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“Laudato si’” et la vraie urgence pour l’homme

“Laudato si’” et la vraie urgence pour l’homme
 
L’encyclique Laudato Si’ s’attaque au « réchauffement climatique » comme si c’était l’urgence absolue de notre temps, une menace contre notre « maison commune », une conséquence de l’irresponsabilité des hommes prêts à consommer la Terre jusqu’à la détruire. Soit. Avant le Déluge qui détruisit la quasi totalité de l’humanité, Dieu prit aussi des mesures afin que ceux qui le craignaient encore fussent sauvés. Il leur donna des ordres précis et une feuille de route. Il demanda à Noé d’obéir – un devoir d’état d’ordre exceptionnel – pour sauvegarder la présence humaine au sommet de la Création.
 
Ce fut l’occasion d’une alliance : l’alliance de Dieu avec une famille, après celle qu’Il établit avec nos premiers parents, et en attendant celle avec Israël. Tout cela devait culminer dans la Nouvelle Alliance ratifiée dans le Sang du Christ, prix de notre rachat et de notre capacité à entrer dans le Royaume par la grâce de la Rédemption.
 
Quel que soit le contenu de Laudato si’, quelles que soient ses mises en garde contre l’anthropocentrisme, la plus grande part de l’encyclique est centrée sur le salut de l’humanité… ici-bas. Ses prédictions alarmistes sont-elles exactes ? Sa mise en cause de la responsabilité humaine par rapport au réchauffement climatique – à supposer que celui-ci existe – est-elle juste ?
 

L’homme est fait pour l’éternité, pas pour la Planète

 
Ces questions-là, laissons-les de côté pour le moment. Admettons, même, un instant, pour les besoins du raisonnement, que tout cela soit vrai.
 
Voilà ce qu’en retiennent les médias : le pape François se préoccupe du sort de l’humanité et de la planète, et il charge les catholiques et au-delà, l’ensemble de l’humanité de changer de comportement, à la fois pour préserver la Création, si malmenée par la cupidité humaine, et pour instaurer une société plus juste, moins fracturée par les « inégalités ». Un retour vers l’Eden, lieu « vert » par excellence, où la pollution et l’exploitation de l’homme par l’homme n’avaient pas leur place ?
 
Le message est éminemment politique, avec des recommandations politiques et des propositions de mise en place d’une autorité globale chargée de veillée au grain.
 
Mais qu’est venu faire le Christ ? Sauver la Planète, ou sauver les hommes ? Leur assurer un environnement propre pour un développement durable, ou fixer leurs yeux sur l’horizon qui dépasse infiniment le Cosmos et sa beauté : la vie éternelle ?
 

“Laudato si’” : d’abord louer Dieu et lui obéir !

 
La religion catholique est une adhésion au Fils de Dieu fait homme et sa grâce se transmet de personne à personne, par la médiation de l’Eglise qu’Il a chargé de Le répandre et de Le communiquer, et de transmettre fidèlement son enseignement. Le Christ n’a pas transmis un message politique. Son enseignement peut changer le monde, mais pour autant que chacun qui l’écoute l’applique dans tous les aspects de sa vie, et pour autant que les lois humaines soient en harmonie avec les exigences du bien. L’appel à la conversion vise le salut des âmes. Il passe par la reconnaissance et le pardon des péchés ; il rappelle sans cesse à l’homme que sa destinée n’est pas ici-bas, et que rien, ni les plus grandes catastrophes ni les plus abominables tyrannies, ne peut avoir le dessus sur l’homme qui confie sa misère à Dieu et s’abandonne à sa miséricorde.
 
Quel est le pire malheur pour l’homme ? Ce n’est pas de mourir, mais de mourir en état d’inimitié avec Dieu. C’est de perdre son âme.
 
Notre « environnement » aujourd’hui pousse au mal. Le mal que l’homme inflige à la Création est d’abord ce mal moral par lequel il veut être dieu à la place de Dieu. Dire le bien et le mal. Usurper le pouvoir et les droits de Dieu sur la vie. Justifier et multiplier les viols des Dix Commandements, contredits individuellement et collectivement les uns après les autres. La Planète souffre ? Mais les hommes risquent leur salut, ils se précipitent vers l’enfer.
 

La vraie urgence est le salut des âmes, pas celui de la terre

 
La Très Sainte Mère de Dieu – souvenons-nous de Fatima, d’Akita… – pleure sur les catastrophes qui accablent les hommes, qui les accableront davantage demain parce que le péché originel, et tout le mal fait par eux, ont blessé non seulement l’homme mais aussi la Création. Mais elle pleure surtout sur les âmes qui se damnent en se détournant de son Divin Fils. Sa réponse tient en deux mots : « Prière et pénitence. »
 
Et Notre Seigneur dit : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu. » Tout ce reste qui peut nous être donné par surcroît est entre ses mains. Et si ce surcroît nous est donné, ce ne sera jamais que pour nous rapprocher de Lui.
 
Il est normal, c’est l’œuvre d’un père que de prévenir ses enfants des dangers, de tous les dangers qui les guettent, et de leur donner des lois et des préceptes qui ont pour but leur bien.
 
Mais on est désorienté lorsque la hiérarchie des valeurs semble bouleversée. Lorsque la culture de mort s’étend d’abord sur les âmes – première urgence ! – et que l’on s’affaire à écoper alors qu’il n’y a pas même d’inondation.
 

Anne Dolhein