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Ecole : préservés des écrans, les jeunes qui sortent de pensionnats « dominent » dans le monde du travail

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Martin Reader, directeur d’un coûteux pensionnat privé dans le Surrey, en Angleterre, n’a aucun doute à ce sujet : si les jeunes qui sont allés en pension au cours de leur scolarité « dominent » dans le monde du travail, c’est que leur environnement les y prépare mieux, notamment parce qu’ils y sont préservés des écrans si envahissants dans la vie de tous les jours – et notamment à la maison, en rentrant de l’école.
 
Ces élèves des pensions ne passent pas leur journée « recroquevillés » sur un ordinateur ou un écran de télévision dans leur chambre à coucher : ils ont du temps pour « poursuivre leur passion », a-t-il déclaré mardi lors de la conférence annuelle de l’association des pensionnats à Brighton, qu’il préside.
 

Les jeunes issus des pensionnats dominent dans le monde travail : à eux les premières places !

 
« Lorsqu’on demande pourquoi nos écoles dominent dans le monde des sports, de la création, des arts du spectacle, des professions libérales et de la politique, c’est parce que les élèves y ont eu le temps de pratiquer ces choses, et du temps pour être “coachés” par des experts. Pourquoi rester assis pendant 45 minutes deux fois par jour dans une voiture, un train ou un bus, ou rester claquemuré dans une chambre à coucher, seul, penché sur ses devoirs ou sur des écrans ? », a-t-il demandé.
 
« Ce temps-là, on pourrait le consacrer à répéter une pièce de théâtre ou avec un orchestre, à passer davantage de temps pour maîtriser un instrument de musique ou une technique de tir au but, à vouer plus d’heures au perfectionnement de la peinture, de la rhétorique, ou à la discussion politique, scientifique ou historique, quelle que soit sa passion. »
 
Si Martin Reader exige de ses élèves de dernière année de secondaire 15 heures d’études supplémentaires hebdomadaires par rapport au cours, ainsi que la pratique d’activités extra-scolaires, c’est parce que pensionnaires, ils ont davantage de temps pour faire « de belles choses ».
 

A l’école, les jeunes sont préservés des écrans

 
Il réagissait aux récentes remarques de l’ex-secrétaire à l’éducation qui a quitté récemment le gouvernement de Theresa May en soutenant notamment que le « recrutement contextuel », qui tenant compte de l’environnement scolaire, permettrait mieux d’évaluer un potentiel que la simple prise en compte des notes. Elle appelait ainsi les sociétés à faire de la discrimination à l’encontre des candidats ayant fait leur scolarité dans le prestigieux pensionnat d’Eton en considérant qu’à note égale, les élèves des écoles d’Etat des zones défavorisées sont plus « impressionnants ».
 
Martin Reader a reconnu que la mobilité sociale est un objectif important, mais les entreprises doivent être laissées libres de « prendre leurs propres décisions » de recrutement : ils n’ont pas à être soumis au diktat des membres du Parlement, a-t-il rétorqué. « Il n’appartient pas au gouvernement de dire aux entreprises qui est la personne qu’il convient » – c’est pourtant tout le principe de la « discrimination positive » qui s’impose de plus en plus dans le monde du travail, en France notamment.
 

Au pensionnat, on a du temps pour se perfectionner dans le domaine qu’on aime

 
Il a également rappelé que les pensionnats permettent aux jeunes d’avoir plus de rapports personnels avec leurs pairs plutôt que d’avoir des « amis virtuels » sur les réseaux sociaux, en restreignant le temps d’accès à ces derniers, soit par le contrôle du wi-fi, soit par la limitation des applis auxquels les élèves ont accès.
 
Ainsi, son école de Cranleigh a carrément interdit les téléphones mobiles pour les élèves de 13 et 14 ans parce qu’ils n’ont pas la « maturité » suffisante pour utiliser cette technologie. « Nous avions un incident déplaisant par semaine dans ce groupe d’âges, aujourd’hui, il n’y en a plus. Nous mettons des limites sociales à l’alcool et aux cigarettes parce qu’ils sont addictifs, pourquoi ne pas restreindre une chose aussi additive qu’un téléphone portable », a-t-il conclu.
 

Jeanne Smits