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Nouveau paradigme : Johan Rockström de l’Institut Potsdam propose de redistribuer la richesse mondiale pour lutter contre le réchauffement

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Les milliardaires de ce monde – et quelques autres – vont devoir renoncer à leurs richesses pour que le reste de l’humanité puisse vivre. Tel est le plan pour l’avenir de Johan Rockström, directeur de l’Institut Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat à Stockholm. Comme toute œuvre d’ingénierie sociale, celle-ci repose sur la prise en compte d’un nouveau paradigme au nom duquel on peut à peu près tout révolutionner. Pour lutter contre le réchauffement et empêcher la terre de devenir une cocotte-minute, il faudrait selon le chercheur redistribuer la richesse mondiale. A y regarder de plus près, on constate qu’il s’agirait d’une véritable marche vers le socialisme mondial.
 
Cette prise de position n’est pas celle d’un quelconque hurluberlu : l’Institut Potsdam joue un rôle de premier plan sur la scène de la lutte contre le réchauffement ; son fondateur Hans Joachim Schellnhuber a notamment contribué à la rédaction de l’encyclique Laudato si’ du pape François et a même participé à sa présentation officielle. Pour la petite histoire, Rockström a publié en 2015 sur le site du Forum économique mondial une tribune invitant le monde à écouter le message de François sur le climat ; il qualifiait l’encyclique de « document d’enseignement le plus significatif venu du Vatican depuis plus d’une décennie ». Manière de disqualifier les encycliques de Benoît XVI ?
 

Redistribuer la richesse mondiale pour lutter contre le réchauffement : un plan d’une violence sans précédent

 
L’écologiste Johan Röckstrom, rapporte le quotidien Business Insider, promet d’éliminer la pauvreté et la faim tout en aidant la planète à travers un plan simple en cinq parties. Seul hic : « Le plan exige des changements sans précédent dans tout ce que nous faisons, depuis la manière dont nous utilisons l’énergie dans nos vies jusqu’à la redistribution de la richesse. » Ce résumé, dû à la plume de Hilary Brueck, dit tout : il s’agit de tout bouleverser de fond en comble.
 
Le moteur de ces changements est la grande peur du réchauffement diffusé et entretenu par le GIEC, organisme onusien (l’IPCC – son acronyme anglais) qui promet un réchauffement d’1,5 °C d’ici à 2040, et par d’autres chercheurs qui doublent voire quadruplent la mise pour annoncer jusqu’à 6° C si la Terre se met en mode autochauffant. Une peur à laquelle on associe un « espoir » dont il appartient aux hommes de permettre qu’il devienne réalité.
 

Johan Rockström de Institut Potsdam a un plan en cinq branches

 

1.

Rockstrom estime qu’il faut pour cela diviser les émissions de gaz à effet de serre par deux à chaque nouvelle décennie – c’est plus que n’en demandent les accords de Paris. Cela suppose de réduire de manière drastique le recours aux « énergies fossiles ». Comment cela se fera-t-il ? Peu importe, l’important est que cela se fasse.
 

2.

Deuxième recommandation : il faut améliorer l’efficacité de la chaîne alimentaire, de la terre ou de la mer à l’assiette, à raison d’un pour cent par an. Il s’agirait d’une « modification massive » de la manière dont nous produisons, récoltons, consommons la nourriture, le changement devant s’appliquer à chaque centimètre carré de terre, de mer ou d’océan sur l’ensemble de la planète. En clair : au nom de la lutte contre le changement climatique, il faudrait pouvoir surveiller et modifier « massivement » l’ensemble de la production agricole et piscicole. Il va de soi que ce genre de changement ne peut pas s’imposer sans un pouvoir démesuré à l’échelle mondiale.
 

3.

La troisième recommandation porte sur la modification fondamentale de la création de richesses et de prospérité. « Nous sommes assez doués pour sortir les gens de la pauvreté à court terme », a déclaré Rockström au Business Insider. Mais il y a des coûts cachés dans les modèles actuels de développement économique, insiste-t-il : » La richesse que nous avons créée dans des pays comme les Etats-Unis, ou dans mon propre pays, la Suède, l’a été aux dépens du système climatique. ». Plus on est riche, plus on consomme d’énergies fossiles, en mettant en péril « la stabilité de la planète tout entière ». Il faut donc créer des modèles de « développement au niveau communautaire » comme cela se fait en Ethiopie et au Costa Rica. Vivement qu’on leur ressemble tous ?
 

4.

Le quatrième objectif invite à « assurer que les 10 % des personnes les plus riches sur cette terre ne conservent pas davantage de 40 % de sa richesse ». Cela exige une « redistribution dramatique » des biens : davantage de taxes pour les plus riches, de meilleurs revenus pour les travailleurs aux revenus moyens, davantage d’argent pour le financement des soins, de l’éducation, de la construction de bâtiments et de villes plus « durables ». A l’heure actuelle, selon le Credit Suisse, « le décile le plus riche possède 85 % de la richesse globale ». On aura compris que ce sont des chiffres globaux : c’est une logique où les représentants des classes moyennes des pays développés sont considérés comme des nababs. Il suffit en effet d’avoir l’équivalent de 93.170 dollars d’actifs nets pour faire partie de ces 10 % les plus riches. A ces « nantis » gros consommateurs d’énergie fossile d’être dépouillés pour faciliter la mise en place d’encore plus de programmes socialisants dans les pays pauvres…
 

5.

C’est d’ailleurs le cinquième objectif : « investir davantage dans l’éducation, la santé et le planning familial ». L’éducation des filles combinée avec l’accès universel à la contraception permettrait de modifier la demande globale d’énergie, de nourriture, de voyages, de construction et de toutes les autres ressources sur la planète. Autrement dit, il s’agit de tout modifier, et surtout la démographie, pour aboutir à une décroissance globale. Rockström et son équipe soutiennent cependant que la mise en œuvre de ce plan aboutirait à un ralentissement du PIB global qui se retrouverait en 2050 en recul d’un an par rapport aux projections actuelles si rien n’était changé. Cela se discute, mais ce qui se ne se discute pas, c’est que l’équilibre mondial en serait totalement modifié et que cela se serait fait de manière forcément autoritaire, par l’appauvrissement délibéré d’un grand nombre.
 

Cinq recommandations de Johan Rockström pour imposer une solution autoritaire contre le réchauffement

 
Le Business Insider ne soulève aucune de ces objections. Le journal se contente d’un intertitre comminatoire : « C’est une solution agressive, mais c’est la seule dont les chercheurs pensent qu’elle préservera la santé de la planète et de ses hommes sur le long terme. »
 

Jeanne Smits