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Grèce : Syriza face à ses électeurs

Grece Syriza electeurs
 
La situation n’a guère changé à Athènes. Les manifestations s’y succèdent de nouveau, comme aux meilleurs moments de l’année 2014. Mais, désormais, la Grèce manifeste contre le gouvernement Tsipras, contre le gouvernement Syriza, ses propres électeurs manifestant leur colère de voir le premier ministre, si beau pourfendeur de l’austérité hier, s’entendre en définitive avec l’Union européenne, tout en affirmant chez lui faire tout son possible pour tenir ses promesses.
 
Le problème, c’est que les Grecs n’y croient plus. La seule mention de Bruxelles leur donne des boutons. Les émeutes, avec voitures incendiées et vitrines brisées, sont là pour le prouver, pour l’affirmer : les manifestants demandent l’arrêt du programme de renflouement financier mis en place avec l’aval des caciques européens. Comme avant Noël ? Oui, exactement de la même façon !
 

Les électeurs de Syriza dans la rue

 
Oh ! certes, ils ne sont, nous dit-on, que quelques centaines, à manifester ainsi dans les rues. Mais combien étaient-ils à soutenir Syriza aux premiers jours (heureux temps disparu…) de son opposition à l’austérité européenne ?
 
Alexis Tsipras marche sur la corde raide. Et multiplie les propos tendancieux, voire les couacs, accusant notamment Lisbonne et Madrid de vouloir conduire son pays à l’asphyxie financière. Au point que l’Espagne – entre autres – a tordu son nez, d’autant que certains évoquaient l’idée d’un nouveau plan d’aide qui viendrait accorder des conditions plus souples à Athènes. Avec une enveloppe de 30 à 50 milliards d’euros à la clef…
 
Une idée démentie par l’Eurogroupe, qui a prévenu que la Grèce doit démarrer les réformes dès mars pour être aidée. Lundi, son président, Jeroen Dijsselbloem, a donc invité la Grèce à s’atteler aussi rapidement que possible à ses réformes, faisant miroiter la promesse d’un premier versement de fonds par ses partenaires dès le courant du mois de mars en cas de « progrès ».
 

La Grece ne sait plus sur quel pied danser…

 
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a aussitôt indiqué que, dès lundi prochain, il présenterait « un dossier avec six propositions et discuterai[t] (…) des mesures qui peuvent être mises en œuvre immédiatement ».
 
On ignore comment Yanis Varoufakis parvient à tenir ce langage quand, dimanche dernier, il affirmait une nouvelle fois, à l’Associated Press cette fois-ci, que son pays allait engager une renégociation de sa dette auprès de ses créanciers, pour alléger le poids de l’austérité. « Il serait excellent que nous puissions nous mettre d’accord avec nos partenaires pour adoucir les difficultés de trésorerie des prochains mois, pour le bénéfice de tout le monde », déclarait-il.
 
Un pas en avant, deux pas en arrière… En grec, cela se dit sans doute autrement, mais produit les mêmes effets que partout ailleurs !