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Offensive armée au Yémen, régionalisation du conflit

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L’Arabie saoudite a lancé jeudi une campagne de frappes aériennes au Yémen dans le but de faire reculer les Houthis chiites qui assiègent Aden, la ville du sud du pays, où s’était réfugié le président yéménite. Une offensive armée qui a d’ores et déjà reçu le soutien actif de la Jordanie, de l’Egypte, du Pakistan, du Soudan, de Bahreïn, du Koweït, du Qatar, du Maroc, etc.
 
Selon la chaîne de télévision Al Arabiya basée à Dubaï, l’Arabie saoudite a mobilisé cent avions et 150.000 soldats pour cette opération militaire qui a immédiatement fait bondir les cours de pétrole et provoqué, affirme-t-on, des dizaines de victimes à Sanaa, la capitale du pays.
 
Les Etats-Unis ont annoncé soutenir cette opération. Et le président Barack Obama a autorisé un appui logistique, selon un communiqué de la Maison blanche.
 

Offensive armée emmenée par l’Arabie saoudite

 
L’opération a pour but d’empêcher les rebelles chiites houthis et les partisans de l’ancien président Ali Abdallah Saleh (évincé du pouvoir lors du Printemps arabe) d’utiliser les aéroports et les avions du Yémen pour attaquer Aden et, éventuellement, d’autres régions du Yémen. « Nous ferons ce qu’il faudra pour empêcher la chute du gouvernement légitime du Yémen », a déclaré l’ambassadeur saoudien lors d’une conférence de presse. Il a précisé, par ailleurs, que l’opération avait été montée à la demande du président yéménite, Abd-Rabbou Mansour Hadi, dont les forces ont de leur côté lancé une contre-offensive autour d’Aden. Cet appel au secours sembla avoir été confirmé par une lettre que le président du Yémen aurait adressé mardi au Conseil de sécurité de l’ONU.
 
L’Iran chiite a évidemment exigé, pour sa part, « une cessation immédiate de toutes les agressions militaires et frappes aériennes contre le Yémen et son peuple ». Selon Téhéran, accusé par Ryad d’attiser les tensions dans la région, l’offensive saoudienne risque de saper « les efforts déployés pour résoudre la crise de manière pacifique ».
 

Un Yémen déchiré entre plusieurs factions

 
La présence au Yémen de l’une des branches les plus puissantes d’Al Qaïda, Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), n’est en outre pas faite pour améliorer la situation.
 
La réaction des Houthis ne s’est pas fait attendre. « Le peuple yéménite est un peuple libre et il fera face aux agresseurs. (…) Le gouvernement saoudien et les gouvernements du Golfe regretteront cette agression », a déclaré Mohammed al Boukhaiti, membre du bureau politique des Houthis.
 

Régionalisation du conflit

 
La tension est donc à son comble, et la régionalisation du conflit, s’il devait perdurer, pourrait entrainer un certain nombre d’autres pays dans la guerre, ce qui déstabiliserait pour longtemps, voir définitivement, certains régimes déjà chancelants, et auraient des répercussions économiques importantes pour le reste du monde.