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Le Pen et le Rassemblement bleu-blanc-rouge

Le Pen Rassemblement bleu-blanc-rouge
 
Pas de visite, en définitive, à l’université d’été du Front national pour Jean-Marie Le Pen. Le président d’honneur fondateur du mouvement national a, en revanche, proposé samedi la création d’un « Rassemblement bleu-blanc-rouge », en écho complémentaire, en quelque sorte, au « Rassemblement bleu Marine » de sa fille Marine.
 
Jean-Marie Le Pen se trouvait à Marseille au moment même où débutait dans la ville l’université d’été du FN. Mais il réunissait, lui, ses proches, ses soutiens. « Je propose, leur a-t-il déclaré, comme il y a le Front national et le Rassemblement bleu Marine, de créer le Rassemblement bleu-blanc-rouge. Vous ne serez pas orphelins. »
 
Et de préciser sa pensée : « Nous pourrons donc agir dans le même sens que le FN sans forcément y appartenir. Le FN sera bien en peine de refuser notre démarche car elle correspond au parallélisme des formes. Vous serez appelés à adhérer de telle sorte que nous remettions le FN dans l’axe. »
 

Le Rassemblement bleu-blanc-rouge

 
La proposition de l’homme politique a provoqué quelques réactions au sein du parti frontistes. « Jean-Marie Le Pen peut créer toutes les associations qu’il veut, il en promet d’ailleurs une depuis un grand nombre de mois. Mais le Front national, ce n’est pas le Parti socialiste, il n’y a pas de courants constitués », a réagi sa fille, Marine Le Pen. « Chacun est libre à l’extérieur du Front national de monter toutes les associations qu’il veut. Cela ne pose aucun problème, a-t-elle continué. Il fait ce qu’il veut, il est un homme libre, mais au sein du Front national il n’y a pas d’associations constituées qui s’apparenteraient à un courant politique. Ce n’est pas l’organisation du Front national. »
 
Si l’on en croit la réaction du sénateur FN Stéphane Ravier, la proposition de l’ancien président agace néanmoins les actuels caciques. « Le Rassemblement bleu-blanc-rouge, il existe : c’est le Front national. Le Front national a besoin d’unité, pas d’un rassemblement bis qui est une perte de temps. »
 
Une perte de temps, peut-être. Mais pour quoi ? Ou pour quoi ?
 
Jean-Marie Le Pen n’entend pas, pour autant, semer la zizanie. Il a appelé à « l’unité » de son parti, « condition sine qua non de la victoire ». « Je souhaite que cessent ces divisions pour les batailles à venir. »
 

Jean-Marie Le Pen : ni zizanie, ni soutien

 
Des divisions qui ne seront pas, en tout cas, électorales. Jean-Marie Le Pen l’a répété à plusieurs reprises ces derniers jours. Et sa fille le croit sur ce point. « Encore une fois, a-t-elle affirmé, malgré les lourdes divergences que nous avons, il est quand même conscient que le Front national est le seul outil capable de renverser la vapeur et arracher la France à la situation dans laquelle elle est. »
 
Accord sur l’aspect pratique, mais elle semble se fourvoyer sur le fond. Jean-Marie Le Pen a réitéré ce lundi sur France inter, qu’il ne soutiendrait pas sa fille en 2017, si celle-ci maintenait son attitude à son endroit, et surtout si elle maintient ce qu’il perçoit comme un « gauchissement » de la politique et de l’action du mouvement qu’il a fondé.
 
Mais, comme il le reconnaît, 2017, c’est encore suffisamment loin pour que bien des choses puissent se passer d’ici là…
 

François le Luc