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Dans plus de la moitié des cas, l’infertilité des couples est due à l’homme – mais on multiplie les FIV pour les femmes

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Pourquoi l’industrie liée à la FIV se concentre-t-elle presque entièrement sur les femmes ? C’est la question qu’a posé, hier, un long article du DailyMail. C’est un fait attesté, le nombre de spermatozoïdes a réduit de presque 60 % entre 1973 et 2011. Et dans la moitié des cas, l’infertilité des couples se trouve être due à l’homme. Pourtant, la fécondité masculine n’a pas l’air d’être au cœur des préoccupations. La faute au féminisme ? Aux appétits financiers de l’industrie médicale ? Ou encore au malthusianisme qui s’en trouve in fine bien loti ?!
 
Une chose est certaine, on fait inutilement souffrir des femmes par des tests puis des FIV invasives et coûteuses et on laisse le problème perdurer. Qui s’y retrouve ?
 

Deux fois plus d’hommes infertiles sous traitement en quatre ans

 
Les données de la Human Fertilisation and Embryology Authority qui réglemente le traitement de l’infertilité au Royaume-Uni, montrent que le nombre d’hommes infertiles traités a doublé en quatre ans seulement. « Nous avons un énorme problème de santé publique qui, jusqu’à présent, passait sous le radar. Les autorités sanitaires devraient s’inquiéter », explique le Dr Hagai Levine, expert en santé environnementale à l’Université hébraïque de Jérusalem, qui a dirigé l’étude sur la baisse de la fertilité masculine publiée dans la revue Human Reproduction Update.
Alors on pointe l’augmentation de l’obésité et du diabète, mais aussi un mode de vie médiocre, la pollution de l’environnement… Des chercheurs ont, à bon droit, pointé la présence des hormones féminines dans l’approvisionnement en eau – provenant en droite ligne de la pilule contraceptive. L’année dernière, l’Organisation mondiale de la santé a averti que la compréhension de l’infertilité masculine était encore « très faible »… même si fondamentalement problématique.
 
Pourtant le secteur médical dédié à l’infertilité – dirigé par des gynécologues spécialisés dans la reproduction des femmes – n’a pas l’air de tellement en tenir compte. L’homme semble être étonnamment écarté du domaine de la reproduction…
 

« Beaucoup de FIV sont inutiles »

 
Un homme a raconté au DailyMail que lui et sa femme avaient dépensé quelques 20 000£ pour une FIV ratée. Ce n’est qu’après cet échec douloureux, à tous niveaux, que la clinique lui a dit que finalement le problème c’était lui…
 
« Il n’y a pas de reconnaissance du fait que l’infertilité masculine est un problème – et de ce fait, beaucoup de FIV sont inutiles », a déclaré à Good Health le Dr Ashok Agarwal, spécialiste de l’infertilité de la Cleveland Clinic, en Ohio.
 
Jonathan Ramsay, urologue et spécialiste de la fertilité masculine à l’Imperial College de Londres, est du même avis : « Il est bien connu que les hommes sont tout aussi susceptibles que les femmes d’être incapables de concevoir (…) Mais les spécialistes de l’infertilité sont invariablement des gynécologues spécialisés dans la santé reproductive des femmes et n’ont pas une compréhension détaillée de la manière de détecter les anomalies dans la production de sperme ».
 

« Cela ne se produit dans aucune autre branche de la médecine » !

 
On est en droit de se demander pourquoi. Pourquoi la médecine, universelle, qui a but de guérir, de soigner, de remédier à une déficience, ne se penche pas sur un phénomène aussi manifeste, n’investit pas dans la recherche dans ce domaine. Tandis que le secteur médical dédié à l’infertilité fait subir à toutes les femmes dont la fécondité est nulle, des FIV invasives et coûteuses (soit pour le requéreur soit pour l’État), dont un bon nombre sont donc mécaniquement inutiles.
 
« Nous faisons subir une procédure invasive à une personne qui n’en a pas besoin au lieu de traiter une autre personne », a déclaré Sheena Lewis, professeur de médecine reproductive à l’Université Queen’s Belfast. « Cela ne se produit dans aucune autre branche de la médecine » !
 
Pour le directeur scientifique de la clinique privée Andrology Solutions à Londres, le seul centre d’infertilité en Grande-Bretagne qui se concentre sur les hommes « l’industrie de la FIV est incontrôlable – elle détruit les mariages, laisse les gens très malheureux et la plupart ne travaillent pas. La FIV est bien pire que la chirurgie esthétique. Si, comme la FIV, votre lifting ou votre augmentation mammaire n’avaient que 30 % de chance de réussir, vous ne le feriez pas ».
 

En cas d’infertilité, les médecins se concentrent systématiquement sur les femmes

 
Le Daily Mail évoque le cas d’un couple de violoncellistes qui étaient sans enfant depuis dix ans. Bien que monsieur ait été rapidement informé que les résultats de ses échantillons de sperme n’étaient pas bons, on lui a prescrit des multi-vitamines et c’est à madame qu’on a fait subir six mois de test invasifs avant une éventuelle FIV : la mentalité des médecins est de se concentrer sur les femmes.
 
Un exemple emblématique : en Grande Bretagne, quand dans un couple infertile l’homme demande des tests de sperme, le dossier s’établit au nom de la femme… Dans ce secteur médical, tous les traitements sont faits sous un nom féminin – l’homme est un accessoire.
 
Nombre de ces couples interrogés par le DailyMail décrivent leur parcours du combattant et leur recours final à des traitements ciblés, loin de l’industrie liée à la FIV : chirurgies locales, régimes alimentaires, apport supplémentaire d’antioxydants… soins qui ont porté leurs fruits ou en tout cas ont démontré un accroissement notable et prometteur du nombre de spermatozoïdes chez les patients.
 
Il semblerait qu’en concentrant tout le processus de leurs « efforts » sur les femmes, le secteur médical liée à l’infertilité fasse bien souvent leur malheur… sans compter que la FIV déshumanise profondément la procréation – mais peut-être, cet objectif compte-t-il ?
 

Clémentine Jallais