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Trump impose des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, Lagarde, Juncker et Macron profèrent leur fureur contre son « nationalisme Â»

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Les Etats-Unis sont passĂ©s Ă  l’acte après un dĂ©lai de convenance : contre une concurrence dĂ©sĂ©quilibrĂ©e, en particulier sur les automobiles, ils ont imposĂ© des droits de douane de 25 % sur les produits d’acier et de 10 % sur ceux d’aluminium en provenance de l’Union europĂ©enne, du Canada et du Mexique avec mise en Ĺ“uvre dès ce jeudi. Ces taxes Ă  l’importation avaient Ă©tĂ© annoncĂ©es par Donald Trump et le secrĂ©taire au Commerce Wilbur Ross en mars mais avec un dĂ©lai de mise en Ĺ“uvre pour ces pays et quelques autres. L’annonce s’appuyait sur des analyses d’impact de ces importations. « Ces produits sidĂ©rurgiques sont importĂ©s dans de telles quantitĂ©s et Ă  de telles conditions qu’ils sont susceptibles de mettre en pĂ©rils la sĂ©curitĂ© nationale Â», estimait une commission d’enquĂŞte. Le Fonds monĂ©taire international de Christine Lagarde a vitupĂ©rĂ© contre cette mesure en brandissant la pauvretĂ© du Tiers-monde. Le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne Jean-Claude Juncker, comme le prĂ©sident français Macron, n’ont pas trouvĂ© de mots assez forts pour profĂ©rer leur fureur contre ce « nationalisme Â». Les pratiques chinoises de dumping et de vol de propriĂ©tĂ© intellectuelle les Ă©meuvent Ă  l’évidence beaucoup moins.
 

Trump impose des droits de douane sur l’acier et l’aluminium après l’échec d’un compromis avec l’Union européenne

 
La prĂ©sident Donald Trump avait annoncĂ© dès mars une imposition de droits de douane pour l’acier et l’aluminium, avec dĂ©lai pour permettre de nĂ©gocier « des mesures alternatives pour rĂ©soudre les questions concernant la sĂ©curitĂ© des Etats-Unis Â». Argentine, Australie, BrĂ©sil, Canada, Mexique, CorĂ©e du Sud et Union europĂ©enne ont acceptĂ© de nĂ©gocier. Ces nĂ©gociations bilatĂ©rales ont dĂ©bouchĂ© sur des compromis avec l’Argentine, l’Australie et le BrĂ©sil, avec exemptions Ă  finaliser. Le compromis avec l’Union europĂ©enne, lui, a Ă©chouĂ©.
 
Pour le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne, le globaliste Jean-Claude Juncker qui prĂ©fère Ă©videmment discuter avec les dirigeants extra-terrestres, cette mesure relève d’un « protectionnisme pur et simple Â», terme qui dans sa bouche est synonyme de blasphème mais en aucun cas de justice. « Il est totalement inacceptable qu’un pays impose des mesures unilatĂ©rales en matière de commerce mondial Â», a-t-il lancĂ©, menaçant les Etats-Unis de « mesures de rĂ©torsion Â».
 

La décision de Trump a plus ému Juncker que les marchés actions

 
La dĂ©cision de Trump a pourtant bien moins Ă©mu les marchĂ©s que Monsieur Juncker. Le Dow Jones Industrial, compartiment de la Bourse de New York directement concernĂ©, n’a cĂ©dĂ© que 1 %, le S&P 0,7 %. Pour mĂ©moire l’instabilitĂ© en Italie, avec le refus prĂ©sidentiel de la première proposition de gouvernement « populiste Â», avait Ă©tĂ© suivi d’une chute de 1,58 % du Dow Jones et de 1,16 % du S&P. La supposĂ©e calamitĂ© de la hausse des tarifs douaniers a donc eu moins d’impact sur les investisseurs que le coup d’Etat institutionnel du prĂ©sident italien Mattarella.
 
Sans surprise, l’organe central du parti globaliste, le Fonds monĂ©taire international, est accouru pour enjoindre aux Etats de rĂ©duire les barrières commerciales honnies, qualifiant la dĂ©cision Ă©tats-unienne de « dĂ©plorable Â». Son porte-parole Gerry Rice a jugĂ© que « tout le monde a Ă  perdre dans une guerre commerciale durable Â» et qu’il est « dĂ©plorable que les tensions commerciales surgissent Ă  un moment oĂą le retour de la croissance mondiale est prĂ©cisĂ©ment portĂ©e par le commerce Â» car « pour la première fois depuis longtemps, le commerce se dĂ©veloppe plus vite que le PIB mondial Â», permettant « Ă  des milliards de personnes de bĂ©nĂ©ficier de vies plus longues Â».
 

Christine Lagarde et Macron attaquent Trump

 
Dans le mĂŞme registre misĂ©rabiliste et tiers-mondiste, oubliant la noyade Ă©conomique et sociale de pans entiers des classes moyennes occidentales, Christine Lagarde, directrice gĂ©nĂ©rale du FMI, a tweetĂ© que « si le commerce est massivement perturbĂ©, si le niveau de confiance entre les acteurs Ă©conomiques est gravement altĂ©rĂ©, ceux qui vont souffrir le plus seront les peuples les plus pauvres Â». En Europe, la tĂ©lĂ©vision France 24, chaĂ®ne d’Etat Ă  destination de l’étranger, s’est faite la voix de Macron en dĂ©nonçant la dĂ©cision de Donald Trump (Canada et Europe sont premier et second exportateurs d’aluminium et d’acier vers les Etats-Unis) : « Alors que Bruxelles, Ottawa et le Mexique ont promis d’imposer des contre-mesures sur des millions de produits Ă©tats-uniens, la France a fait savoir qu’elle ne nĂ©gocierait pas tant que les droits de douane seront en application Â». France 24 affirme mĂŞme que « les marchĂ©s actions du monde entier ont plongĂ© Â», interprĂ©tation catastrophiste d’une baisse modeste.
 

Macron vitupère le nationalisme économique, invoque les années 1930 mais oublie le XIXe siècle

 
Le plus important pour France 24 est bien sĂ»r de rapporter que « le prĂ©sident français Emmanuel Macron a dit Ă  Trump (Macron a droit Ă  son prĂ©nom, pas Donald Trump, NDLR) que les tarifs douaniers Ă©taient illĂ©gaux et que l’Europe rĂ©pondrait de façon ferme et proportionnĂ©e Â». Pour Macron le cri du cĹ“ur est sorti devant des journalistes Ă  l’ElysĂ©e : « Je crois que la dĂ©cision rĂ©pond Ă  un dĂ©sĂ©quilibre international de la pire façon – par la rupture et le nationalisme Ă©conomique (…) Le nationalisme c’est la guerre. C’est exactement ce qui est arrivĂ© dans les annĂ©es 1930. Â» Nationalisme : le mot Ă©tait lâchĂ©, sommet de l’hĂ©rĂ©sie pour le prophète de l’euro-mondialisme, avec un raccourci ad hitlerum aussi faux qu’inĂ©vitable. Macron a l’histoire sĂ©lective en oubliant de dire que la grande dĂ©pression de la fin du XIXe siècle avait surgi au moment oĂą les droits de douane Ă©taient au plus bas. De la part du prĂ©sident d’un pays qui a perdu une large partie de sa sidĂ©rurgie, la quasi-totalitĂ© de son textile et dont Monsieur Macron a vendu les turbines Ă  General Electric et la dernière branche nationale ferroviaire – Alstom – Ă  Siemens, il Ă©tait difficile d’attendre mieux.
 

Matthieu Lenoir