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Sermon de l’abbé Beauvais sur la Nativité


 
Mes bien chers frères, nos grandes solennités de la liturgie catholique doivent être considérées comme autant de pierres précieuses, merveilleusement serties, dont l’assemblage forme un joyau splendide, par sa richesse et par sa variété.
 
C’est ainsi que l’Eglise nous introduit dans la solennité de Noël par une antienne ravissante qui remplit les âmes de ce mélange d’admiration, pleine de respect et de tendresse, que tout l’univers devrait ressentir à l’avènement du Roi pacifique.
Le Roi pacifique a été exalté, lui dont le visage est désiré de toute la terre.
On voit aussi dans un Répons de Noël le contraste entre la majesté du Fils de Dieu régnant au Ciel et l’humilité de la crèche. « Ô Roi du Ciel, c’est vous qu’on entoure de si humbles hommages. »
 
On place dans une étable Celui qui porte le monde. Il gît dans une crèche Celui qui règne au Ciel.
 
La liturgie tire même adroitement partie de la présence du bœuf et de l’âne auprès de la crèche. Il y a là, nous dit-elle, un grand mystère.
« Ô le grand mystère et l’admirable dessin. Les animaux ont vu, couchés dans une crèche, le Seigneur nouveau-né. »
 
Quant aux personnages que le mystère de Noël met en présence, la liturgie excelle à nous les montrer dans l’exercice de leurs rôles qui leur est providentiellement dévolus et à nous découvrir également les sentiments que produit en leurs cœurs la naissance du grand Roi.
 
Les anges qui font rejaillir sur la terre quelque chose d’une joie qui est aussi pure, aussi limpide que l’azur du ciel de Provence.
 
Par le chant sans cesse répété de leur céleste cantique : « Gloria in excelsis Deo », ils maintiennent tout l’office de Noël dans une profonde allégresse et une profonde paix.
 
Leurs appels réitérés à la louange suscitent parmi les habitants de la terre,les justes, un enthousiasme grandissant qui trouve son expression la plus large et la plus complète dans l’antienne finale des deuxièmes Vêpres que nous chanterons demain après-midi.