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Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre découvre enfin les avantages du Brexit

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Mieux vaut tard que jamais. Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, avait l’an dernier sonné l’alarme contre le Brexit, prétendant qu’il entraînerait un drame pour l’économie britannique. Virage sur l’aile cette semaine devant les députés aux Communes : désormais, selon lui, une sortie « dure » du Royaume-Uni de l’Union européenne posera plus de problèmes à cette dernière qu’à son propre pays. La Banque d’Angleterre s’apprête « très probablement » à relever ses prévisions d’activité, a concédé Carney, se disant « surpris » que le ralentissement économique qu’il avait prévu à cause de la sortie de l’UE ne se fût pas concrétisé.
 
« Je ne suis pas en train de dire que les risques pour la stabilité financière du Royaume-Uni ont disparu, a-t-il expliqué, mais je vois plus de risques à court terme pour le continent au cours du processus de transition qu’il n’en existe pour notre pays. » Il a donné pour explication la puissance du secteur des services dans l’économie britannique, explique le Daily Telegraph.
 

La volte-face de Mark Carney par rapport au Brexit

 
Plusieurs députés conservateurs eurosceptiques ont exigé que M. Carney s’excuse pour avoir inondé les médias de prévisions alarmistes durant la campagne du référendum sur le Brexit. Alastair Buchan, patron des études pour la stratégie de sortie de l’UE à l’Université d’Oxford, estime pour sa part que les établissements britanniques vont pouvoir, grâce au Brexit, rétablir des réseaux mondiaux et recruter plus facilement « les meilleurs et les plus brillants » étudiants hors des pays de l’Union européenne.
 
Devant la Commission pour l’éducation,  Buchan a ainsi expliqué que l’appartenance à l’UE avait « marginalisé » les chercheurs canadiens et américains qui auparavant venaient travailler dans les universités britanniques, la liberté de circulation intra-européenne privilégiant le recrutement de ressortissants de l’UE. « Ce que nous avons perdu par exemple en entrant dans l’UE, c’est ce flux de médecins et de scientifiques de la santé venu du Canada, des Etats-Unis, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud », a-t-il détaillé.
 

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre découvre les avantages du Brexit – l’UE ne devrait-elle pas aussi sortir de l’Europe ?

 
Le ministre de l’Immigration, Robert Goodwill, a pour sa part suggéré de taxer tout salarié qualifié recruté en Europe à hauteur de 1.000 livres par an (1.150 euros). Cette taxe, qui s’applique déjà pour le recrutement d’étrangers qualifiés provenant du reste du monde, aurait été étendue aux ressortissants de l’UE dès le mois d’avril. Mais le Premier ministre a écarté pour l’instant cette mesure, expliquant qu’elle n’était « pas sur l’agenda gouvernemental ».
 
Mark Carney quant à lui a tenté de justifier son attitude durant la campagne référendaire : « Comme il est bien naturel pour des banquiers centraux rigoureux, nous nous sommes concentrés sur les inconvénients (d’une sortie de l’UE, NDLR) et sur tout ce qui pourrait mal tourner, nous préoccupant moins de tout ce qui pouvait advenir de positif… et il était difficile de mélanger tout cela. » Et de marteler, pour tenter de justifier d’être lourdement intervenu à charge contre le Brexit : « Nous devons nous demander en permanence ce qui pourrait mal tourner. Bien sûr, nous ne devons pas voir un flingue derrière chaque fenêtre, mais nous devons absolument nous interroger sur les problèmes soulevés. »
 
Mardi, l’indice de référence des cent plus grandes entreprises britanniques cotées à la Bourse de Londres, le FTSE 100, a battu un record.  Il était temps pour Mark Carney de sauver la face.
 

Matthieu Lenoir