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Totalitarisme et alimentation aux Etats-Unis : au nom des normes nutritionnelles, ils iront voir jusque dans les assiettes des Américains

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571 pages de recommandations, et une ligne directrice : le rapport qui servira à établir les nouvelles normes nutritionnelles aux Etats-Unis d’ici à la fin de l’année préconise l’ingérence des autorités dans la vie privée des Américains, pour surveiller leur alimentation jusque dans le contenu de leurs assiettes et le temps qu’ils passent devant un écran d’ordinateur. Le rapport veut créer une « culture de la santé » – mais derrière l’objectif apparemment bienveillant, sa mise en œuvre aura pour effet d’étendre l’emprise totalitaire de l’Etat qui se substitue aux familles en tant qu’éducateur, organisateur de la vie de tous les jours et nourricier, envers et contre l’autorité paternelle et parentale s’il le faut.
 
Un œil (de Moscou) dans l’assiette, un autre sur l’écran : le rapport envisage de faire installer une surveillance électronique sur les ordinateurs ou les téléviseurs pour vérifier le temps que les Américains passent assis. Ce mouchard sera-t-il en lien direct par les autorités ? Ce n’est pas dit. Mais par les temps qui courent, rien ne l’empêche techniquement. Et le système a déjà été testé sur des adolescents qui ont été soumis à une surveillance électronique qui limite d’autorité leur temps d’écran : cela fonctionne bien, paraît-il. Et pourquoi pas, si l’écran devient noir, automatiquement ou par décision centralisée ?
 

Promouvoir le totalitarisme en entrant dans la vie privée des Américains

 
Plusieurs ressorts sont utilisés pour avancer vers ce but, d’autant plus forts qu’ils répondent à des problèmes réels – comme l’épidémie d’obésité qui frappe les Etats-Unis – ou communément admis par le biais du matraquage médiatique, comme la « nécessité » d’alléger les émissions de CO2 pour « sauver la planète ». La santé publique et la lutte contre le « réchauffement climatique » deviennent ainsi des prétextes qui autorisent et justifient aux yeux mêmes de ceux qui leur seront soumis des mesures totalitaires.
 
Le rapport préconise un régime alimentaire à base de « plantes », avec un minimum de viande ; et moins de temps passé devant l’ordinateur ou l’écran de télévision. C’est la déclinaison américaine de « cinq fruits et légumes par jour » et « mangerbouger.com ». Avec une violence de mise en œuvre spectaculaire.
 
Passons sur l’utilisation des nouvelles normes nutritionnelles pour l’établissement des menus de cantine et autres restaurations pour collectivités, logique somme toute. Le rapport transmis au Département de la santé et des services humains et au Département de l’agriculture entendent « transformer le système alimentaire » dans son ensemble, en revendiquant un droit de regard sur les assiettes dans tous les domaines de la vie publique et privée : « Les niveaux élevés et persistants de surpoids et d’obésité exigent la mise en œuvre urgente de stratégies aussi bien au niveau de la population que des individus, dans des cadres multiples, y compris dans le domaine de de la santé, dans les communautés, les écoles, les lieux de travail et dans les familles. » La liste n’est pas exhaustive mais la famille y est déjà.
 

Des « intervenants qualifiés » pour prêcher les nouvelles normes nutritionnelles

 
Le Dietary Guidelines Advisory Committee (Comité de conseil pour les recommandations nutritionnelles) entend ainsi envoyer des « intervenants qualifiés » pour prêcher la parole obligatoire dans les établissements de santé, les collectivités et les lieux de travail. Un travail confié au « gouvernement », qu’il soit local, étatique ou fédéral, mais chacun se verra chargé de mission : il appartiendra aux écoles, aux employeurs, aux associations et aux industries alimentaires de « développer des solutions créatives et efficaces ».
 
Les recommandations prônent une batterie de mesures publiques au service de cette transformation du système alimentaire : des taxes sur les produits sucrés, les sodas, les biscuits salés et autres « grignotables » accusés de faire augmenter le tour de taille des Américains. Même chose pour la publicité et l’exposition aux écrans publicitaires : tout sera sévèrement réglementé. Ce qui relève de l’éducation du goût et de la vertu de sobriété est ainsi confisqué entre les mains du pouvoir.
 
Que ce soit un mauvais calcul ne les arrête pas : les autorités savent mieux que quiconque que la publicité « éducative » a souvent l’effet inverse de celui qu’elle recherche, rendant désirable ce qui est « interdit ». Mais quoi qu’il en soit de la santé publique et de la « planète », l’objectif de surveillance et d’emprise totalitaire sera atteint.
 

Bannir la viande pour faire du bien à la planète : le totalitarisme par l’alimentation

 
On n’échappe pas au discours obligatoire sur le réchauffement climatique : il faudra consommer moins de viande au nom du « développement durable », s’aligner sur le régime méditerranéen, voire choisir le « vegan » (végétarianisme extrémiste, sans produits d’origine animale) ou un compromis « lacto-ovo-végétarien » ou « pesco-végétarien » non tant pour la santé que pour éviter l’émission de gaz de serre, un objectif qui justifie déjà tant de mesures totalitaires.
 
Recommandations fluctuantes au demeurant : après avoir, depuis des décennies, banni les aliments riches en cholestérol, les voici réhabilités ; tout comme le café. La « science » qui gouverne les normes nutritionnelles n’est pas exacte, au point qu’aujourd’hui la recommandation de consommer des aliments dégraissés, écrémés et autrement altérés est rendue responsable d’au moins une part de l’explosion de l’obésité aux Etats-Unis. Quel crédit leur accorder, dès lors ?
 

Changer la culture des Américains : les Etats-Unis de la pensée unique

 
Mais ce n’est pas cela l’important. Ce qui se trame sous nos yeux, c’est une entreprise de changement de la culture sous la conduite des pouvoirs publics. Car rien ne soude une nation ou une culture comme les habitudes alimentaires : le rôti du dimanche, la sortie au steackhouse, tout un trésor de recettes familiales qui s’inscrivent dans les habitudes nationales et font que l’on se sent chez soi. Que cet art culinaire, ainsi que l’art de prendre les repas en famille, soient en voie de disparition dans bien des milieux justifierait plutôt que l’on fasse redécouvrir le plaisir de se restaurer ensemble et de manière équilibrée. Une affaire de famille, par excellence. C’est l’inverse que propose le rapport nutritionnel américain : en soumettant l’alimentation à des règles technocratiques, il déresponsabilise et déshumanise ce qui devrait faire la joie de la vie familiale et sociale. Ce qui préfigure le « banquet de noces » éternel auquel nous sommes conviés, où la bienveillance du Père prévoit de combler chacun de ses enfants.