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Qu’il est étrange de s’appeler Federico
Cinéma ♥ Documentaire

Qu il est étrange de s’appeler Federico
 
« Qu’il est étrange de s’appeler Federico » rend un vibrant hommage à Federico Fellini (1920-1993), réalisateur italien important, réputé pour une dizaine de films, dont « La Strada » (1954), « La dolce vita » (1960). Ces œuvres longues, un peu confuses dans le propos, sont-elles vraiment des chefs d’œuvres ? Le doute devrait être permis. Quoiqu’il en soit, il serait absurde de nier tout talent à Fellini, ou sa place dans l’histoire du cinéma. Le problème majeur est que Fellini n’est pas un réalisateur catholique, que la chose se sent dans ses œuvres. A quoi s’ajoute la fascination pour les corps des prostituées, surtout celles aux formes généreuses à la limite de la monstruosité, ce qui n’est nullement caché dans le documentaire, d’où encore une gêne pour le spectateur catholique. Fellini déteste au fond deux choses, obsessions permanentes, le fascisme, et l’emprise catholique sur la société – aujourd’hui hélas à peu près disparue. Ces éléments essentiels ne sont absolument pas atténués dans le documentaire. Le réalisateur, Ettore Scola (né en 1931), maître de la comédie italienne des années 1950-70, jeune ami et vaguement disciple de Fellini, réussit à construire un véritable film, reconstituant à sa manière des scènes-clefs de la vie de son mentor, avec de rares et pertinentes inclusion d’extraits de ses films, et multipliant les variations dans le style du maître. Mentionnons une scène surréaliste particulièrement réussie, celle du cadavre de Fellini, réduit à une silhouette, toujours filmée de loin – donc c’est tout sauf morbide – qui s’évade de son cercueil, poursuivi par les gardes officiels en grand uniforme à travers les studios de Cinecitta. Avec Qu’il est étrange de s’appeler Federico, l’hommage à Fellini est dépassé par celui au cinéma, au sens large. L’exercice intéresse l’amateur d’histoire du cinéma, qui connaît les films de Fellini, et ouvre au-delà sur l’histoire de l’Italie.