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L’intégrisme féministe frappe sur Internet : Buffy Mars dénonce à Orange un technicien qui la trouve jolie

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(Les Lumières de la ville)


 
Un technicien d’Orange venu pour une installation chez une blogueuse surnommée Buffy Mars la trouve jolie. Il le lui écrit par SMS. Buffy le dénonce aussitôt à Orange, pour le faire sanctionner, puis sur internet via Twitter. Dans ce micro fait hallucinant, l’intégrisme féministe combine toutes les ressources de la révolution.
 
Tapées, les bobos nouvelles. Embringuées dès leur premier Tampax dans un intégrisme féministe qui leur ôte toute perception de la réalité – et accessoirement du ridicule. Elles débarquent droit de Sirius ou de Vénus sans prendre garde que les hommes viennent de Mars et elles se servent de leur portable comme d’un lance-flamme. C’est le cas d’une dénommée « Buffy Mars », qui se définit comme « Community Manager », chez qui deux techniciens d’Orange sont venus lundi installer la fibre optique. Pas de problème côté boulot, « ça se passe très bien », reconnaît-elle. Hélas, deux heures après elle reçoit de l’un d’entre eux un message qui la « choque ».
 

Buffy contre le technicien sentimental et pas très pro

 
Le voici, intégralement reproduit, pour l’édification de nos lecteurs : « Rebonjour c’est le technicien orange. Juste pour vous dire que vous étiez très jolie et que vous avez un très beau sourire. J’ai as osez (sic) devant mon collègue en formation. Et c’est pas très pro. Voilà désolé pour la gene.. »
 
C’est assez mimi. L’orthographe est plutôt supérieure à la moyenne, et le sentiment délicat, la timidité devant le collègue en formation, la peur de gêner… Hélas, le côté « pas pro » perturbe Buffy Mars. Cela la « met mal à l’aise » que le technicien Orange la « dragouille ». Elle s’en explique à France Info : « Un mec qui a mes nom, prénom, adresse et numéro de téléphone. Je n’ai pas spécialement envie qu’il se mette à insister. J’ai préféré avertir Orange, histoire que son service soit mis au courant et qu’il y ait rappel à l’ordre. » Faut pas rire avec Buffy, faut pas tenter « une approche d’une manière illégale ». Quand elle se gendarme elle est sans pitié.  Alors, pour faire les pieds au technicien, elle balance tout sur Twitter.
 

Mars dénonce à Orange le garçon qui la trouve jolie

 
Là les avis se partagent. Certains lui reprochent de ne pas avoir réglé la chose directement avec lui, sans avertir Orange. Elle répond qu’elle n’a pas voulu prendre ce risque. Elle connaît des « copines à qui c’est arrivé et qui n’ont pas voulu le dire au supérieur hiérarchique. Le mec connaît des tas d’informations sur vous et il peut vite vous retrouver et revenir. Et s’il décidait de se venger ? » Ici on croit rêver, car nulle mention n’est faite de la moindre violence à ses copines, et quant au danger potentiel que pourrait faire courir le technicien d’Orange, on l’imagine assez mal en lisant son sms à la fleur d’oranger véritable.
 

Le technicien « pas forcément licencié » pour cause de compliment

 
Au point que certains tweets craignent pour la carrière du jeune homme et reprochent à Buffy Mars sa démarche. Aussi précise-t-elle à 20 Minutes, sévère mais juste : « Orange m’a dit qu’ils allaient faire ce qu’il faut. C’est à eux de savoir s’il faut faire un rappel à l’ordre à tous les techniciens, ou si c’est un habitué de ce genre de dérapage. Je ne vois pas pourquoi cela déboucherait forcément sur un licenciement ». Ce forcément est encore plus beau que du Marguerite Duras. Et elle ajoute, tranquille comme baptiste : « Je ne sais pas s’il va être licencié, écoper d’une mise à pied ou recevoir un rappel à l’ordre, mais je sais qu’Orange a pris ça très au sérieux car c’est complètement illégal ».
 

Intégrisme féministe et totalitarisme participatif

 
C’est merveilleux. Une greluche mûrissante dénonce à sa hiérarchie un garçon qui lui dit qu’il la trouve jolie et envisage froidement qu’il perde son emploi pour cela. Ce côté Robespierre mis à part, elle incarne jusqu’à la caricature deux des attributs de la révolution sociétale en marche. D’abord le ton scolaire de la délation positive. Je dénonce à la maîtresse celui qui fait mal pour le bien de toute la classe. C’est le totalitarisme participatif. Aujourd’hui les sycophantes sont vertueux, ils caftent des contenus ou des attitudes inacceptables et ils en sont fiers. Ils aident la police de la pensée à redresser la société. Par une inversion significative, on nomme cela libérer la parole. C’est la face lumineuse d’un phénomène dont la repentance est la face obscure : il faut des walkyries de la bonne dénonciation pour faire honte aux méchants mâles et les pousser à battre leur coulpe.
 

Betty Mars utilise le droit au profit de la révolution

 
Le deuxième attribut de la révolution qu’incarne notre intégriste du féminisme exterminateur, c’est le remplacement des mœurs par le droit. En admettant que le sms du technicien d’Orange ait mérité autre chose qu’un sourire indulgent, le plus simple était de lui répondre pour le remettre à sa place, lui expliquer qu’il ne faut pas utiliser des informations recueillies dans le cadre professionnel pour une conversation privée. C’est d’ailleurs ce que Buffy Mars a fini par faire. Et le gentil technicien d’Orange (ils sont en or, là-bas, quand ils ne se suicident pas) s’est immédiatement excusé. Ca n’a pas du tout troublé notre panzer féministe dans ses certitudes. Elle cite avec fierté les tweets de juristes qui lui donnent raison. Au lieu de remettre un garçon à sa place, et dans ce cas il y avait si peu à faire, elle préfère actionner le droit, le grand auxiliaire de la révolution.
 

Lâchez le technicien d’Orange : la violence sexuelle existe vraiment

 
Enfin elle entend agir aussi sur l’opinion publique. De là son incursion sur Twiter. Elle se sent « confortée » dans sa décision par ceux et celles qui la soutiennent, qui partagent sa lutte contre le « harcèlement », par « ces nanas qui racontent les trucs glauques qui leur sont arrivés ». Glauque ? On rêve. Buffy Mars abuse sans doute de ce mot qui recouvre une fort belle couleur pour signifier sordide. Mais qu’eut de sordide le SMS du technicien d’Orange ? Ceux que Jupiter veut perdre il les rend fous. Où est le harcèlement ? L’observatoire national de la délinquance pense qu’il y aurait en France annuellement 75.000 viols dont 7.500 tournantes, dont les victimes sont neuf fois sur dix des femmes et les auteurs neuf fois sur dix des hommes. A quoi s’ajouteraient environ deux cent mille tentatives, plus les agressions sexuelles (sans pénétration), plus les atteintes sexuelles. Ailleurs, il y a la Saint Sylvestre à Cologne. Telles sont les vraies violences faites aux femmes. Moins grave, mais souvent insupportable est le harcèlement sexuel, qui prend toutes sortes de formes, explicites ou insinuées. Il y a encore la pornographie, la burqa, les insultes dans la rue. Et Mademoiselle Buffy Mars dénonce pour le faire sanctionner un technicien qui la dit jolie en s’avouant « désolé pour la gêne » ?
 

On leur dit, qu’elles sont folles, sur Internet ?

 
Il faudrait que quelqu’un qui l’aime, son père, sa mère, sa meilleure amie, son petit copain, la prenne par le bras et la ramène sur terre. Mais ce ne sera pas suffisant. En admettant que Buffy Mars soit un cas isolé, pathologique, d’intégrisme féministe, des réactions sur Twitter laissent voir que l’intégrisme féministe trouve un écho non négligeable sur la toile. Une association féministe, CrêpeGeorgette, lance le hashtag harcelementdomicile, où ses adhérentes sont appelées à témoigner des « messages déplacés » qu’elles reçoivent. Il y a toute une mise en scène de l’insignifiance qui est caractéristique de la révolution actuelle. Avec des mots marqueurs, des mots signatures, tout droit sortis des cuisines américaines bobos.
 

Elle obtient un rendez-vous avec un technicien et s’en plaint

 
Déplacé en est un. Le monde croule sous les bombes, la France sous l’invasion, la misère, les voitures brûlées, la grossièreté endémique apprise à l’école, mais la révolution utilise les convenances pour avancer, elle a ses codes comme les grosses baronnes de jadis : prout, ma chère, le mâle ne doit rien dire de déplacé lorsqu’il s’adresse à une caryatide du féminisme intégriste. Sinon, on le dénonce à la Kommandantur du politiquement correct.
 
Heureusement, il y a un internaute sur Twitter qui a remis ces folles à leur place. Il signe Ich bin Lepoy, et il a tiré une autre leçon de cette fable : « Enfin, la grande nouvelle dans l’affaire du mec chez Orange, c’est qu’il y a des gens chez Orange qui réussissent à avoir un rendez-vous avec un technicien ». Et qui s’en plaignent, même.
 

Pauline Mille

 
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