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“Jurassic World” relève de la fiction sur les dinosaures, mais met en scène de manière réaliste l’usage militaire des manipulations génétiques

“Jurassic World” relève de la fiction sur les dinosaures, mais met en scène de manière réaliste l’usage militaire des manipulations génétiques
 
Hollywood a tendance à développer des histoires fantastiques à partir de détails scientifiques précis et Jurassic Park n’y échappe pas. Le dernier en date, Jurassic World, revisite la série initiale : des dinosaures, ramenés à l’existence par la science, échappent totalement à leurs concepteurs et sèment la panique. La représentation des dinosaures n’est en rien réaliste : on sait désormais que les dinosaures avaient probablement des plumes, qu’ils n’étaient pas aussi gigantesques qu’Hollywood veut nous le faire croire et qu’ils n’avaient certainement pas la queue ciselée que la fiction n’oublie jamais de leur fournir. Mais il y a un point sur lequel la fiction rejoint remarquablement la réalité. Comme dans Jurassic World, les scientifiques de la vie réelle effectuent déjà des manipulations génétiques d’animaux à usage militaire.
 
Pour ce quatrième volet des Jurassic, des scientifiques tentent en effet de rendre les dinosaures, devenus des animaux de zoo presque communs, plus attractifs pour les touristes.
 

Les dinosaures vivants relèvent de la fiction, pas la militarisation des manipulations génétiques

 
Ces scientifiques de cinéma ne se contentent plus de ramener les dinosaures à la vie, ils découvrent qu’ils peuvent en faire ce qu’ils désirent par le biais de manipulations génétiques… et que ces nouveaux dinosaures pourraient être utilisés par le complexe militaro-industriel.
 
En 2015, personne n’est sur le point de ramener les dinosaures à la vie, mais la question de la militarisation de la génétique est loin de relever du domaine de la fiction.
 
Alors que les limites de la robotique deviennent de plus en plus évidentes, l’armée américaine – fidèle à une longue tradition d’utilisation par la cavalerie de dauphins, chiens et rats – travaille déjà sur des animaux génétiquement modifiés à usage militaire.
 
En 2006, l’Agence de défense pour les projets de recherche avancés (DARPA) demandait à des scientifiques de « développer une technologie pour créer des insectes-cyborgs » capables de porter des équipements de surveillance et des armes.
 

La DARPA travaille à utiliser des insectes pour la guerre, après manipulations génétiques

 
L’agence a rapidement compris que ces minuscules machines volantes sont impossibles à construire correctement – mais que les insectes, déjà abondants dans la nature, sont bien meilleurs que tout ce que l’être humain peut fabriquer.
 
La DARPA a donc changé son approche : ces dix dernières années, l’agence a encouragé et financé la recherche de méthodes pouvant aider l’homme à contrôler les insectes et les mammifères par le biais de pulsions électriques dans leur cerveau et de modifications génétiques de leur système nerveux permettant une meilleure manipulation. Le succès sont au rendez-vous.
 
Les chercheurs sont désormais capables de détourner les cerveaux des scarabées et de leur ordonner de s’arrêter, de marcher et de tourner. Ils pourront donc bientôt obéir aux ordres de drones, équipés de matériel de surveillance.
 

“Jurassic World” aborde la question bien réelle des manipulations génétiques à usage militaire

 
La journaliste Emily Anthes, auteur du livre Frankenstein’s Cat: Cuddling Up to Biotech’s Brave New Beasts, commente : « Les générations futures ne bricoleront pas d’ordinateurs, mais la vie elle-même (…) Il existe déjà une communauté enthousiaste de “biohackers”, qui tentent des expériences à partir de gènes, de cerveaux, de corps bien au delà des limites des laboratoires traditionnels. Ils travaillent sans budget, dans leurs garages ou leurs greniers ou rejoignent des laboratoires communautaires qui commencent à naître partout dans le monde. »
 

Béatrice Romée