentaire soumis à des bouleversements aussi extrêmes, il faudrait revoir aussi tout le reste de l’alimentation pour ne pas dépasser les doses caloriques renforcées par l’absorption de pain complet et autres féculents. Deux verres de vin par semaine et baste ; quant au dessert cuisiné, il disparaîtrait quasiment des tables familiales (à supposer que celles-ci existent).
 

L’épidémie d’obésité liée au sucre ?

 
Même si les nutritionnistes britanniques ne se font pas d’illusions quant au suivi des recommandations gouvernementales, leurs injonctions pourraient bien se faire plus contraignantes par le biais des taxes : le ministre des sciences de la vie, George Freeman, proposait en mai de les alourdir considérablement sur les aliments sucrés pour couvrir le coût de l’obésité. Dans une société de plus en plus connectée, de plus en plus surveillée, les outils techniques ne manqueront pas pour vérifier les quantités d’aliments… haram avalées par chacun. A quand les aliments connectés ?
 
A force de vouloir définir le contenu des assiettes les autorités publiques jouent en tout cas un rôle de premier plan dans les changements de culture. Ce sont les restes de modes de vie traditionnels qui sont visés, de manière de plus en plus autoritaire. Alors que ce qui fait vraiment l’équilibre humain – et pas seulement l’équilibre alimentaire – n’est pas soutenu : la vie de famille, les repas pris en commun, le temps des mères au foyer…
 

Anne Dolhein