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Le rapport des Etats-Unis sur les droits de l’homme fait grincer des dents en Israël

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L’heure est aux tensions entre Israël et les Etats-Unis.


 
Dans son rapport annuel sur les droits de l’homme, le Secrétariat d’Etat des Etats-Unis a reproché à Israël d’avoir eu recours à une force excessive contre des Palestiniens ne représentant pas un danger direct vital pour l’Etat hébreu. Voilà qui marque un nouvel épisode du « lâchage » d’Israël par les Américains : le fossé se creuse entre les alliés inconditionnels de naguère.
 
Le rapport fait également état « d’arrestations arbitraires associées à des tortures et abus, souvent dans l’impunité ». Les chiffres invoqués sont de 149 Palestiniens tués en 2015 par les forces de sécurité israéliennes, dont 77 seulement suite à des attaques contre des Israéliens. Selon le rapport, « De nombreux témoignages font état de forces de sécurité israéliennes tuant des Palestiniens lors d’émeutes, de manifestations, à des check-points et pendant des opérations de routine. Dans certains cas, ils ne posaient pas de danger vital. »
 
Un rapport qui a fait sortir de ses gonds le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu… Celui-ci a répliqué qu’Israël utilise une force légitime et que tout autre pays ferait de même « face à des attaques au couteau, au hachoir à viande ou à la hache dans le but de tuer des gens dans la rue ».
 
Le document arrive dans un climat de tension dû aux nombreuses attaques au couteau perpétrées par des Palestiniens, et alors que le président de l’Autorité palestinienne Mahmud Abbas accuse Israël d’avoir « exécuté » un adolescent suspecté. Par ailleurs, l’OLP a envoyé une lettre à l’ONU concernant des exécutions en dehors du cadre légal, demandant une enquête sur « des assassinats d’Etat perpétrés contre des Palestiniens ces dernières semaines ».
 

Le rapport américain sur les droits de l’homme s’en prend à Israël

 
Ce climat d’insécurité a été attisé par la colère des Palestiniens envers ce qu’ils considèrent comme une présence trop marquée de Juifs près de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, lieu également vénéré par les Juifs en raison de présence antérieure de temples bibliques détruits.
 
Le 30 mars dernier, Benjamin Netanyahu déclarait : « La police et l’armée israélienne ne pratiquent pas d’exécutions. Les agents de police et soldats se défendent et protègent des civils innocents civils de haute moralité contre des terroristes assoiffés de sang qui viennent pour les tuer (…) Pourquoi ne parle-t-on pas des Droits de l’homme des nombreux Israéliens assassinés ou mutilés par ces terroristes barbares ? Ce rapport aurait dû s’adresser plutôt à ceux qui incitent les jeunes à commettre des actes cruels de terrorisme. »
 

Le fossé continue de se creuser entre Israël et les Etats-Unis

 
Face à l’agacement de Netanyahu à la suite des nouvelles déclarations américaines, le porte-parole du secrétariat d’Etat John Kirby a cherché à calmer le jeu : « Nous n’avons jamais accusé Israël d’utiliser une force excessive face aux attaques terroristes », a-t-il affirmé jeudi. La Croix Rouge internationale a de son côté demandé que soient condamnées des deux côtés « les attaques arbitraires contre les civils », rappelant que « toute utilisation de la force doit être proportionnée, notamment concernant les armes à feu (…) qui ne doivent être utilisées qu’en dernier recours… »
 
Le rapport américain a du reste dénoncé l’attitude de l’Autorité palestinienne qui n’a pas condamné « les incidents d’expression antisémites » et a considéré comme « martyrs » des individus qui sont morts lors d’attaques contre des civils israéliens. Il dénonce en revanche chez Israël « une discrimination institutionnelle et sociétale » contre les Arabes, les Israéliens d’origine éthiopienne, les femmes, les Juifs non orthodoxes et les migrants. 
 
John Kerry a fait connaître son désir de se rendre au Proche-Orient, ajoutant qu’une rencontre pourrait avoir prochainement lieu entre Netanyahu, Abdallah de Jordanie, Abbas et lui-même, ce que Benjamin Netanyahu a accueilli positivement.