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Lech Walesa de nouveau accusé d’avoir été informateur de la police communiste après l’ouverture d’archives en Pologne

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L’ancien président polonais Lech Walesa, à Gdansk, le 5 février.


 
La vieille accusation contre Lech Walesa, présenté par certains comme un informateur de la police secrète polonaise au temps du communisme, vient de refaire surface avec la découverte d’archives restées à ce jour inexploitées chez la veuve du général Czeslaw Kiszczak, le ministre communiste de l’Intérieur chargé de la suppression du mouvement Solidarnosc en 1981. Le général, mort l’an dernier, les avait gardées par devers. Elles ont été saisies mardi soir par l’Institut national de la mémoire de Pologne. Celui-ci vient de confirmer que nombre des documents évoquent un certain « Bolek » ; le nom de code qui aurait été attribué à Lech Walesa par la police secrète.
 
Lech Walesa a toujours vigoureusement démenti avoir agi comme informateur de la police secrète ; il n’a pas tardé à le refaire et il est vrai qu’à ce jour, aucune preuve matérielle de cette accusation n’a jamais été présentée.
 

Lech Walesa nie vigoureusement avoir été informateur de la police communiste en Pologne

 
Avec l’ouverture des archives du général Kiszczak, la donne est peut-être un peu changée. Il apparaît déjà qu’il y est question de l’informateur Bolek. Son identité y est-elle révélée. Cela reste à voir. Mais le professeur Anton Dudek, membre de l’Institut de la mémoire, souligne que d’après les documents saisis, Bolek a opéré quatre années de plus qu’on ne le pensait initialement, et que le la désinscription officielle de Lech Walesa de la liste des contacts de la police secrète remonte donc à 1976.
 
Les documents contiendraient la transcription de ce qui semble être une conversation entre Bolek et un membre de la police secrète en 1974.
 
Lech Walesa a affirmé que tout cela relève de la calomnie et du mensonge : « C’est moi qui ai conduit la Pologne à une victoire complète sur le communisme », a-t-il répété.
 
 Du côté du Parti du droit et de la justice (PiS), Morawiecki, l’un des actuels vice-Premiers ministres, estime au contraire la preuve est désormais a faite du passé d’informateur de Lech Walesa. Il faut cependant préciser que le leader du PiS, Jaroslaw Kaczynski, est personnellement très hostile à Lech Walesa et que les relations entre les deux hommes sont « empoisonnées ».
 

Les archives saisies par l’Institut national de la mémoire devront être exploitées à fond

 
Même si la preuve était faite que Walesa était bien « Bolek », cela ne démontrerait pas pour autant sa culpabilité, puisque la police secrète polonaise était coutumière de la falsification de documents. Il lui était parfois fort utile de détruire la réputation d’une figure publique en laissant entendre qu’elle avait collaboré avec la police secrète. Par ailleurs, elle donnait également des noms de code à des informateurs involontaires qui coopéraient bien malgré eux avec des informateurs authentiques.
 
Que le parti communiste ait pu jouer un rôle dans sa propre défaite en Pologne, c’est bien possible : c’est le communisme retors de la Perestroïka, celui qui préfère sans doute continuer de gagner les batailles culturelles plutôt que d’imposer une tyrannie trop lourde à maintenir et qui crée le rejet plutôt que l’adhésion. Dans les recherches sur la révolution marxiste-léniniste, il ne doit pas y avoir de tabou.
 

Anne Dolhein