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Avec l’intelligence artificielle, la reconnaissance faciale reconnaît désormais les émotions et n’est pas trompée par la plupart des maquillages

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Le rêve pour un régime totalitaire : pouvoir détecter automatiquement dans une foule les personnes qui n’apprécient pas le discours prononcé par le guide suprême. Et pourquoi pas, avec les caméras de plus en plus omniprésentes, repérer les opposants potentiels n’importe où par leurs réactions dans les conversations quotidiennes. Techniquement, cela devient possible avec le développement des techniques de reconnaissance faciale par intelligence artificielle. Des techniques qui permettent déjà non seulement d’identifier les personnes mais de connaître leurs émotions. En l’état actuel de ces techniques, pour ne pas se faire reconnaître par les systèmes de surveillance, un maquillage de clown, mais pas n’importe lequel, semble encore être la meilleure solution, mais pour combien de temps encore ?
 

Les retombées positives de la reconnaissance faciale

 
La reconnaissance faciale a du bon. A Annapolis, dans le Maryland (États-Unis), après la fusillade meurtrière de la semaine dernière au siège d’un journal, c’est grâce à cette technique que la police a pu identifier rapidement le coupable. Celui-ci avait réussi à rendre ses empreintes digitales méconnaissables, et la police a utilisé pour l’identifier son visage et sa base de données avec les photos des personnes arrêtées dans le passé mais aussi celle des permis de conduire du Maryland.
 
La technique de reconnaissance faciale rendue possible par l’intelligence artificielle commence par ailleurs à être déployée dans les aéroports américains pour scanner les visages de tous les voyageurs. Chez Amazon, un système de caméras de surveillance et de capteurs doit permettre d’éliminer tout risque de vol dans un nouveau magasin à Seattle équipé uniquement de caisses automatisées.
 

Une entreprise spécialisée dans les technologies de reconnaissance des émotions par intelligence artificielle refuse des contrats pour le gouvernement

 
Ces exemples (enquête du Maryland, aéroports et Amazon) font partie de ceux énumérés dans un article du site du média public américain Voice of America intitulé How much Artificial Intelligence Surveillance Is Too Much?, ce que l’on pourrait traduire par « A partir de quand la surveillance par intelligence artificielle devient-elle excessive ? ». L’on apprend dans cet article avec un soulagement très relatif que les entreprises les plus à la pointe dans ces technologies n’acceptent pas n’importe quoi. Affectiva, une société spécialisée dans la reconnaissance des émotions que trahissent nos visages, affirme par exemple avoir refusé des contrats pour des agences gouvernementales. Elle refuse aussi tout ce qui a trait « à la sécurité, aux aéroports et même aux dispositifs de détection des mensonges ». Ses marchés, ce sont l’automobile, où ses technologies permettent d’aider les conducteurs fatigués à rester éveillés, et les études de marché, quand des marques veulent connaître les réactions des consommateurs à leurs produits.
 
Après des protestations de ses employés, le géant du net Google a décidé de mettre fin à un contrat pour l’utilisation de ses technologies d’intelligence artificielle dans le domaine de la défense. Néanmoins, d’autres accepteront certainement de faire le travail à sa place, même si cela doit prendre un peu plus de temps. Chez Amazon, par exemple, les protestations n’ont pas conduit la société à renoncer à la vente de son puissant outil de reconnaissance faciale Rekognition à la police et à d’autres agences gouvernementales.
 

Arborer un maquillage de clown quand on sort de chez soi, le seul moyen qui nous reste pour passer inaperçus.

 
Un autre spécialiste de l’intelligence artificielle, Neurala, crée des logiciels pour Motorola, pour des caméras portées par les policiers qui permettront de repérer une personne dans une foule à partir de ses vêtements et de son aspect physique. Ces caméras pourront fonctionner en réseau avec les systèmes de vidéosurveillance et permettront de retrouver n’importe qui, n’importe où. Le seul moyen de passer inaperçu sera bientôt, comme signalé plus haut et peut-être pour encore quelque temps, de se balader dans la rue maquillé en clown. Si beaucoup de gens s’y mettent, ce pourrait devenir la mode des années 2020.
 

Olivier Bault