HSBC craint une récession de l’économie mondiale sans canot de sauvetage

HSBC craint une récession de l’économie mondiale sans canot de sauvetage
 
« HSBC craint une récession mondiale, sans canot de sauvetage » : ainsi titre The Telegraph, donnant ainsi voix au cri d’alarme d’une des plus grosses institutions bancaires du monde.
 
Le monde économique s’approche dangereusement de la vitesse de décrochage, s’inquiète ainsi le journaliste, qui précise que les Nations unies ont réduit leurs prévisions de croissance mondiale à 2,8 % pour cette année. L’ONU est la dernière institution internationale en date à céder à ce pessimisme, motivé par le fait qu’il n’y plus – dit-elle à la suite d’autres analystes comme HSBC – de marge de manœuvre ni d’erreur en cas de catastrophe.
 
L’article est illustré par une image du Titanic qui sombre : franchement pas de quoi rassurer le marché ni d’inciter les entrepreneurs et autres acteurs à la prise de risques.
 

L’économie mondiale non loin du point d’entrée en récession

 
Nous ne sommes pas encore dans la zone réellement dangereuse, mais nous ne sommes plus très loin des 2,5 % de croissance au plan international que l’on jugeait cruciale pour éviter départ d’une récession mondiale, assure Ambrose Evans-Pritchard, analyste économique du Telegraph.
 
Le choc économique n’est pas loin. Il pourrait notamment se produire si la Chine abandonnait le dollar pour mettre en place une politique monétaire protectionniste au risque de paupériser ses voisins : cela engendrerait un choc déflationniste supplémentaire dans une économie mondiale déjà très fragilisée, commente-t-il.
 

HSBC inquiète d’une entrée en récession d’une économie mondiale incapable de faire face

 
« Plus longtemps durera cette situation, plus grand sera le risque d’essoufflement du rétablissement mondial auquel nous assistions depuis six ans », assure le Telegraph. Histoire de marginaliser la Chine, en parfait accord avec l’analyse de HSBC et des « autorités mondiales » ? S’agit-il d’une guerre feutrée pour préserver le rôle dominant du dollar ? Ou d’une préparation des esprits à un ralentissement qui correspond bien à la volonté des plus extrêmes des écologistes, qui ont hâte de voir l’humanité lever le pied ?
 
Stephen King, de HSBS, met en tout cas en garde : les autorités mondiales, dit-il, n’ont que peu de moyens pour encaisser et dépasser un prochain choc, étant donné que les taux d’intérêt sont déjà proches de zéro dans le monde développé et que les niveaux de dette ont atteint des records. La référence à la catastrophe maritime, c’est lui : « L’économie mondiale navigue à travers l’océan sans aucun canot de sauvetage à utiliser en cas d’urgence », a-t-il résumé.
 

Le véritable « canot de sauvetage » ? La relance démographique

 
Car à force de faire baisser les taux d’intérêts pour « stimuler » l’économie, la Fed s’est privée d’outils pour l’avenir, la relance ayant été trop lente pour remonter la pente de la dette. Mais le problème qui s’accentue le plus vivement, dit-il, « c’est la lente crise du vieillissement progressif dans la plus grande partie de l’hémisphère Nord » : « La Fed ne cesse de devoir remettre à plus tard sa première remontée des taux alors que ses attentes se révèlent à chaque fois trop optimistes. »
 
L’article détaille ensuite les symptômes du repli économique dans le monde entier, qu’à terme seule la dépense publique directe (comme elle se pratique au Japon) ne saurait endiguer… pour combien de temps ? Le Japon, précisément, est une nation sans enfants. La référence au vieillissement de l’hémisphère Nord est sans doute la clef de cette analyse, discrètement évoquée, mais combien sérieuse.
 

Béatrice Romée