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L’UMP se retrouve pour la primaire

L’UMP se retrouve pour la primaire
 
On attendait des coups de gueule, de fracassantes sorties, voire une déchirure qui risquait d’affaiblir durablement l’UMP. En définitive, le Bureau politique qui devait en statuer mardi a paru aux observateurs étrangement apaisé. Même si certains n’en pensent, assurément, pas moins…
 
« Je suis très content, on est arrivé à créer un processus clair, carré, tout le monde est d’accord et cette règle du jeu va garantir l’unité de l’UMP dans les deux ans qui viennent. » Cette belle assurance est celle de Thierry Solère. Le député des Hauts-de-Seine peut se déclarer satisfait puisque c’est lui qui a été chargé par le mouvement d’organiser la primaire et que ces derniers mois, ces dernières semaines, le ton plutôt vif de certains candidats, et la mainmise de Nicolas Sarkozy, avaient eu tendance à crisper les visages.
 

Bureau politique et primaire

 
Le bureau politique de l’UMP a donc adopté mardi soir une procédure de « primaire ouverte », ce qui convient à tous les futurs participants, déclarés et potentiels. Celle-ci se tiendra dans vingt mois, les 20 et 27 novembre 2016. Comme cela avait été envisagé, les candidats devront obtenir le parrainage d’au moins vingt parlementaires pour pouvoir se présenter.
 
Malgré les risques et les menaces, un consensus a donc finalement été obtenu. « C’est un équilibre sans aucune espèce de défaut » affirme même le député-maire du Havre Édouard Philippe, proche d’Alain Juppé, lequel s’était montré l’un des plus critiques envers Nicolas Sarkozy ces derniers jours.
 
Mais le président de l’UMP n’a pas hésité à aborder dès le début de la réunion la délicate question de sa situation. « Dans un esprit de rassemblement et d’unité », a-t-il affirmé, la règle de la démission, inscrite dans les statuts, s’appliquera à tous les membres de la direction, sans exception. « Je prends l’engagement que dans les statuts modifiés, il n’y aura pas de modification de cet article-là », a-t-il assuré. Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de souligner, au passage, qu’il trouvait tout de même cette disposition « stupide » – d’autant plus stupide, sans doute, que, s’il venait à perdre la primaire, l’ancien chef de l’Etat ne serait plus qu’un militant parmi d’autres. En effet, ainsi que l’a précisé Thierry Solère, « le gagnant de la primaire sera en charge de la gouvernance de l’UMP jusqu’aux législatives de 2017 ».
 

Sarkozy a-t-il vraiment retrouvé l’UMP ?

 
La tension n’était cependant jamais très loin. Juppé ayant affirmé, selon un témoin, que c’était « correct », Sarkozy a immédiatement riposté : « Non, je trouve ça généreux ! »
 
Par ailleurs, de nouveaux statuts doivent être adoptés lors du congrès du 30 mai, dont Nathalie Kosciusko-Morizet travaille actuellement à la rédaction.
 
Reste la question du vote des sympathisants pour choisir le candidat à la présidentielle. C’est sur ce terrain sans doute qu’Alain Juppé accuse le retard le plus important vis-à-vis de Nicolas Sarkozy.
 
Même si, en contraignant Nicolas Sarkozy à entrer dans le jeu de la primaire qu’il espérait sinon éviter, du moins phagocyter, le maire de Bordeaux a marqué un point, il lui faut désormais entrer dans une campagne que jusqu’ici il a négligée, pour s’en tenir à quelques propos péremptoires.
 
Désormais, pour chacun des candidats à la candidature, le compte à rebours a commencé.

François le Luc