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L’Union européenne appelle la Turquie à l’aide contre l’Etat islamique

Union europeenne Turquie aide contre Etat islamique
 
Bruxelles s’inquiète de l’impact grandissant de l’Etat islamique sur les esprits de certains de ses ressortissants, comme des dangers que courent les Européens qui se rendent dans les régions contrôlées par le nouveau califat. Pour pallier ce danger, l’Union européenne a décidé d’intéresser la Turquie à la question, et expédier, ces lundi et mardi, trois de ses représentants à Ankara. Il s’agit de Federica Mogherini, nouvelle Haute Représentante de l’Union pour la politique étrangère et la sécurité commune, Johannes Hahn, commissaire à l’Elargissement, et Christos Stylianides, commissaire à l’Aide humanitaire.
« Cette visite est un signal fort de l’importance stratégique de la relation entre l’Union européenne et la Turquie et de notre désir d’intensifier notre engagement », a souligné Federica Mogherini à la veille de son arrivée à Ankara.
 
Autrement dit, Bruxelles serait prête à passer outre les différends qui l’ont opposé – et l’opposent encore ! – à la Turquie, et notamment la question de l’adhésion de cette dernière à l’Union, ou de la division de Chypre, pour favoriser quelques intérêts stratégiques dont elle espère qu’ils soient communs. Et notamment la question de l’Etat islamique qui devait être au sommaire des entretiens avec le président Recep Tayyip Erdogan et le premier ministre Ahmet Davutoglu. Il y a une logique géographique à cela. Avec ses 1.200 kilomètres de frontières communes tant avec la Syrie que l’Irak, la Turquie a servi de point de passage obligé à tous ces jeunes Européens qui sont partis rejoindre les islamistes dans leur combat.
 

La Turquie d’accord pour lutter contre l’Etat islamique, mais…

 
On peut se demander pourquoi Bruxelles organise un tel déplacement alors que tout le monde semble d’accord ? Car le gouvernement turc n’a manifestement pas d’objection à aider l’Union européenne en ce qui concerne l’Etat islamique – d’autant que la Turquie ne sait plus trop où donner de la tête en ce qui concerne les réfugiés syriens et irakiens. Leur ministre des Affaires européennes, Volkan Bozkir, l’avait même clairement dit lors d’une visite en France, le 28 octobre dernier, à l’occasion d’une audition devant les députés français. Il avait précisé alors qu’il serait nécessaire d’« utiliser des forces non conventionnelles contre ces armées non conventionnelles ».
 
Alors ? Alors, c’est bien simple. Les Turcs désireraient, en échange, que l’on remette la question de leur adhésion à l’Union européenne sur le tapis. Car, certes, Bruxelles est prête à en discuter, mais Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission européenne, a assuré les Européens qu’il n’y aurait pas de nouvel élargissement avant cinq ans. Serait-ce la quadrature du cercle ?
 

L’aide de l’Union européenne à la Turquie

 
Eh bien non, car il faudra bien cinq longues années pour boucler le dossier des difficultés d’une adhésion turque. Mais, nonobstant ce délai, il n’y aura pas de problème. Le chef de la diplomatie de Bruxelles l’a clairement dit : « Le processus de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne sera notre priorité. »
 
Et Federica Mogherini a manifestement servi cet argument de façon définitive à propos de tous les sujets qui pouvaient faire obstacle à Ankara : la Russie, un projet de gazoduc pour remplacer South Stream lâché par les Russes, etc.
 
En attendant – puisqu’il faut attendre… – et pour montrer sa bonne volonté, les représentants de l’Union européenne ont promis un accroissement de l’aide de Bruxelles à la Turquie dans le cadre de l’afflux de réfugiés.
 
Et tant pis pour ceux des vingt-huit Etats-membres qui font la grimace lorsque l’on parle d’Ankara. A commencer, bien sûr, par Chypre…