Léon Marchand : les fascistes veulent le forcer à parler

 

Un autre Léon dans l’actualité : le nageur Léon Marchand, jusque-là l’un des sportifs les plus populaires de France, se voit aujourd’hui traité de « facho » et même de « raciste ». Pourquoi ? Parce qu’interrogé dimanche par France 2 sur les prises de position politique du basketteur Victor Wemanyama et de Kylian Mbappé, il a choisi un silence raisonné : « Je n’ai pas envie de dire n’importe quoi, parce que je ne me sens pas légitime. » Autrement dit, être un prodige en natation ne donne aucune qualification politique, et comme Léon Marchand devient un modèle pour beaucoup de ses fans, il se tient pour responsable de ne pas dire de bêtises. Cette position raisonnable lui a pourtant valu une semaine d’insultes sur les réseaux sociaux : « lâche », « Blanc privilégié », « raciste », « facho ». C’est qu’il avait donné par mégarde un coup de pied dans le nid de guêpes médiatique : chanteurs, footballeurs, acteurs et vedettes de la télé-réalité sont choisis en raison même de leur incompétence pour répéter le message du camp du bien, ce sont des idoles leaders de l’opinion convenable (Patrick Bruel fut longtemps le rempart du showbiz contre le RN), et nul d’entre eux n’a droit de se soustraire à ce devoir. Un devoir vraiment fasciste, à en croire l’écrivain Roland Barthes dans sa leçon inaugurale au collège de France : « Le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire. »