Mgr Schneider a suggéré à Léon XIV de signer une Constitution apostolique libérant la messe traditionnelle

 

Mgr Athansius Schneider, évêque auxiliaire de Sainte-Marie in Astana, a révélé mardi au cours d’un entretien avec Christopher Wendt de la Confraternité de Notre Dame de Fatima aux Etats-Unis qu’il a personnellement proposé au pape Léon XIV lors d’une audience en décembre de promulguer une Constitution apostolique pour « régulariser » la coexistence du rite latin traditionnel de la messe avec le Nouvel Ordo, en éliminant notamment les restrictions imposées par le Motu proprio de son prédécesseur, Traditionis custodes. Il l’a encouragé à ne pas « annuler directement » le texte de François, mais à « rédiger un document plus solennel ».

L’objectif est, selon Mgr Schneider, de sortir de la logique d’un Motu proprio qui répond à un autre, comme celui du pape François répondant à Summorum Pontificum de Benoît XVI. Rappelant que Paul VI lui-même promulgua le Nouvel Ordo en 1969 par le biais d’une Constitution apostolique, il a suggéré que ce type de document qui répond à des normes juridiques précises dans l’Eglise serait plus indiqué et devrait servir à assurer une la fin des « empêchements » imposés au rite traditionnel et sa « totale liberté », avec les mêmes droits que le Nouvel Ordo.

 

Mgr Schneider veut un document solennel comme une Constitution apostolique

Pour Mgr Schneider, « la messe traditionnelle doit de nouveau se répandre dans l’ensemble de l’Eglise en tant que phénomène normal ».

C’est ce qui l’a conduit à cette occasion à se distancer de la proposition récente du Père Louis-Marie de Blignières de créer un ordinariat pour les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.

« Personnellement, je ne suis pas vraiment convaincu par cette solution de l’ordinariat pour la liturgie traditionnelle, car avec cette mesure, tous ceux qui sont attachés à la liturgie traditionnelle seront enfermés dans une sorte de, je dirais, “réserve”. Si c’est seulement là que l’on trouvera la liturgie traditionnelle, les évêques auront davantage de raisons et de motifs pour refuser la célébration de la messe traditionnelle en latin dans les paroisses, en disant : “Il y a l’ordinariat, allez à l’ordinariat.” C’est un peu comparable à ce qu’on appelle l’ordinariat pour les ex-anglicans », a expliqué Mgr Schneider.

 

La messe traditionnelle pour mettre fin au « chaos » partout, pas dans un ordinariat

Les deux rites coexistent, a-t-il ajouté, et par sa célébration dans l’Eglise elle « se développera lentement et pénétrera la vie de l’Eglise, et elle guérira le chaos liturgique du Novus Ordo ». Pour sa part, il considère la messe traditionnelle comme une forme non moins « ordinaire » de la messe que celle instituée par Paul VI.

D’emblée dans la conversation, Christopher Wendt avait demandé à Mgr Schneider ce qu’il avait pensé du Consistoire. Critiquant la « synodalité » et sa logique des petits groupes de discussion qui a été reprise à cette occasion, le prélat a déclaré qu’avant toute discussion, notamment sur l’évangélisation, il faudrait plutôt qu’on publie une « profession de foi, une confession de foi » pour faire la clarté sur ce que nous croyons.

 

Mgr Schneider ne craint pas de critiquer des déclarations de Léon XIV

Mgr Schneider a également regretté que Vatican II ait été présenté comme « l’étoile polaire de l’Eglise », soulignant en particulier les « ambiguïtés » de certains textes, tel Lumen Gentium laissant croire que chrétiens et musulmans adorent le même Dieu, et rappelant que le Notre Seigneur Christ est l’étoile qui nous guide, pas tel ou tel concile – d’autant qu’il en est de nombreux, dont certains très importants comme celui de Nicée ou de Trente. « Il ne faut pas absolutiser un seul concile », a déclaré Mgr Schneider, tout en soulignant certains aspects de Vatican II qui doivent nous guider, comme « l’appel universel à la sainteté pour l’Eglise tout entière » que ce dernier a mis en relief.

Répondant à une question sur la difficulté d’obtenir une messe traditionnelle dans un diocèse américain, Mgr Schneider a répondu qu’il fallait demander une rencontre avec l’évêque pour la demander, pourquoi pas au nom de l’Eglise « synodale », et sinon d’en référer à Rome. En cas d’insuccès, il ne recommande pas de désobéir à l’évêque en faisant appel à un prêtre qui risquerait de se retrouver suspendu, il suggère de « demander à la Fraternité Saint-Pie X d’envoyer un prêtre », car « dans ce cas, ils ne sont pas soumis à l’évêque et ils ont une sorte de semi-statut juridique, pas encore complet ». « Du moins ont-ils la faculté de confesser, alors que si on appelle un prêtre d’un autre diocèse, et que l’évêque l’interdit, il n’aura pas la faculté de confesser », souligne Mgr Schneider.

 

Jeanne Smits