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La pornographie en réalité virtuelle : ça y est…

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Il fallait s’y attendre. La société de production pornographique Marc Dorcel – 32 millions de chiffre d’affaires en 2014 – lance des vidéos de « réalité virtuelle » pour profiter des avancées technologiques des multimédias. Filmées en 3D, les scènes sont accessibles par le biais des principaux casques de réalité virtuelle, y compris des modèles « low cost » combinés avec un Smartphone. La pornographie hyper-réaliste à la portée de n’importe qui…
 
Le site capital.fr ne cache pas son enthousiasme. Son journaliste a assisté au tournage d’une des vidéos. Il parle de « sublimes créatures ». L’expérience du 3D ? Après avoir chaussé le casque et visionné des scènes où l’on peut se plonger en regardant autour de soi à 360°, Thomas Le Bars n’a qu’un mot : « Décoiffant ! » « Ne manqueraient plus que quelques caresses pour s’y croire complètement » L’article, cela ne s’invente pas, s’insère dans la rubrique « Art de vivre ».
 

La réalité virtuelle permet de regarder des scènes de pornographie comme si on y était

 
Telle est l’infernale logique de la pornographie : entraîner toujours plus loin des consommateurs tôt victimes de son attraction et de sa capacité d’addiction ; au contraire de la violence au cinéma, simulée, qui n’engage pas nécessairement le spectateur, les films d’actes sexuels mettent en scène la réalité des faits et des gestes, et entraîne chez le spectateur une excitation et un désir de passage à l’acte. Alors que la pornographie est à un clic sur Internet, on constate d’ailleurs une évolution des pratiques sexuelles, par imitation. C’est tout le regard sur la sexualité qui en est affecté. Des millénaires d’interdits moraux – qui sont avant tout des protections en vue du bien de l’homme, de la femme et de la société – s’écroulent sous nos yeux.
 
Avec la réalité virtuelle, le spectateur-voyeur se donne l’illusion de faire partie de la scène. C’est une fuite en avant sans fin : une fois réglées les questions d’inconfort des casques 3D, l’idée est d’augmenter encore cette illusion : « Au delà de l’aspect technique, le plus gros du travail sera de créer de nouvelles expériences permettant de procurer davantage de sensations aux utilisateurs », précise Grégory Dorcel qui gère le groupe fondé par son père.
 

Un « business » en milliards de dollars : la pornographie en réalité virtuelle attire les investisseurs

 
Histoire d’appâter le client, la société propose une première vidéo dite « soft » de cinq minutes ; la version « hard » commercialisée en parallèle se vend 5 euros. Peu, eu égard au coût de production puisque 15 minutes de vidéo de réalité virtuelle reviennent à 40.000 euros, le prix étant multiplié par quatre ou cinq par rapport à une séquence « classique ». C’est tout ce qui intéresse capital.fr : combien cela rapportera-t-il ? Chez Dorcel, on ne se prononce pas. Mais vu la proportion des navigations sur Internet liées à la pornographie, on peut supposer que les retombées seront substantielles malgré le coût.
 
Ainsi, annonce Thomas Le Bars, les contenus « adultes » pourraient devenir dès 2025 le « troisième marché de la réalité virtuelle, avec des revenus estimés à 1 milliard de dollars dans le monde sur un total de 5,8 milliards dans le monde ».
 
« Une belle opportunité de croissance pour une industrie qui brasse déjà 25 milliards de dollars », s’exclame le journaliste.
 
L’idolâtrie de Mammon justifie en effet n’importe quoi. En sacrifiant aux instincts les plus vils, elle s’accommode aussi de l’exploitation des acteurs, hommes ou femmes, qui vendent leur corps, leur vertu – notion démodée… – et leur âme pour quelques dollars, souvent contraints d’ailleurs et « chosifiés » par une industrie qui est, de fait, esclavagiste.
 
Pourtant… « Malheur à celui qui scandalise l’un de ces petits »…
 

Anne Dolhein