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Le Venezuela du président socialiste Nicolas Maduro, soutenu par la Russie, entre manifestations et répressions

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Manifestation des opposants au président socialiste Nicolas Maduro à Caracas le 6 avril 2017.


 
La spirale de la violence ne semble pas vouloir s’arrêter au Venezuela où un véhicule blindé des forces de l’ordre a été filmé mercredi alors qu’il fonçait volontairement sur des manifestants, causant trois blessés, dont un très grave. Après deux mois de protestations de l’opposition, le bilan est d’au moins 37 morts et de plusieurs centaines de blessés. Réagissant aux nombreuses manifestations de rue en faveur d’élections présidentielles anticipées, Nicolas Maduro accuse l’opposition de tentative de coup d’État et convoque une assemblée constituante – composée d’ouvriers, de paysans, d’indigènes, de femmes, d’étudiants et de jeunes – pour réécrire la constitution et la soumettre à référendum. Nicolas Maduro parviendra-t-il à court-circuiter ainsi complètement l’Assemblée nationale aux mains de l’opposition, après que la Cour suprême vénézuélienne, dont une majorité de juges ont été nommés en décembre 2015 par l’Assemblée nationale encore dominée par le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), s’était arrogé fin mars une partie des prérogatives législatives ? La faillite économique de ce « socialisme du XXIe siècle » mis en place par Hugo Chávez et soutenu par Cuba et la Russie, le déni de démocratie depuis la victoire écrasante de l’opposition réunie au sein de la Table de l’unité démocratique (MUD) en décembre 2015 et l’amplification des répressions contre les manifestants descendant dans la rue pourraient bien augurer pour le président Nicolas Maduro une fin comme en ont connu certains dictateurs appartenant à la même obédience marxiste que lui, pour ne citer que le Roumain Nicolae Ceaucescu.
 

Les médias internationaux de la Russie critiquent les manifestations de l’opposition et soutiennent les répressions de Maduro

 
Les médias internationaux appartenant à l’Etat russe s’obstinent malgré tout, comme ils l’auraient fait à l’époque soviétique, à soutenir ce gouvernement socialiste « progressiste ». Après avoir accusé les Etats-Unis d’être derrière une guerre non-conventionnelle au Venezuela, RT (Russia Today) critique l’opposition accusée de mener un « coup d’Etat parlementaire » et vante la proposition faite par la « Révolution bolivarienne » de convoquer une Assemblée nationale constituante, ce qui mettrait l’opposition face à un dilemme : incendier le pays ou participer à cette constituante ? Quant au site anglophone de Sputnik, il fait appel, pour mettre en cause les Etats-Unis et défendre Nicolas Maduro, au journaliste canadien « progressiste » Arnold August, auteur d’ouvrages vantant la démocratie cubaine actuelle, récompensé de la plus haute distinction octroyée par l’Union des journalistes de Cuba (Upec), une organisation affiliée au parti communiste cubain.
 

Proposition de médiation au Venezuela du pape François soutenue par 8 pays d’Amérique latine

 
Face à une situation de plus en plus inextricable et dangereuse pour le Venezuela, le pape François propose que l’Eglise catholique reprenne la médiation qu’elle avait menée en 2016 entre le gouvernement de Maduro et l’opposition majoritaire au parlement, et il est soutenu dans cette initiative par 8 pays d’Amérique latine : Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Pérou, Paraguay et Uruguay. Ceux-ci exigent toutefois au préalable « l’arrêt des actes de violence, le plein respect de l’état de droit, la libération des prisonniers politiques, le plein rétablissement des prérogatives de l’Assemblée nationale et l’établissement d’un calendrier électoral ».
 

Olivier Bault