Terrorisme, évasion fiscale : le Parlement européen adopte une directive plus stricte sur les trusts et le blanchiment d’argent

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La nouvelle directive sur le blanchiment d’argent vient d’être adoptée par le Parlement européen qui répond ainsi aux demandes de journalistes d’investigations ou d’économistes comme le très médiatique Thomas Piketty – tout en créant de nouvelles armes contre l’évasion fiscale et pour la surveillance. On parle évidemment de lutte contre le terrorisme. Et comment ne pas se réjouir de ce que des « sociétés écran » aient désormais les coudées moins franches pour agir en dehors ou contre la loi. Mais c’est aussi un épisode de la lutte du mondialisme centralisé et socialisant contre la haute finance, et un nouveau moyen de mettre également les quidams au pas.
 

Le Parlement européen invoque le terrorisme pour adopter des règles strictes sur la circulation de l’argent

 
« Les propriétaires réels de sociétés devront être inscrits dans les registres centraux des pays de l’UE, ouverts à la fois aux autorités et aux personnes ayant un “intérêt légitime”, comme les journalistes d’investigation, selon les nouvelles règles convenues avec le Conseil et adoptées en plénière mercredi », précise un communiqué du Parlement européen.
 
Les données transmissibles seront limitées, et des dérogations à l’accès pourront être mises en place « au cas par cas ». Pour les trusts, le droit d’accès sera limité aux entités qui les composent ainsi qu’aux autorités – ce qui laisse tout de même un champ encore large aux journalistes d’investigation… agréés par le pouvoir.
 

Une directive qui vise la Haute finance et les trusts anglo-saxons

 
La nouveauté de cette quatrième directive contre le blanchiment de capitaux réside dans cette tenue obligatoire de registres centraux consignant l’identité réelle des propriétaires « effectifs », en dernier ressort, des sociétés et autres entités légales et des trusts, et elle dépasse ce qui était demandé par la Commission. Elle fait peser une nouvelle obligation de « vigilance » sur les banques, les auditeurs, les juristes et les agents immobiliers, ainsi que les casinos, qui devront traquer les transactions « suspectes » de leurs clients. Et les signaler, sans doute…
 
Les « personnes politiquement exposées », « à savoir des personnes présentant un risque de corruption plus élevé que d’habitude en raison des positions politiques qu’elles détiennent, tels que les chefs d’État, les membres de gouvernement, les juges de la Cour suprême, et les membres du parlement, ainsi que les membres de leur famille », comme le souligne le communiqué, feront l’objet de mesures supplémentaires en cas de relations d’affaires « à haut risque », pour « établir les sources de richesse et des fonds impliqués », précise la directive.
 

Au nom de la lutte contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent, mieux contrôler les opposants politiques ?

 
Faut-il y voir de nouvelles possibilités de contrôle sur des opposants politiques, notamment ? Ou une lutte contre l’influence de la haute finance sur le politique ?
 
Les eurodéputés ont enfin approuvé un nouveau règlement sur les « transferts de fonds », visant à assurer la « traçabilité des payeurs et des bénéficiaires ainsi que de leurs actifs ».
 
La directive anti-blanchiment devra être transposée dans les législations nationales d’ici à deux ans et elle sera directement applicable dans tous les Etats membres 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne, précise le communiqué du Parlement européen.
 
S’agira-t-il donc la fin du trafic de fonds, des astuces des « grands » pour éviter les fiscalités nationales, un coup d’arrêt définitif à la circulation des avoirs liés au grand banditisme, à la corruption ou au trafic de stupéfiants ? L’expérience prouve que les « gros » parviennent toujours à trouver des moyens, tandis que les petits, même les plus irréprochables, se voient obligés de se soumettre à des règles toujours plus tatillonnes. Au détriment de leurs libertés. Le processus est néanmoins en cours et il est plus que probable que l’Europe et l’ONU feront pression pour que ces lois soient progressivement étendues à l’ensemble de la planète.
 

Anne Dolhein