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Terry Gilliam : « Maintenant je dis au monde que je suis une lesbienne noire »

Terry Gilliam lesbienne noire
 
Le dernier film du légendaire membre des Monty Python et réalisateur du non moins génial Brazil a une nouvelle fois propulsé Terry Gilliam sur le devant de la scène médiatique – mais dans un monde qui change. La nouvelle fausse morale de la diversité s’est invitée dans le débat par le biais du « contrôleur » des commandes du département comique de la BBC, Shane Allen – en l’occurrence, « contrôleur » n’est pas un vain mot. En juin, interrogé sur l’actualité de la saga culte, Monty Python’s Flying Circus, il a déclaré : » S’il s’agit de constituer une équipe aujourd’hui, vous ne prendrez pas six mecs blancs d’Oxford et Cambridge. Il faudra un éventail divers de gens qui donnent l’image du monde moderne. » Riposte de Terry Gilliam : « Je suis une lesbienne noire. Mon nom est Loretta et je suis une LNT, une lesbienne noire en transition. »
 
Terry Gilliam, barbe grise et carrure de déménageur ne déparerait pas dans une équipe de supporters de football américain de son Minnesota natal, était interrogé en République tchèque à l’occasion de la sortie de son nouveau film, La mort de Don Quichotte. Quelle était sa réaction face à la déclaration de Shane Allen ?
 

Terry Gilliam s’indigne à propos de la diversité

 
« Oui, ça m’a fait pleurer aussi, ça m’a mis en colère, l’idée qu’une comédie ou qu’un spectacle… – c’est peut-être la vérité, c’est peut-être la réalité aujourd’hui – que six hommes blancs d’Oxford ou de Cambridge ne puissent plus faire une comédie. Maintenant, il en faut un comme ci, un comme ça, pour que tout le monde soit représenté. C’est de la connerie. Cela m’a poussé… – et maintenant je pense devoir dire la vérité – eh bien moi je ne veux plus être un mâle blanc. Je ne veux pas porter la culpabilité de tout ce qui va de travers dans le monde. Je le dis au monde ici et maintenant : je suis une lesbienne noire. Merci. » [Rires et applaudissements.]
 
Et Terry Gilliam a poursuivi : « Je m’appelle Loretta, la “BLT”, et je ne parle pas du sandwich bacon-laitue-tomate, je parle d’une lesbienne noire en transition (black lesbian in transition) alors vous êtes priés de m’appeler Loretta à partir de maintenant. » Et d’ajouter : » Cette déclaration m’a tellement mis en colère, comme elle nous a tous mis en colère… La comédie n’est pas un assemblage, ce n’est pas un boys band où on en prend un comme ci et un comme ça… D’ailleurs on ne peut plus faire des boys bands… La comédie ne s’assemble pas : un garçon, une fille, Blanc, Noir, un chien… Je veux être trans-espèce. Transgenre ne suffit plus. »
 
Bref, Terry Gilliam – comme John Cleese, ex-Monty Python lui aussi qui n’a pas manqué d’étriller le contrôleur de la comédie de la BBC – ne supporte pas la diversité obligatoire parce qu’elle tue la fantaisie, elle tue l’imagination, elle finira – comme il le dit – par obliger chaque acteur à ne se représenter que lui-même.
 

« Maintenant je dis au monde que je suis une lesbienne noire »

 
Que n’a-t-il dit ! Les réseaux sociaux se sont enflammés pour dénoncer son manque de sensibilité et son incapacité à subir le dixième des affronts que doivent supportes les « non mâles blancs ».
 
Le public tchèque semble avoir bien saisi le sens de l’indignation de Terry Gilliam qui n’a pas eu de mal à mettre les rieurs de son côté en se servant de cette arme de destruction massive qu’est le bon sens.
 
Un petit tour dans les médias francophones montre qu’en France le ridicule non seulement ne tue plus, on s’en méfie comme de la peste. Le site ecranlarge.com a relevé l’information en pontifiant sur Gilliam qui « a répondu avec humour et émotion ». « Pour amusante et sincère que soit la réponde réponse de Gilliam, elle oublie de mentionner qu’il a justement eu toute liberté pour produire un nouveau spectacle comique via la BBC et qu’à en croire les productions contemporaines de cette dernière, les hommes blancs ne sont pas exactement une espèce en voie de disparition. »
 
A Shane Allen, Shane Allen et demi : ne surtout pas courir le risque de se voir pointer du doigt pour dérogation au conformisme de la diversité. Bravo, Ecran large !
 

Jeanne Smits