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Interdiction des feux de cheminée : l’écologisme totalitaire impose le meilleur des mondes

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C’était dans les cartons depuis deux ans, dans les tuyaux depuis l’automne 2013, l’interdiction des feux de cheminée en Ile de France, en attendant d’autres régions, prendra effet au premier janvier 2015. Au delà du grotesque, l’écologisme impose aux Français son modèle totalitaire du meilleur des mondes, jusque dans le détail de la vie quotidienne.
  
Savez-vous ce que c’est que la DRIEE ? C’est en abrégé la direction régionale et interdépartementale de l’énergie et de l’environnement (l’administration ne se décide toujours pas à limiter la pollution de la langue française). Elle vient de décider d’interdire les feux de cheminée à Paris et dans 435 communes d’Ile de France à compter du premier janvier prochain.
 
L’interdiction ne souffrira d’exception à Paris que pour les marchands de pizzas et les boulangers, à condition qu’ils disposent de fours modernes très performants ; en banlieue, on pourra continuer à se chauffer au bois si l’on équipe sa cheminée d’un insert (coût moyen de l’opération : 6.000 euros, ce n’est pas très social). Le tout s’impose sans referendum ni débat parlementaire visible. La défense de la planète est une cause tellement incontestable que l’écologisme peut régenter le monde par simples circulaires ou arrêtés préfectoraux.
 

L’écologisme impose l’interdiction par la terreur

 
Pourquoi cette décision ? La biomasse est une source d’énergie renouvelable, et le Grenelle de l’environnement, à la demande des Verts, a donc encouragé le chauffage au bois. Son incidence sur le fameux effet de serre est négligeable, puisque d’une part le gros du bois de chauffage se décomposerait naturellement s’il n’était brûlé, en émettant des composés carbonés dans l’atmosphère, et que de l’autre, les rejets carbonés de sa combustion sont captés et stockés par les forêts. Accessoirement, le bois est aussi la source d’énergie la moins chère pour le chauffage, si on l’utilise dans de bons poêles ou des chaudières bien réglées, et demeure abordable même dans les cheminées ouvertes, dont le rendement est très faible. Alors ? Le prétexte invoqué pour justifier la décision de la DRIEE est la santé publique. En effet, la combustion de bois dans les cheminées ouverte est incomplète et rejette de ce fait plein de mauvaises choses dans l’atmosphère, et parfois aussi, à l’occasion notamment d’un coup de vent, dans la maison ou l’appartement où fonctionne la cheminée.
 
Les données fournies à cet égard sont aussi terrifiantes que contradictoires. Le ministère de l’environnement du Québec ( le Québec est très en pointe sur cette question, à cause des cabanes au Canada, c’est tout un tintouin de les chauffer, avec tous ces arpents de neige : sous l’effet de la crise, le nombre des chauffages au bois a quasi doublé entre 1987 et 2000) donne un tableau récapitulatif de toutes les cochonneries que rejette un feu de bois : monoxyde de carbone, composés organiques volatils, acroléine et formaldéhyde, particules fines, oxydes d’azote, hydrocarbures aromatiques polycycliques, dioxines et furanes. On ne vous dit pas tout le mal que cela peut faire, depuis les simples maux de tête, les nausées, les étourdissements, l’irritation des yeux et des voies respiratoires, pulmonaires comprises, entraînant une aggravation des maladies cardiorespiratoires et une mortalité plus hâtive, sans oublier des actions cancérigènes « probables » ou « soupçonnées de l’être ». Une telle littérature est sans doute un peu forte en alcool pour le justiciable d’Ile de France, qui a le mauvais goût de relever que plusieurs de ces substances sont rejetées par toute combustion, que ce soit de bois ou d’autre chose, dans une cheminée ou non, et que, par exemple, un empoisonnement au monoxyde de carbone par une cheminée ouverte relève de la mauvaise plaisanterie.
 

Feux de cheminées, particules fines et questions sans réponses

 
Aussi la DRIEE s’est-elle limitée à un argument, à un seul ennemi à proscrire : les particules fines. Voici ce dont il s’agit. De nombreuses particules de matière d’une taille inférieure à dix microns sont en suspension dans l’air ; la poussière en est un exemple. Quand leur taille est inférieure à 2,5 microns, on les appelle particules fines, inférieure à 1 micron, particules très fines, et inférieure à 0,1 micron, particules ultrafines ou nano particules. Pourquoi craindre particulièrement les particules fines ? Parce que les particules plus grosses sont retenues par le nez et la bouche. Elles peuvent les irriter, mais non commettre de dégâts internes. Sont donc visées les particules respirables, fines, très fines et ultrafines. D’après la DRIEE, elles peuvent s’attaquer aux poumons, favoriser les maladies cardio-respiratoires et réduire l’espérance de vie à la naissance des habitants de l’Ile de France de six mois. Or, toujours selon elle, le chauffage au bois rejetterait dans l’air de l’île de France 23% des particules qui l’infectent, soit autant que toutes les voitures et les camions avec tous leurs embouteillages. Selon le CITEPA (centre interprofessionnel technique d’Etudes de la pollution atmosphérique), en 2006, la nocivité du chauffage résidentiel sur le territoire français entier serait encore bien pire : pour l’ensemble des particules fines, sa part monterait à 39%, et pour les particules très fines (inférieures à un micron) à 64%. Dans ce mauvais résultat, pour les seules particules très fines, la part du bois serait de 64% contre 10% pour le fioul et le charbon réunis. C’est bien embêtant, car cela incite à utiliser soit des énergies fossiles, soit le nucléaire, soit à se geler les pieds en attendant que les éoliennes veuillent bien se mettre à tourner. Mais en même temps, en septembre 2011, Airparif estimait la part annuelle de l’énergie bois à 7% de la pollution annuelle du fond de l’air. Toutes ces données sont partielles, insuffisantes et incohérentes.
 
On aimerait bien savoir en outre quel type de « particules fines » rejettent les feux de bois, et quelle est leur concentration sur les divers lieux visés à quelle époque de l’année. Concernant Paris, par exemple, combien y a-t-il de cheminées ouvertes qui fonctionnent, combien de jours de l’année, et pour une consommation de bois totale de combien de stères ? Où vont les particules, en combien de temps sont-elle évacuées de l’espace aérien de la capitale ? Quel ajout cela constitue-t-il à la concentration locale de pollution, et donc quel effet cela a-t-il sur la santé publique ? Et enfin, précisément, comment sont sensées agir les différentes particules fines sur les organismes, des jeunes, des vieux, des sédentaires, etc. A toutes ces questions il n’est naturellement donné aucun début de réponse, elles n’ont même pas été posées. L’essentiel n’est pas là, l’essentiel est de faire peur, de sorte que l’écologisme impose sans résistance une nouvelle norme de vie.
 

Le meilleur des mondes totalitaire d’Aldous Huxley

 
Il est déjà question que l’interdiction des feux de cheminée s’étende à la région Rhône-Alpes, à la PACA, et en général autour des métropoles. On attend avec impatience la comparaison entre les flambées dans les âtres lyonnais ou marseillais et le danger de la pétrochimie. Sans faire de mauvais esprit, il est plus facile d’interdire les Noëls et les soirées romantiques du Français moyen que de pousser certaines industries polluantes à polluer moins. Et l’on retiendra trois choses en conclusion. D’abord, il y a un recul net sur la mythologie de l’effet de serre et du réchauffement climatique, puisqu’on s’en prend ici au bois, énergie renouvelable et chouchou de l’écologisme il y a vingt ans. Ensuite, c’est la santé qui est maintenant l’axe porteur de la propagande écolo. Enfin, le totalitarisme mondial prend de plus en plus le visage d’un ami et d’un conseiller qui cocoone individus et familles dans le plus intime de leur vie. Think global, act local. Pour sauver la planète, on demande aux éco-citoyens de petits gestes concrets. Et on ne place pas cet effort dans le cadre d’une grande politique contraignante, non : il a déjà été dit que l’arrêté ne sera pas pour l’instant suivi de sanctions en cas d’infraction. On le demande pour faire advenir tous ensemble le meilleur des mondes, plus convivial, plus confortable, plus raisonnable. Le mondialisme totalitaire a manifestement choisi la voie d’Aldous Huxley, et non celle de Georges Orwell.