La raison du regain des vocations sacerdotales dans certains diocèses aux Etats-Unis

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Si l’Eglise catholique aux Etats-Unis affiche un nombre d’ordinations sacerdotales inférieur de 9 % à ce qu’il était il y a 10 ans, soit 342 nouveaux prêtres diocésains ordonnés cette année, il existe tout de même des diocèses où le nombre d’ordinations est resté stable, voire augmente, selon une enquête de The Pillar.

C’est dans les diocèses plus modestes, ruraux, qu’on tient bon sur ce chapitre selon les personnes interrogées, notamment parce que le style de vie y est plus simple et la pratique religieuse, une évidence.

Ainsi, le diocèse de Wichita, qui compte seulement 116.000 catholiques, a vu 6 ordinations sacerdotales cette année ; 19 entrées au séminaire sont prévues à l’automne. La plupart de ces séminaristes viennent du diocèse, a indiqué Mgr Carl Kemme qui, en douze ans, a su renforcer une situation favorable qui existait déjà à son arrivée. Il encourage notamment les prêtres à partager leur amour du sacerdoce avec les jeunes gens dont ils ont la charge. La taille des paroisses aide aussi, a-t-il indiqué. Paroissiens et curés se connaissent, ce qui facilite l’existence de vraies relations.

De fait, lorsqu’un seul prêtre s’occupe de plusieurs clochers, il ne peut y avoir qu’un déclin de l’attrait de la prêtrise.

 

Le regain des vocations sacerdotales dans des petits diocèses ruraux

Quand Mgr Thomas Daly de Spokane est arrivé dans son diocèse il y a 11 ans, on n’y comptait que 3 séminaristes. Ils sont désormais 19. Dans des communautés agricoles, il faut de la patience, a-t-il indiqué au Pillar. On sait dépendre de Dieu et on travaille pour répondre à des besoins, et non pour assouvir des désirs. Cela rend plus conscient de Dieu, selon Mgr Daly.

L’exemple de l’archidiocèse de San Francisco donne en effet une image inverse. Ce diocèse compte 450.000 personnes et n’a pas ordonné un seul prêtre en 2026. La faute à l’accent mis sur le succès matériel ? C’est l’avis du père Cameron Fowler, chargé des vocations, qui ne voit que peu de retours après tous les efforts accomplis pour attirer des jeunes hommes au sacerdoce. Cela dit, six nouveaux séminaristes y sont attendus à la rentrée, malgré le contexte : il y a peu de familles nombreuses en raison du prix du logement. Celles qui restent encouragent leurs garçons à faire des études dans les meilleurs établissements, afin de pouvoir prétendre à des emplois bien payés. Dans la paroisse de l’abbé Fowler, seule une dizaine de jeunes hommes en âge de faire des études y assistent à la messe tous les dimanches.

L’archidiocèse de Philadelphie se réjouit de huit ordinations en 2026 et devrait compter 72 séminaristes au total à la rentrée, grâce aux efforts notamment de Mgr Nelson Perez et de ses prédécesseurs, le cardinal Rigali et Mgr Chaput, a indiqué le directeur des vocations, l’abbé Sean English. Leurs efforts portent sur la « reconstruction de la foi » et la prière pour les vocations, et c’est cela qui donne des fruits, selon lui. Les lycéens sont encouragés à participer à des camps de discernement vocationnel, mais selon English, ceux qui frappent à la porte du séminaire viennent en priorité de paroisses où se pratique l’adoration eucharistique.

 

Aux Etats-Unis, les diocèses qui proposent le discernement vocationnel ont plus de nouveaux prêtres

D’autres « solutions » avancées par les prêtres interrogés sont la visibilité des séminaristes, leur participation à la vie des paroisses auprès des jeunes, l’invitation au discernement et la présence de prêtres comme aumôniers dans les lycées. « C’est la joie des séminaristes qui impressionne », a ainsi indiqué l’archevêque William Lori de Baltimore : c’est elle qui attire. Il évoque également un regain de la foi parmi les jeunes adultes, qui est allé de pair avec les trois années de Renouveau eucharistique célébrées aux Etats-Unis après qu’un sondage eut montré le déclin de la foi en la Présence réelle. Mgr Lori y voit un parallèle avec ce qui s’est passé en France après la Révolution de 1789, avec un déferlement de la grâce, de la ferveur religieuse et du zèle, marqué par le retour à la foi ou la conversion de nombreux jeunes qui se présentent au séminaire.

 

Le diocèse de Crookston aux Etats-Unis remplit ses séminaires

Dans le diocèse de Crookston, Mgr Andrew Cozzens fait la promotion du discernement des vocations depuis qu’il est arrivé en 2021, alors que la moitié des prêtres actifs y étaient à 10 ans ou moins de la retraite. Il a créé une équipe pour les vocations. Il a encouragé les prêtres à s’impliquer dans les groupes de jeunes et dans les lycées, et a mis sur pied des clubs ayant pour objectif la prière et le soutien pour les prêtres et les séminaristes. A Crookston, on commence à se faire du souci parce que les séminaires sont pleins et qu’on ne sait plus où mettre les nouveaux arrivants.

Mgr Cozzens se réjouissait il y a six mois d’un sondage au sujet des trois ans de Renouveau eucharistique qui se sont achevés aux Etats-Unis en 2024. Cette initiative a donné du fruit : 50 % des prêtres américains accordent désormais davantage de temps à l’adoration.

La solution à la crise des vocations se trouve dans le tabernacle.

 

Jeanne Smits