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POLICIER The Third Murder ♥♥♥


 
The Third Murder, soit le troisième meurtre en français, est le titre anglais de diffusion international du japonais Sando-me no satsujin ; le japonais, difficile à traduire en effet, renvoie à l’idée des « paroles de la propre bouche du meurtrier ». En effet un meurtrier raconte, très volontiers, son acte criminel aux policiers, au juge, au procureur, à ses avocats. Il espère que sa bonne volonté – à commencer par la reconnaissance des faits – jouera en sa faveur en son procès. Son dossier est lourd : il avait déjà passé des décennies en prison pour un meurtre précédent.
 
Le point de vue de The Third Murder est celui de l’équipe d’avocats, qui tente, par principe humaniste, d’éviter la peine de mort à son client. Au départ, le nouveau chef de cette équipe décide péremptoirement que la vérité n’est pas leur préoccupation ; ils doivent rassembler tous les éléments favorables à l’accusé… Ainsi, faut-il décider s’il y a eu vol puis meurtre, ou l’inverse. Spontanément l’on penserait qu’un vol suivi d’un meurtre, la victime se défendant, serait moins grave que le contraire, l’intention délibérée de tuer, suivie d’un vol opportuniste ; ce serait d’ailleurs le cas en France, mais pas du tout au Japon. Un salarié a tué son ancien patron : si la défense démontre qu’il a agi suite à des humiliations, ce serait, dans la culture japonaise, une circonstance atténuante majeure. A l’inverse, il n’y aurait aucune pitié à attendre du jury pour un voleur capable de tuer.
 

The Third Murder, certes long, mais passionnant

 
Faisant consciencieusement son travail, l’avocat finit par chercher quand même la vérité. Elle existe, et l’intéresse vraiment. Et le spectateur aussi. Le problème est que tout le monde ment. Ainsi, le meurtrier avait reçu de l’argent de la future veuve. Serait-ce alors un meurtre commandité, pour motif passionnel ou une arnaque à l’assurance-vie ? En fait, la veuve explique en privé à sa fille que l’entreprise familiale a une double comptabilité, ce que l’on ne peut pas déclarer à la justice, et continue par exemple à faire travailler, au noir, des employés officiellement licenciés… Le troisième meurtre du titre international est assurément celui de la vérité. A part l’avocat héros du film, elle n’intéresse personne dans les faits. Quant au meurtrier, il s’amuse manifestement en proposant des scénarios successifs plus ou moins crédibles et contradictoires ; et il n’est pas le seul à raconter n’importe quoi…Il est néanmoins un meurtrier récidiviste, et cette vérité là est hors de doute. Il n’y a peut-être aucune explication particulière à son geste criminel.
 
Pour les amateurs d’histoire policière, The Third Murder est certes long, mais passionnant. Il dévoile aussi beaucoup de la culture particulière du Japon.
 

Hector JOVIEN