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Juge Kavanaugh : l’Etat profond US joue la montre pour conserver la Cour suprême

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Accusations contre le juge Kavanaugh et manifestations de rue visent à empêcher sa nomination à la Cour suprême US avant le 6 novembre. L’Etat profond joue la montre pour empêcher Trump de faire sauter le verrou des grands juges démocrates qui régentent la société américaine.
 
Quand il a été choisi en juillet par Donald Trump pour remplacer Anthony Kennedy à la Cour suprême des Etats-Unis, Kavanaugh avait la meilleure réputation. Professionnel reconnu par ses pairs, constitutionnaliste compétent, ancien conseiller de George W. Bush, tenu pour honnête, ce catholique pratiquant, père de famille tranquille n’avait qu’un défaut : il était conservateur aux yeux des uns et pas assez aux yeux des autres.
 

La Cour suprême US est le verrou de l’Etat profond

 
Mais pour l’Etat profond US il présentait un défaut majeur, rédhibitoire : après la nomination de Neil Gorsuch par Donald Trump, la sienne allait changer la majorité à la Cour suprême. Ce bastion démocrate, solidement tenu depuis des années par des juges dits progressistes a été depuis Bill Clinton le poste de pilotage des réformes dites progressistes de la société américaine, dont le droit à l’avortement et le mariage pour tous. Clinton s’en est d’ailleurs félicité. Quand un Etat (le cas fut fréquent) votait une loi garantissant, par exemple, le mariage traditionnel, un petit juge ou un juge fédéral la retoquait : l’affaire était portée devant la Cour suprême qui donnait raison au juge, établissant ainsi une jurisprudence favorable aux « progressistes ».
 

Le juge Kavanaugh soupçonné de revenir au droit

 
Pour ce faire, la majorité démocrate des juges de la Cour suprême se fondait sur une interprétation extensive de la Constitution américaine qui étendait leurs compétences. On peut parler de gouvernement des juges, et même de coup d’Etat des juges, dans la mesure où ils ne respectaient nullement l’esprit de la constitution US. Or Kavanaugh passe pour un constitutionnalise strictement attaché à celle-ci. Les Démocrates, l’Etat profond, craignent qu’il ne revienne à une pratique plus orthodoxe du droit et qu’il modifie la jurisprudence de la Cour suprême, par exemple sur l’avortement et le « mariage » pour tous. Ce qui serait aux yeux des progressistes l’abomination de la désolation.
 

Jouer la montre en attendant les élections de mi-mandat 

 
Or les élections de mi-mandat vont avoir lieu le six novembre. Sans être prophète, on sait que, par un effet mécanique de mécontentement populaire envers le pouvoir en place, par souci d’équilibre aussi, le corps électoral tend à choisir des parlementaires opposé au président. Les Républicains ont aujourd’hui une majorité très restreinte au Sénat, ce qui a déjà contraint Trump à des acrobaties pour faire passer certains de ses projets. Or, pour être nommé, un nouveau juge à la Cour suprême, Kavanaugh comme les autres, doit être élu par le Sénat US. Si l’Etat profond réussissait à reporter au-delà du six novembre le vote final du Sénat sur Kavanaugh, il aurait toutes les chances de rendre sa nomination impossible. C’est pourquoi il a multiplié les manœuvres dilatoires, il a « joué la montre », comme on dit au football.
 

Elle ne sait ni où ni quand a eu lieu le viol, ni qui était là

 
Le calendrier des auditions du juge Kavanaugh était en principe réglé comme du papier à musique : elles ont commencé le quatre septembre et devaient déboucher le vingt sur un vote dont auquel chacun prévoyait une issue positive. Mais le 14, le New Yorker publiait une lettre anonyme de femme affirmant que Kavanaugh aurait tenté de l’agresser sexuellement au cours d’une soirée voilà 35 ans. Le 16, elle révélait son nom. Christine Blasey Ford est professeur de psychologie à l’université de Palo Alto. D’autres femmes formulèrent des accusations voisines. Elle seule accepta de témoigner devant le Sénat. Ce fut une catastrophe pour elle. Elle ne se souvint pas de la date de l’agression supposée, ni du lieu, ni de comment ni pourquoi elle était là, et quand elle cita trois personnes présentes à la soirée, les trois personnes démentirent ses propos.
 

L’Etat profond US manipule les témoignages

 
La presse aux mains de l’Etat profond US s’est indignée que le président Trump se soit moqué de ce témoignage lors d’une réunion publique, mais il n’a fait que citer des faits, et le témoignage de Christine Blasey Ford est en effet affligeant. En tout autre domaine qu’une affaire de viol, elle encourrait l’accusation de faux témoignage et d’accusation mensongère, mais depuis le début de la campagne metoo, les accusations d’une femme en la matière sont tenues pour vérité d’Evangile et valent preuve. Tant et si bien d’ailleurs que de récentes études montrent que les accusatrices en profitent : les fausses accusations en la matière sont cinq fois plus nombreuses, en proportion, que les fausses accusations pour toute autre infraction, délit ou crime.
 

Prêts à tout pour conserver un semblant d’accusation

 
Quoi qu’il en soit, Christine Blasey Ford, en perdition, a demandé une enquête du FBI. Le rapport vient d’être rendu. Il est accablant pour elle. Selon Chuck Grassley, le président républicain de la commission judiciaire du Sénat américain. « Le FBI n’a pas trouvé de tiers qui puisse confirmer les allégations, il n’y a pas non plus de preuves. Cette enquête n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié » Bien sûr, les Démocrates estiment l’enquête « incomplète », c’est leur métier, mais ne fondent cette opinion sur aucun élément concret. Il est vrai que le FBI n’a pas entendu les deux autres accusatrices de Kavanaugh, mais c’est qu’elles n’avaient pas accepté de témoigner. C’est pourquoi le vote du Sénat, qui doit avoir lieu aujourd’hui vendredi ou demain, devrait valider le choix de Donald Trump et confirmer le juge Kavanaugh à la Cour suprême.
 

Des manifs et des tribunes pour conserver la Cour suprême

 
C’est là que l’Etat profond a fait donner sa garde, son suprême espoir : une manifestation de rue dans la capitale fédérale, Washington. N’y participaient pas n’importe qui : surtout des femmes, avec quelques figures un peu médiatiques, la comédienne Amy Schumer (ce n’est quand même pas Jane Fonda) et le mannequin Emily Ratajkowski. Elles ont occupé un bâtiment adjacent au Congrès. La police a dû arrêter 302 personnes
 
Parallèlement, dans le journal officiel de l’Etat profond, le New York Times, 1 000 juristes ont aussi reproché à Kavanaugh de s’être montré irascible aux sénateurs qui l’interrogeaient sur le prétendu viol. Comme c’est un peu léger, les Démocrates craignent que Kavanaugh ne soit élu, et préparent déjà, s’ils emportent la majorité à la chambre des représentants, une procédure de destitution (impeachment).
 

Les grosses ruses de l’Etat profond contre Kavanaugh

 
On aura noté bien sûr, du point de vue politique, que l’Etat profond fait flèche de tout bois quand il s’agit de conserver ses sanctuaires. Il faut remarquer aussi que cela entraîne la gauche à se contredire jusqu’au reniement. La présomption d’innocence est l’une de ses grandes idoles. Or, en la matière, la réputation de Kavanaugh a été gaillardement déchirée en place publique. Les précautions que l’on devrait prendre pour apprécier des faits allégués vieux de trente-cinq ans censément commis par des adolescents sont jetées aux orties. La thématique des manifestants de Washington est éclairante à cet égard. « Ma preuve, c’est mon histoire », proclamait une pancarte, une autre « Croyez les survivantes », une troisième « Ne trahissez pas les femmes, votez non ». 
 
Le mot de survivantes n’a pas été choisi au hasard. On ne se demande pas qui est Christine Blasey Ford, si c’est une Démocrate revendiquée qui a pétitionné contre Trump par ailleurs. Ce qu’elle dit et vrai pare qu’elle a souffert. Elle incarne la cause de toutes les femmes, qui est sacrée : on ne va tout de même pas oser se demander si elle n’entre pas dans une manœuvre politique, non ? Les ruses de l’Etat profond sont cousues de fil blanc et répétitives. Il utilise les faibles, les victimes, les enfants d’immigrés, les femmes agressées. Ça marche souvent. Cette fois, sans doute pas.
 

Pauline Mille