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Macron veut vendre le mondialisme réaliste via Pernaut, Bourdin et Plenel

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Emmanuel Macron a subi deux interrogatoires fleuves, jeudi chez Jean-Pierre Pernaut, dimanche avec Gilbert Bourdin et Edwy Plenel, avec un même objectif : vendre aux Français un mondialisme qu’il estime réaliste. En opposant les oppositions éventuelles entre elles.
 
Pernaut a bâti sa carrière en assortissant son treize heures sur TF1 de reportages sur la France rurale et ses traditions. Ce n’est pas toujours déplaisant et lui assure un solide public plutôt conservateur. C’est celui qu’Emmanuel Macron a choisi de séduire pour son premier « exercice » de communication. Le cadre était rurbain, une classe d’école primaire dans un patelin de campagne, les questions servies sur un plateau par un Pernaut béat, les yeux mouillés d’une vieille amoureuse. Le discours fut parfait. Du Pompidou en jeune. Du Giscard en sympathique. Du Le Pen en modéré technocrate. De quoi rassurer la France de juin 68.
 

Macron le réaliste séduit Pernaut et son public

 
Macron a usé de mots tels que « patriotes », « politique de la nation », « solidarité nationale », etc. Découvert que ce n’est pas le gouvernement qui paie, mais « vos impôts », que, contrairement à la centenaire habitude socialiste, « on peut faire mieux avec moins d’argent ». Rappelé qu’il fallait rétablir l’ordre dans les zones de non droit et qu’on ne pouvait pas continuer avec la SNCF comme ça. Tout homme doué d’un QI normal ne pouvait qu’approuver. 
 
Ah, un détail de mise en scène : à part deux dames noires qui se plaignaient de la SNCF, on n’a vu que des blancs dans les reportages qui accompagnaient l’interview. On était dans la France d’avant. La France de souche. Macron a pris la peine de souligner à plusieurs reprises que tout allait mal depuis 35 ans. Réglez vos montres : cela nous mène à l’arrivée de Mitterrand. Pour ne pas gâcher l’ambiance, le magicien n’a pas dit un mot d’immigration. Tels sont les grands prestidigitateurs : ils vous amusent avec une colombe pour faire disparaître la femme coupée en morceaux. 
 

Bourdin le pittbull et Plenel le vieux flic trostkiste

 
Avec Bourdin et Plenel, ça allait être une autre paire de manches. Vous savez, Bourdin, le monsieur à la grosse voix qui met les gens mal à l’aise à l’heure du café au lait. Et Plenel ! L’archange de Mediapart ! Le camarade trotskiste de Pierre Joxe lorsqu’il était ministre de l’intérieur de Mitterrand : il relayait sans filtre dans le Monde les coups tordus lancés place Beauvau, en particulier lors de l’affaire du Rainbow Warrior, bateau de Greenpeace que les services avaient fait sauter en Nouvelle-Zélande. Un gauchiste doublé d’un flic, la crème de la crème, ce Plenel. Le président allait souffrir face à un tel duo. Ils avaient fièrement refusé d’aller à l’Elysée, pour bien montrer leur absence revendiquée de « révérence ». Le citoyen Bourdin et le citoyen Plenel allaient cuisiner en direct, au Palais de Chaillot, le citoyen président Macron. Ainsi le veut l’égalité. Durant toute l’émission, Plenel, avec sa voix éraillée de vieux rond de cuir, devait s’époumoner à gémir : « Emmanuel Macron, Emmanuel Macron ». Le président aurait pu le remettre à sa place. Il eut l’habileté de n’en rien faire : la grasse familiarité de Plenel, aussi ridicule que le calendrier républicain et ses décadis, exaspérait le spectateur et lui faisait souhaiter que le président, remonté sur le trône, balaye enfin toute cette canaille.
 

Les deux Dupondt du mondialisme n’ont pas désarçonné Macron

 
Ce fut d’ailleurs tout le ressort dramatique de ce deuxième « exercice ». Le fond compte bien moins que la forme. Les batailles de chiffres, surtout en matière d’économie, endorment le spectateur à la dixième minute. La question de l’émission tenait du rodéo : le vieux briscard Bourdin et le fielleux Plenel vont-ils démonter Macron ? La réponse fut : non. Contrairement à ce qu’espérait Jean-Pierre. Bacri interrogé par Yann Barthès, Bourdin et Plenel n’ont pas été plus « vrais journalistes » que Pernaut, ni plus efficaces. Les coups de hure de Bourdin n’ont pas gêné une seconde un président alerte et danseur, et Plenel l’a carrément servi : jamais il ne posa une question, partageant son temps entre des interruptions de vieil agitateur d’AG et des envolées morales de procureur soviétique, n’omettant pas des passages sentimentaux sur les plus démunis quand il fut question des « migrants », des « réfugiés » et des « demandeurs d’asile ».
 

L’immigration, le mondialisme est d’accord pour en parler si…

 
Car il en fut question, c’est toute la différence avec le premier exercice, et c’était la volonté de Macron. Sur le reste, le désordre agressif de Plenel avait permis au président de se poser en homme d’ordre et d’annoncer qu’il allait reprendre avec nos impôts la dette d’une entreprise, la SNCF, qui aurait dû déposer le bilan depuis longtemps. Quant à l’immigration, Macron avait facilement calculé, connaissant ses interrogateurs, que leurs questions politiquement correctes l’attaqueraient sur sa gauche. Il eut beau jeu alors de faire du Rocard, « On ne peut accueillir toute la misère du monde », de jouer au réaliste « Il faut instruire plus vite les dossiers pour distinguer les demandeurs d’asile des migrants économiques ». 
 
Mieux, cet homme d’ordre réaliste n’est pas dénué de cœur, il n’oublie pas les « droit de l’homme inaliénables ». Macron va corriger les erreurs économiques produites par Mitterrand pour continuer à vendre le projet sociétal de celui-ci.
 
Au résultat, il y aura quelques demandes d’asiles refusées, quelques expulsions, mais cela n’aura nulle incidence significatives sur le flux des immigrés, ni sur le « droit d’asile » dénaturé. Cela n’entrainera nulle remigration. Le grand remplacement se poursuit à la satisfaction du mondialisme. 
 

L’objectif de Macron : vendre la démocratie libérale « réaliste »

 
Le terme « submersion migratoire » employé par Gérard Collomb pour rassurer le contribuable a été jugé « malheureux » par Bourdin et Macron n’a pas moufté. Il a laissé tomber Blanquer sur la question du voile lorsque Plenel l’a attaqué. Alors est apparue l’extrême faiblesse du président. Il s’est lancé dans un prêche filandreux sur l’émancipation, dissertant sur l’islam comme s’il s’agissait du sexe des anges. Parler, si peu que ce soit, de la réalité de l’immigration lui est impossible. Bourdin lui a opportunément sauvé la mise avec une question sur populisme d’Orban. Ce fut l’occasion pour Macron de réciter son credo mondialiste et d’avouer ce que nous écrivons depuis mai 2017 : l’autorité en marche de Macron est le rempart des démocraties libérales, i.e. du mondialisme, contre les démocraties « illibérales » de l’Est, celles qui, écoutant le peuple, rejettent le grand remplacement. Macron est le meilleur des princes possibles pour faire passer aux Français, grâce à l’ordre et au bon sens chers à Pernaut, la pilule mondialiste.
 

Pauline Mille