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Les « Objectifs du développement durable » de l’ONU menacent la vie des personnes âgées de plus de 70 ans

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Alors que les Objectifs du développement durable, destinés à remplacer les Objectifs du Millénaire qui arrivent à échéance cette année, sont en discussion dans le cadre de l’ONU, une lettre ouverte vient d’être publiée dans la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet pour mette en garde contre la sérieuse menace qu’ils contiennent pour la vie des personnes âgées de plus de 70 ans.
 
Et ce ne sont pas quelques hurluberlus facilement taxables de complotisme qui lancent ce cri d’alarme : les signataires sont tous des spécialistes renommés de la gériatrie qui ont formé un groupe international pour dénoncer le troisième des Objectifs du développement durable de l’ONU. Parmi les objectifs – non contraignants mais mis en place avec vigilance – que celui-ci comporte, il y a la réduction de la mortalité pour certaines maladies comme le cancer, l’AVC, le diabète ou la démence.
 

Les Objectifs du développement durable dénoncés par des médecins spécialistes des personnes âgées

 
Il s’agit pour la plupart de maladies qui frappent particulièrement les personnes âgées… Mais l’objectif 3, dans sa rédaction actuelle, précise qu’il s’agit de prévenir et de réduire le nombre des décès « prématurés » liés à ces pathologies. Les personnes âgées de plus de 70 ans ne font donc pas partie de l’objectif et – corollaire – les budgets à consacrer à cet objectif doivent être prioritairement utilisés au bénéfice des plus jeunes.
 
Ce sera au détriment des personnes de plus de 70 ans, observe le Pr Peter Lloyd-Sherlock, professeur de politique sociale et de développement international à l’université d’East Anglia et principal signataire de la lettre ouverte : « Cet objectif qui vise la mortalité prématurée est hautement contraire à l’éthique, puisqu’il institue une discrimination injustifiée à l’égard des personnes âgées », écrit-il.
 
Si la lettre de l’objectif n’est pas changée, prévient le texte, « les personnes de 70 ans et plus deviendront des citoyens de seconde zone en ce qui concerne la politique de santé ». « Pour dire les choses simplement, il dit à ceux qui déterminent les politiques, spécialement dans les pays pauvres, que les personnes âgées n’ont pas d’importance », dit-il.
 

Pour l’ONU, les plus de 70 ans ne sont pas une priorité : leur vie est menacée

 
De prestigieuses signatures donnent du poids à la mise en garde : elles émanent du London School of Hygiene and Tropical Medicine, de l’Institute for the Ageing and Health de l’université de Newcastle, des représentants de The Alzheimer Society, d’Age UK et de Help Age International. Pour la baronne Sally Greengross, cet objectif de l’ONU pourrait, s’il était adopté, « conduire vers une discrimination institutionnalisée à l’égard des personnes âgées dans le domaine des soins, aussi bien au Royaume-Uni que dans le reste du monde ».
 
La réalisation de l’objectif, tel qu’il est aujourd’hui rédigé, pourrait permettre de sauver 42.000 vies de plus chaque année chez les moins de 70 ans. Etendu à tous sans distinction d’âge, le nombre de vies à sauver augmenterait encore de 130.000.
 
Déjà, au Royaume-Uni, les soins sont en voie d’être rationnés pour les personnes âgées. L’an dernier, le Royal College of Surgeons signalait que dans la plus grande partie du pays il n’y a quasiment plus d’opérations du cancer du sein, de la vessie ou de remplacement de genoux, tandis que l’organisme chargé de fixer le financement de certains médicaments cherchait à inclure de nouveaux critères « sociétaux » dans ses processus de prise de décision.
 
Les Objectifs du développement durable, qui visent à « changer le cours de l’histoire », à éradiquer la « pauvreté » et à « éviter les pires effets du changement climatique » comme l’a dit Ban Ki-moon aux jeunes en février dernier, se veulent bienveillants pour l’humanité. Mais les objectifs de santé (regroupés dans l’objectif 3) montrent qu’il n’en est rien : c’est ce que montre la lettre publiée par The Lancet mais aussi l’objectif qui vise à universalité la « santé reproductive » et dont la réussite sera volontiers mesurée à l’aune de la « couverture contraceptive ».
 

Anne Dolhein