José Antonio Kast engage la bataille culturelle pour remettre le Chili à l’endroit

 

Cela fait seulement deux semaines que José Antonio Kast a pris possession de son mandat de président du Chili, mais il a déjà agi sur de multiples fronts et signé quantité de décrets pour entreprendre ce qu’on pourrait appeler la « bataille culturelle ». Il est clair désormais que cet homme de droite catholique, père de neuf enfants, qui a confié son pays au Christ lors d’une cérémonie à la cathédrale de Santiago le jour de son inauguration, entend ne pas se limiter aux questions d’économie, de sécurité et de migration. Ce sont là des préoccupations qui sont propres à la vraie droite, mais elles ne suffisent pas : c’est la définition des valeurs sur laquelle repose la société et qui en forment le socle dont Kast a aussi fait une priorité.

Deux messages forts ont été lancés dès les premières heures de sa prise du pouvoir : la signature d’un accord sur les terres et minerais rares avec Christopher Landau, secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis, qui avait assisté à son inauguration, et la révocation de 43 décrets environnementaux qui avaient été pris par le gauchiste radical Gabriel Boric, son prédécesseur.

C’est aussi sans tarder que José Antonio Kast a officiellement rejeté l’adhésion à la Déclaration des droits LGBTQI+ de l’Organisation des Etats américains (OEA). Et il a au contraire soutenu une résolution présentée devant l’ONU par la délégation américaine de Donald Trump en vue de définir l’expression « genre » comme faisant uniquement référence aux hommes et aux femmes.

 

Kast mène la bataille culturelle, et ce n’est pas une surprise

La chose n’était pas imprévisible. Au cours de sa campagne infructueuse en vue l’élection présidentielle de 2021, Kast avait dénoncé le « collapsus institutionnel et idéologique de la droite » et promettait d’inverser ce processus en vue de mener de nouveau la bataille culturelle, idéologique et programmatique pour retrouver le chemin de la véritable dignité humaine et de la vie, avec au premier chef l’abrogation de la loi sur l’avortement et l’élimination du ministère de la Femme. Il n’avait pas non plus caché son hostilité ou son opposition au « mariage entre personnes du même sexe ».

La presse de gauche assure aujourd’hui que Kast a évité ces thèmes en 2025 pour ne pas perdre le soutien des femmes qui lui avait manqué lors de ses deux précédentes tentatives d’accéder au palais de la Moneda en 2017 et 2021. C’est faux et mesquin. On ne peut pas dire que Kast n’ait pas attiré l’attention sur ses convictions, notamment lors d’une grande interview en 2023. Le parti qu’il a fondé, le Partido Republicano, défend clairement et prioritairement trois réalités : Dieu, la famille, la patrie. Les femmes chiliennes ne sont assurément pas si sottes qu’elles n’aient rien vu venir. Kast a d’ailleurs été élu avec plus de 58 % des voix face à son adversaire communiste Jeannette Jara, à qui le double avantage supposé d’être une femme et de gauche n’a pas suffi pour attirer le vote féminin.

 

La presse de gauche a du mal à accepter que le Chili ait élu Kast

Le journal espagnol El País, quotidien de (fausse) référence comme Le Monde, explique aujourd’hui que Kast a rapidement perdu des points soutien des Chiliens dans les sondages en révélant ses véritables orientations. « Une fois élu, mais avant d’assumer sa charge, Kast a tenu un discours moins prudent », note le journal.

Il est vrai que devant le Parlement européen, début février, Kast a proposé aux partis européens ayant le plus d’affinités avec lui de promouvoir ensemble la vie, la famille, la vérité et la liberté face aux « ismes » de gauche, comme le féminisme idéologique ou l’indigénisme radical. Mais cela n’a absolument rien d’étonnant de la part d’un homme qui, au cours de sa campagne, a déclaré : « Les gens me connaissent déjà, je suis un homme de conviction et je n’en ai pas changé. »

Le premier décret signé par José Antonio Kast le jour de son élection est celui d’une politique nationale de fermeture des frontières, avec la désignation d’une région voisine de la Bolivie comme zone militaire en vue des contrôles. On aurait tort de ne pas considérer cela aussi comme faisant partie de la « bataille culturelle » en cours. On sait bien que l’abolition des frontières, ce vieux rêve de Babel, est au cœur de la révolution qui cherche à abolir toutes les distinctions entre les nations, les peuples et même les sexes. Elle va jusqu’à nier la différence entre l’homme et l’animal et, pour finir, entre le créé et l’incréé : entre Dieu et sa création – seul moyen d’aboutir au panthéisme qui est au cœur de la religion écologique.

 

Jeanne Smits