Nous avons attendu que se décantent les résultats du second tour des élections municipales pour ajouter notre avis à ceux de la grande presse. Tout le monde a reconnu que la gauche n’a finalement pas hésité à faire alliance avec l’extrême-gauche de la France insoumise. Et à l’inverse que la droite a refusé tout accord, même local et technique, quel que soit son intérêt, avec l’extrême-droite. Le résultat est une France coupée en morceaux où une gauche radicalisée fait le pari des communautés, selon un processus hélas connu de libanisation : Saint-Denis et Roubaix sont ainsi passées au Hezbollah LFI. A cette évolution plus qu’inquiétante s’oppose l’espoir de Nice : tous les partis de l’établissement politique soutenaient le maire sortant Christian Estrosi, ancien admirateur de Jean-Marie Le Pen passé par transitions progressives à Horizon, afin de faire barrage à l’union des droites que symbolise Eric Ciotti. Là-bas, le diktat parisien n’a pas marché et le peuple attaché à son identité a expulsé Estrosi. Ce résultat préfigure l’alternative politique offerte aux Français dans les années qui viennent : ou Nice, ou la libanisation.
Les résultats des municipales vues par un Martien
Un Martien qui débarquerait chez nous définirait la gauche comme ce qui se réunit au second tour même si cela paraît impossible. Pour les municipales, il paraissait impossible à la gauche de gouvernement (Faure, Hollande) de s’allier à un parti violent, anti-blanc, antisémite. Pourtant, Mélenchon en a rêvé et le PS l’a finalement fait. Impossible n’est pas socialiste. Cela a parfois effrayé le bourgeois, à Toulouse (notamment parce que le candidat écologiste en tête risquait de provoquer la fuite d’Airbus vers l’Allemagne et la ruine des sous-traitants), Limoge, Avignon et Clermont-Ferrand. Mais à Nantes, Lyon, Tours, Aubervilliers, ça a marché nickel. Et à Paris, Marseille, Montpellier ou Rennes, l’électeur de gauche a très bien compris qu’il fallait voter utile, c’est à dire PS, même en l’absence de toute consigne.
En France, les écolos sont les enfants de Gorbatchev
Il faut se rappeler deux choses pour comprendre ce fonctionnement. D’abord, EELV, les écolos, comme vous préférez, l’ont confirmé : ils sont d’extrême-gauche. Sous leur pellicule verte gisent toutes les obsessions de l’arc-en-ciel, genre, mariage pour tous, euthanasie, antispécisme, « antiracisme » décolonial et révolutionnaire. On relira à ce propos le petit grand livre programme de Mikaël Gorbatchev sur le « nouveau commencement », qui dessine la transformation de la révolution communiste en révolution écologiste. Ensuite, la gauche dite modérée, sous le visage bonhomme d’un apparatchik socialiste bien nourri, a au fond les mêmes aspirations et les mêmes mythes que le tribun de la nouvelle France Jean-Luc Mélenchon. Sauf en politique étrangère, où la position vis à vis des USA et d’Israël divise les gauches, elles se retrouvent dans un même bain idéologique.
Le front antifasciste prépare la libanisation
Ce qui a surpris quelques étourdis, c’est que ce bain s’étend en fait au centre et à ce que l’on nomme encore par habitude la droite, notamment chez une catégorie qui souffre le martyre, l’élu républicain. L’élu républicain est élu par une base qui pense à peu près comme les électeurs RN, Reconquête, UDR et divers droite. Mais au second tour cette base ne peut jamais s’exprimer et l’élu est tenu de faire le jeu de la gauche. A Marseille, par exemple, la républicaine Martine Vassal, en se maintenant, a assuré la victoire du socialiste Benoît Payan. Ce qui est vrai des républicains est encore plus caricatural chez les centristes : à Paris par exemple, Rachida Dati n’a rien retiré de son refus de fusionner avec la Reconquête Sarah Knafo, puisque ses centristes ont filé de toute façon vers la gauche, Bournazel refusant d’apparaître sur la liste et l’ancien ministre macroniste Clément Beaune votant ostensiblement Emmanuel Grégoire. Il y a manifestement un camp du bien auquel tout est permis et un camp du mal auquel rien ne l’est, même quand il tente désespérément de montrer patte blanche.
Municipales à Nice : des résultats anti-système
Seul à Nice, sans doute aidé aussi par la balourdise d’Estrosi, Eric Ciotti a réussi à enrayer cette mécanique mortelle. Avec ces municipales, les Niçois sont sortis du piège inventé par Mitterrand et accepté par Chirac en 1984 : la gauche n’a pas d’ennemi à gauche, la droite n’a pas d’allié à droite, ce qui fait que la gauche, en fait ou en esprit, gouverne toujours. Grâce à l’effet de cliquet, elle importe toujours plus d’immigration et impose toujours plus de réformes morales, sociétales. Ces municipales marquent le point de rupture où les communautés qui vivaient côte à côte commencent à se faire face et où la Nouvelle France toujours plus nombreuse, aiguillonnée par LFI, revendique ouvertement de remplacer l’ancienne. Y compris en conspuant l’ancien maire ou allié socialiste : celui-ci passe du statut d’allié dans l’ascension politique à blanc détesté.
Dédiabolisation piège à c..n FM pour le RN
La libanisation du pays a donc commencé. Un militant de Rachida Dati lançait le soir des élections municipales : « Le Parisien est c… » Non, il est comme il est, il a changé, on l’a fait changer depuis des décennies. Même s’il n’est pas encore complètement créolisé, il est mentalement remplacé. « L’union des droites », ou toute autre stratégie patriote n’est plus possible. Et c’est le cas dans de plus en plus de villes, à cause de la position de la « droite » et du « centre ». Le RN le déplore, estimant à juste titre qu’il a beaucoup fait pour se dédiaboliser. Mais il ne se pose pas les bonnes questions : qui diabolise qui, et pourquoi. Réponse : Marine, ton papa n’a pas été diabolisé parce qu’il aimait les formules à la graisse d’oie, Mélenchon a fait pire et s’en tire ; il a été diabolisé parce qu’il défendait l’identité française et chrétienne. Tant que tu défendras si peu que ce soit l’identité française et chrétienne, on se réservera le droit dans les cas graves de t’exclure. Retailleau a fait mine un moment d’entr’ouvrir la porte à des accords, il a été recadré grave. Mais qui diabolise, qui recadre ? Qui n’aime pas l’identité française et chrétienne ? Devinette ! Mon premier mot commence par F, mon second par M, et j’ai trois points !











