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Grèce : la victoire de Syriza

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Vainqueur attendu des élections législatives à Athènes, dimanche, Alexis Tsipras, patron du parti de la gauche radicale Syriza, devait être nommé chef du gouvernement dans l’après-midi. Il a aussitôt promis de mettre fin à cinq années d’austérité, renvoyant les créanciers internationaux de la Grèce à leurs réflexions. Avec 149 sièges, Syriza manque de deux places la majorité absolue, mais ne devrait guère avoir de difficultés à concrétiser sa victoire par une alliance, prévue dès avant l’élection, avec la petite formation de droite des Grecs indépendants, dont le chef de file, Panos Kammenos, obtient treize sièges, soit autant que le Pasok socialiste…
 
Malgré son opposition affichée à la politique de Bruxelles, Alexis Tsipras a reçu les félicitations de tout le gratin européen – et aussi mondial – à commencer par celles de François Hollande. Mais ce sont évidemment les forces radicales de gauche qui sont les plus satisfaites. En France, Jean-Luc Mélenchon ne cachait pas sa joie, ressortant pour l’occasion les bonnes vieilles formules en évoquant un « grand soir démocratique ».
 

Quelle victoire ?

 
Il conviendra, de ce fait, de suivre de près l’évolution politique de la Grèce. L’opposition à la politique délirante de l’Union européenne ne saurait, en effet, constituer un absolu, comme semble le croire Marine Le Pen qui s’est réjouie de cette « gifle démocratique monstrueuse ». Le programme de Syriza comprend notamment une politique d’immigration d’une idéologie absolue, et une vision d’une internationale de gauche qu’on pourrait croire décalquée des plus belles heures de l’URSS.
 
« La Grèce laisse derrière elle une austérité catastrophique, elle laisse derrière elle la peur et l’autoritarisme, elle laisse derrière elle cinq années d’humiliation et d’angoisse », a donc affirmé Alexis Tsipras en savourant sa victoire.
 
On peut du mois l’espérer pour les Grecs. Mais il faut attendre de voir comment le nouveau gouvernement composera avec ses partenaires européens, qui ne cessent de répéter qu’Athènes doit respecter les termes de l’engagement pris dans le cadre du plan de sauvetage financier.
 

La Grèce de Syriza

 
Certes, le nouveau premier ministre a promis de renégocier la dette publique de son pays, même au prix d’une confrontation avec la zone euro… et les autres. Ainsi, pour le FMI, Christine Lagarde a d’ores et déjà affirmé qu’il n’y aurait pas de traitement spécial pour la Grèce. Avis donc à Alexis Tsipras ; d’autant que, sans aide extérieure, et en l’état actuel de ses financements, Athènes pourrait risquer un défaut au cours de l’été.
 
Pour l’heure, le nouvel homme fort de la Grèce ne voulait penser qu’à son pays : « Notre priorité dès le premier jour sera de panser les plaies laissées par la crise. (…) Notre priorité absolue est que notre pays et notre peuple retrouvent leur dignité perdue. »