Le pape accueille une famille de réfugiés au Vatican

Pape accueille famille refugies Vatican
 
Le Vatican a annoncé vendredi que la première de deux familles de réfugiés que le pape a prévu d’accueillir au Vatican était désormais installée dans un appartement non loin de la basilique Saint-Pierre. Il s’agit de chrétiens de Damas, et appartenant à l’Eglise catholique grecque-melkite, le père, la mère et deux enfants.
 
L’Aumônerie pontificale a précisé que l’anonymat de cette famille sera maintenu, au moins jusqu’à ce que les autorités italiennes aient traité leur demande d’asile.
 

Le pape accueille une famille de réfugiés au Vatican

 
Cette famille est arrivée en Italie le 6 septembre dernier, le jour-même où le pape a appelé, en préparation du Jubilé de la miséricorde, chacune des quelque 120.000 paroisses catholiques d’Europe – et donc les deux paroisses du Vatican – à accueillir une famille de réfugiés.
 
« Le couple fermé, la famille fermée, le groupe fermé, la paroisse fermée, la patrie fermée, cela vient de nous, cela n’a rien à voir avec Dieu », avait-il alors déclaré.
 
Dans son communiqué, l’Aumônerie pontificale, en charge des œuvres de charité du pape, a rappelé que le pape François, comme ses prédécesseurs, soutenait depuis des années les personnes fuyant la guerre et la faim, par exemple en payant la taxe sur l’émission des titres de séjours. En 2014, 50.000 euros y ont ainsi été consacrés.
 
Par ailleurs, l’aumônerie aide chaque jour des réfugiés, seuls ou en famille, hébergés dans des centres d’accueil de la périphérie de la capitale italienne.
On ne sait si cette famille obtiendra, en définitive, l’asile demandé à l’Europe. D’autant que, à Damas, les chrétiens ne souffrent pas, à l’heure actuelle, de la pression immédiate de l’Etat islamique.
 

L’appel du patriarche Grégoire III

 
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que cette démarche va à l’encontre de l’appel lancé par les patriarches orientaux, qui ont appelé, chacun de leur côté, leurs ouailles à ne pas quitter leur terre. On pense tout particulièrement, puisqu’il s’agit en l’occurrence de grecs-melkites, au patriarche de cette Eglise, qui ne cesse d’inviter les chrétiens d’Orient, et tout particulièrement ceux dont il a la charge, à rester dans leur pays, la Syrie.
 
Il y a quinze jours, dans une lettre qui leur était adressée, et plus spécialement aux jeunes, le patriarche Grégoire III écrivait avec angoisse :
« La vague presque générale d’émigration des jeunes, en particulier de Syrie, mais aussi du Liban et d’Irak, me brise le cœur, me blesse profondément et me porte un coup fatal. Compte tenu de ce tsunami d’émigration… quel avenir reste-t-il à l’Eglise ? Qu’adviendra-t-il de notre patrie ? Qu’adviendra-t-il de nos paroisses et de nos institutions ? »
 
Le pape a-t-il entendu cet appel, à la fois émouvant et éminemment politique ? Y a-t-il, en pratique, répondu ?
 

François le Luc