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Les vœux de François Hollande au gouvernement

Voeux Hollande gouvernement

François Hollande a appelé lundi à “dépasser les clivages habituels”.


 
Après s’être adressé aux Français, et leur avoir fait un certain nombre de promesses, François Hollande a présenté lundi ses vœux au gouvernement, sans autre horizon précis que de vouloir dépasser l’opposition d’une partie de la gauche – c’est-à-dire l’opposition de la majorité – pour inscrire l’extension de la déchéance de nationalité dans la Constitution.
 
Le clivage de la situation actuelle du président de la République peut paraître inédit. François Hollande se voit contraint de résoudre la délicate question de la déchéance de nationalité dans une atmosphère pour le moins délétère. Après en avoir imposé le principe au gouvernement, qui semblait, pour sa part, et notamment sous l’influence de Christiane Taubira, y avoir renoncé, le voilà obligé, pour le faire accepter par le Parlement d’accepter le soutien de l’opposition de droite, et l’opposition de la majorité de gauche. Grosso modo, évidemment…
 

François Hollande demande au gouvernement de dégager une majorité pour la déchéance de nationalité

 
De fait, les opposants au sein de la majorité affirment son inutilité face au terrorisme ; ses défenseurs aussi, à l’image de Manuel Valls, qui défend cependant son caractère symbolique.
 
« Le gouvernement devra (…) chercher les majorités indispensables, en conformité avec nos principes essentiels et dans le seul but d’assurer la sécurité des Français, en évitant les surenchères et en dépassant les clivages », a déclaré le chef de l’Etat à son gouvernement.
 
Chercher une majorité en dépassant les clivages, en l’état actuel, cela revient à dépasser la distinction droite – gauche, réduite, dans la nouvelle réflexion présidentielle, à n’être qu’un empêchement démocratique.
 
Ce que confirme la suite de son propos : « Quand l’essentiel est en jeu, le pays doit se retrouver et ses représentants ne doivent pas se désunir. (…) Nous devons refuser tout ce qui divise les Français en raison de leur origine, de leur religion ou du lieu où ils vivent. » En raison de leur appartenance politique, a-t-il dû ajouter in petto.
 

Des vœux peu enthousiasmants

 
Le projet de loi constitutionnelle qui, dans sa formulation actuelle, étend la déchéance aux binationaux nés Français et condamnés « pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation », mais dont la formulation pourrait évoluer, doit être débattu début février à l’Assemblée nationale et début mars au Sénat – ce qui laisse en définitive peu de temps au président pour convaincre la totalité réticente de sa majorité à évoluer.
 
La position du président de la République ayant été rappelée, « s’engage un débat dans lequel on va regarder et les propositions et ce qui peut être mis sur la table », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, à la sortie des vœux.
 
Un débat dont les petites touches et les reculades semblent manifester qu’il ne sera pas réglé dans les semaines à venir…
 

François le Luc