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Accord sur le nucléaire iranien : Susan Rice avoue l’existence de deux accords parallèles secrets entre l’Iran et l’AIEA

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La conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Susan Rice, vient d’avouer l’existence de deux accords parallèles entre l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Leur existence avait été révélée par un sénateur et un représentant républicains, Tom Cotton et Mike Pompeo qui en ont eu connaissance dans la foulée d’une rencontre avec l’AIEA à Vienne, le 17 juillet dernier. Ils ont dénoncé les accords comme « secrets ».
 
Les deux accords portent sur le site militaire de Parchin en Iran et sur l’« éventuelle dimension militaire » du programme militaire iranien. Il n’est pas question d’en révéler les détails, se sont entendu dire à Vienne les deux élus américains, « ni aux autres nations, ni au Congrès, ni au public ». Cotton et Pompeo estiment que cet état de fait viole les engagements de l’administration Obama de fournir le texte complet de l’accord sur le nucléaire iranien avec les représentants du peuple américain.
 

Susan Rice, conseillère à la sécurité de la Maison Blanche, minimise la portée de deux accords parallèles secrets entre l’IRAN et l’AIEA

 
Susan Rice conteste le caractère secret de ces accords parallèles, assurant qu’ils portent sur l’utilisation passée du programme nucléaire iranien à des fins militaires. Sans être publics, les documents seront « présentés » au Congrès lors d’un briefing secret, l’administration américaine ayant eu connaissance de leur teneur, a-t-elle indiqué. « Il ne s’y trouve rien que nous ne sachions et que le Congrès ne saura pas », assure la conseillère, qui semble indiquer par là que même l’administration américaine n’a pas eu un entier accès aux textes.
 
Majoritairement très hostiles à l’accord sur le nucléaire iranien, les Républicains sont aujourd’hui furieux, alors que s’écoule la période de soixante jours précédant un vote du Congrès sur le texte. Cotton a publié un communiqué faisant part des « questions » que suscite la découverte de l’existence d’éléments secrets au sein de ce « dangereux accord » : « Le fait que nous les découvrions seulement aujourd’hui (…) oblige à se demander si d’autres éléments sont restés secrets, à l’écart de la surveillance publique. »
 
Cette défiance supplémentaire de la part des Républicains pose un réel problème à l’administration Obama. Susan Rice a riposté en déclarant qu’il n’y a « pas de secret » quant au fait que l’Iran et l’AIEA négocient un accord sur l’« éventuelle dimension militaire » de l’activité militaire nucléaire. Et d’ajouter que toutes les composantes de l’accord négocié par les Etats-Unis ont été révélées au Congrès. L’art de noyer le poisson : le secret porte justement sur la partie de l’accord qui n’a justement pas été négocié par les Etats-Unis.
 

Accord sur le nucléaire Iranien : Susan Rice avoue, les Républicains s’indignent

 
Mike Pompeo a vivement critiqué l’accord, « le pire possible des accords de coulisses ». « Outre qu’elle permet à l’Iran de conserver son programme nucléaire, son programme de missiles, des otages américains et un réseau terroriste, l’administration américaine a omis de rendre publique des accords parallèles qui portent sur l’“inspection” d’un des sites nucléaires les plus importants : le complexe militaire de Parchin », s’indigne-t-il.
 
Cotton, de son côté, accuse l’administration Obama de demander au Congrès et au peuple américain de « faire confiance, sans vérifier ». Les deux élus fédéraux viennent d’écrire à Obama pour le sommer de rendre le contenu des accords public.
 
On comprend leur indignation. Chez les Républicains, elle a été nettement moins visible chez le grand nombre lorsqu’il s’est agi de voter à Obama des pouvoirs exceptionnels pour conclure des traités de libre-échange par des « textes bloqués » sur lesquels le Congrès n’a aucun pouvoir. Leur soutien majoritaire lui avait sauvé la mise. Le Traité transatlantique et le Traité transpacifique, au contenu jalousement gardé secret, sont pourtant bien plus inquiétants pour les peuples engagés par leurs gouvernements.
 

Anne Dolhein