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Royaume-Uni : vers des coupes sombres dans les pensions et retraites

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Les salariés britanniques pourraient perdre jusqu’à 30 % de leurs pensions et retraites si les plans envisagés actuellement pour soulager les entreprises de la pression des charges sont mis en œuvre au Royaume-Uni. Le pourcentage résulte d’une projection réalisée par des analystes commissionnés par le Daily Telegraph qui se sont penchés sur les scénarios proposés par des élus de la Chambre des communes au sein de l’influente commission de l’emploi et des pensions, en se basant sur une durée moyenne de retraite de 25 ans. Ces propositions de coupes sombres visent à répondre l’allongement de la durée de la vie et à une natalité qui demeure modeste, en tout cas inférieure au taux nécessaire au remplacement des générations. En ce sens, ce qui est en train de se jouer au Royaume-Uni concernera demain la France, de façon différente puisque les systèmes ne se ressemblent pas…
 
Aux termes des propositions des parlementaires britanniques, les employeurs qui peinent à payer les charges relatives aux retraites pourraient unilatéralement prendre la décision de réduire le montant final des pensions de leurs salariés sans passer par le juge. Ils pourraient ainsi décider, selon le scénario le plus dur, de ne pas appliquer de hausse à leurs contributions en fonction de leur état de santé financière du moment, ce qui revient à faire baisser la pension versée sur la durée, puisqu’elle n’évoluerait plus avec l’inflation.
 

Pensions et retraites menacées au Royaume-Uni

 
La mesure vise à offrir aux entreprises nécessaires « respiration » dans les périodes de vaches maigres ; théoriquement, elle serait temporaire et les ajustements à la hausse reprendraient avec le retour des jours meilleurs. Mais rien ne garantit que des employeurs sans scrupules ne profitent du système.
 
Par ailleurs, les incitations fiscales à créer ces cagnottes de retraite sont déjà revues à la baisse, ainsi que le volume total des pensions dont le versement est autorisé au cours d’une retraite donnée. C’est pourquoi on voit de plus en plus d’articles dans la presse britannique présentant des scénarios où le retraité, passé un âge de 90 ou de 95 ans, aura « mangé » toutes ses réserves, en fonction des versements qu’il aura choisis.
 

Des coupes dans les pensions de retraite : c’est possible !

 
En tout état de cause, on prévoit outre-Manche un nombre croissant de cas où les fonds publics seront appelés à la rescousse, comme le prévoit la loi, en raison de la défaillance des entreprises et du déficit inédit des fonds de pension indexée sur le dernier salaire : il atteint désormais plus de 1.000 milliards de livres. On a déjà calculé qu’en cas de sauvetage légal d’un système de pension, le retraité peut perdre jusqu’à 22 % de sa retraite.
 
Quels que soient les systèmes, le problème est bien celui du manque d’actifs par rapport aux pensionnés et la longévité de ceux-ci. Au Royaume-Uni, on parle ouvertement une réduction drastique du niveau de vie des retraités. En France, où le système repose essentiellement sur la répartition, ces réalités sont moins clairement évoquées. Les travailleurs français d’aujourd’hui paient les pensions de leurs aînés, leurs propres pensions devant être financées par des générations futures : le système est touché par les mêmes problèmes de fond qui aboutiront à des situations analogues et sans doute même plus graves, la France étant économiquement plus socialiste que le Royaume-Uni.
 
Anne Dolhein