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Le syndicaliste Richard Trumka (AFL-CIO) félicite Trump pour avoir dénoncé le TPP mais oublie que la menace est celle d’une dictature supranationale

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Cela fait enrager la gauche caviar, globaliste et oligarchique : les syndicats américains de salariés soutiennent le retrait décidé par Trump du Traité de partenariat transpacifique (TPP). Mais, pour rassurer les Démocrates, ils n’en viennent toutefois pas à défendre la souveraineté politique. Ils s’en limitent à prôner la protection de l’emploi aux Etats-Unis face aux délocalisations et au moins-disant social imposé par la globalisation et le libre-échange frénétiques. Ils omettent soigneusement de voir que derrière le libre-échange se dissimule la dictature supranationale. Voici ce qu’a déclaré, dans une contribution récente à USA Today, grand quotidien national américain, le président de la centrale syndicale AFL-CIO, Richard Trumka : « Le président Trump a combattu le TPP durant sa campagne et s’en est retiré formellement l’année dernière, réalisant enfin ce que le monde du travail avait entamé. Sa décision réalise la promesse capitale qu’il avait faite à ces millions d’Américains qui travaillent dur ». Mais silence sur la menace d’une gouvernance supranationale qui dépouillerait le peuple de tout contrôle.
 

Richard Trumka, de l’AFL-CIO, s’oppose au TPP avec Donald Trump, mais sans exclure un autre type de traité

 
A première vue, les voix qui dénoncent les abandons de souveraineté nationale pour un prétendu accord de libre-échange – en fait un système favorisant massivement des « émergents » qui ont émergé depuis longtemps mais fait « immerger » de nombreux pays développés et leurs classes laborieuses – paraissent avoir trouvé des alliés solides parmi les dirigeants de l’AFL-CIO. Or ces derniers entretiennent des liens politiques forts avec les Démocrates. C’est ce dernier point qui peut expliquer la raison pour laquelle Richard Trumka et sa centrale, tout en s’opposant au TPP tel qu’il est, n’excluent pas un autre type de traité, « bon pour les travailleurs » selon eux mais qui serait tout aussi malfaisant pour la souveraineté politique.
 
Richard Trumka se félicite en effet de ce que « le président Trump soit revenu sur son ballon d’essai (consistant à relancer les négociations sur le TPP, NDLR) mais conserve la possibilité de tenir sa vieille promesse de relancer une politique commerciale qui favoriserait l’économie ». Pour Trumka, cela nécessite « de réorienter nos accords commerciaux afin de promouvoir les travailleurs qui ont construit ce pays », en y incorporant « de solides protections pour notre marché du travail ». Or le patron de l’AFL-CIO propose de confier l’élaboration de ces « solides protections »… à un organe transnational créé dans le cadre du TPP ! Un gage donné à ses parrains démocrates et aux Républicains libéraux de Wall Street. Le risque démocratique consistant à noyer les Etats-Unis dans un super-état transnational ne paraît pas gêner M. Trumka, du moment que les traités incluent de « solides protections du marché du travail ». « Nous ne garantirons pas un marché global honnête et juste tant que nous n’assurerons pas à tous les travailleurs des salaires corrects, des postes de travail stables et une participation aux décisions » : Trumka s’en tient là.
 

Tout traité de libre-échange, comme le TPP, impose une gouvernance menaçant la souveraineté nationale

 
L’enjeu n’est pas seulement social. L’intégration économique globale pose un défi de souveraineté politique. Steve Byas dans thenewamerican.com notait lors de la signature de l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain) que ce dernier ne détruirait pas seulement des emplois aux Etats-Unis « mais qu’il mènerait (leur) intégration à un gouvernement et une économie communes avec le Canada et le Mexique, soit une perte massive de souveraineté nationale ». Sur le même site, John Wolverton, professeur de sciences politiques et avocat spécialisé en droit constitutionnel, écrivait en 2014 que « Le but ultime du Traité de partenariat transpacifique était la création d’un super-gouvernement régional ».
 
Ces accords (Alena, TPP, ou Ceta entre Canada et UE, projet Tafta entre les Etats-Unis et l’UE) sont toujours vendus pour faciliter le commerce mais sont en réalité bien plus que cela. Ils visent à régir les économies nationales avec des décisions prises par des bureaucrates non élus, plutôt que par les députés comme les constitutions nationales l’imposent. Ces accords de « libre »-échange préparent en fait une économie administrée par des organes supranationaux hors de tout contrôle populaire, achevant l’entreprise de dépossession des souverainetés démocratiques et d’instauration d’un totalitarisme matérialiste.
 

L’UE, grand-mère de tous les accords de libre-échange, devenue une dictature supranationale

 
L’exemple le plus aveuglant est celui de l’Union européenne, grand-mère de tous les accords de libre-échange. Née des accords sur le charbon et l’acier (CECA) entrés en vigueur en 1952, elle est devenue un demi-siècle plus tard un super-Etat à vocation totalitaire doté d’un parlement aussi pléthorique que croupion. Elle est dominée par les bureaucrates aux pouvoirs démesurés de la Commission européenne et, peut-être pire encore, de la Cour de justice de l’Union européenne. Il n’est pas surprenant au passage que cette même Union européenne, qui tente de tordre le bras aux gouvernements élus d’Europe de l’Est, ait célébré en grande pompe, le président de sa Commission Jean-Claude Juncker en tête, le 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx. Bien plus que ce que veut nous faire accroire l’AFL-CIO, l’enjeu du TPP n’est donc pas seulement social. Il est aussi, et d’abord, politique. Encore un effort, M. Trumka.
 

Matthieu Lenoir