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Grèce : après le dialogue… le Grexit et l’Europexit ?

Grèce : après le dialogue… le Grexit et l’Europexit ?
 
« Il n’y a pas d’autre voie que le dialogue… », affirmait lundi à Berlin le chancelier allemand Angela Merkel en recevant le premier ministre grec Alexis Tsipras. Bien ! Mais que se passe-t-il après ? Car, selon les analystes, la Grèce se trouvera à court de liquidités le 20 avril, c’est-à-dire demain.
 
Pour l’heure, la question pécuniaire achoppe sur les réformes structurelles dont Alexis Tsipras a promis de présenter d’ici lundi aux ministres des Finances de la zone euro une liste détaillée. Il s’agit donc pour les autorités grecques de se conformer à l’accord conclu le 20 février à Bruxelles, mais de s’y conformer vraiment et non de tergiverser comme la dernière fois.
 

Un faux dialogue

 
En réalité il s’agit de savoir si Alexis Tsipras est capable de répondre à une question très simple, celle de savoir qui commande vraiment en Grèce… Question simple, mais réponse délicate. Alexis Tsipras peut évidemment y répondre immédiatement comme le lui demande Bruxelles, et les milliards rentreront dans ses caisses publiques – avec un certain nombre d’obligations à la clef… Mais il aimerait le faire de façon plus nuancée, afin que la rue, à Athènes, n’ait pas l’impression qu’il les mène en bateau et qu’il a trahi ses promesses électorales. Et là, c’est quasiment mission impossible. Comment expliquer aux Grecs que l’argent réapparaît comme par magie sans reconnaître avoir passé sous les fourches caudines de Bruxelles ?
 
Il semble qu’il soit impossible pour le gouvernement grec de changer la règle du jeu. Mais, d’un autre côté, Athènes ne paraît pas pouvoir se trouver en état de respecter cette règle sans provoquer une guerre civile. Certes le grand patronat, en Grèce comme ailleurs, est manifestement favorable à une entente avec les créanciers internationaux de son pays, mais cela ne saurait suffire.
 

Et toujours l’idée d’une sortie de la Grèce de la zone euro

 
D’où le fantôme du Grexit, qui passe une nouvelle fois dans les couloirs des institutions européennes, manié cette fois par George Soros. Sur la chaîne de télévision Bloomberg le financier américain a estimé, en effet, qu’il y avait de fortes chances de voir la Grèce quitter la zone euro. Du fait, notamment, que le remède utilisé pour guérir l’économie grecque a été mal choisi ; si bien que, même si le remboursement de la dette souveraine du pays était reporté sine die, le pays n’arriverait pas, estime-t-il, à surmonter ses difficultés.
 
C’est vraisemblablement là une des principales différences entre l’idée d’un « Grexit » et celle d’un « Brexit ». La Grèce pourrait être contrainte de quitter la zone euro, du fait de son incapacité à y demeurer ; le Royaume-Uni envisage de quitter l’Union européenne pour se soustraire au poids qu’elle représente, en définitive, pour sa politique et son économie. Et la démarche de Londres paraît à la fois plus réaliste et plus sûre que celle d’Athènes.
 

Après le Grexit, l’Europexit ?

 
Le seul point commun, en définitive, réside dans le risque que l’une ou l’autre démarche ferait courir à l’Union européenne, du moins à l’espèce de confiance sans limite qu’elle a en elle-même. Et si l’on envisageait un « Europexit » ?