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Xi Jinping veut voir développée la philosophie économique marxiste selon l’expérience de la Chine

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Le président chinois Xi Jinping a appelé de ses vœux de nouvelles avancées de la philosophie économique marxiste qui prendraient en compte la pratique et les expériences de la Chine actuelle. Le développement économique chinois, a-t-il affirmé, doit faire naître de nouvelles théories économiques appuyées sur la théorie et la méthodologie fondamentales de l’économie politique de Karl Marx. Voilà qui réaffirme une nouvelle fois le lien profond entre la politique de la Chine communiste et l’idéologie communiste.
 
Le président chinois a lancé cet appel lors d’une session d’études du Bureau politique du comité central du Parti communiste chinois – qui est en même temps l’organe du pouvoir en Chine – qui s’est tenue lundi sous sa présidence.
 
Xi Jinping a déclaré que face aux complexités des problèmes économiques en Chine et dans le monde, l’étude de la politique économique marxiste pouvait contribuer à réaliser l’analyse économique de manière scientifique, mais aussi d’améliorer la gestion d’une économie de marché socialiste, et mieux répondre aux problèmes du développement économique.
 

Xi Jinping affirme l’attachement de la Chine à la philosophie économique marxiste

 
Il s’agit bien d’un retour aux sources, jamais reniées : les idées force du marxisme doivent être comprises et mises en œuvre pour guider la politique de la Chine, en somme.
 
Ce qu’il y a de vraiment intéressant, c’est que Xi Jinping prône l’interprétation et la théorisation de l’expérience chinoise pour montrer comment la théorie de la politique économique de Marx a été « enrichie » par le biais de nouvelles pratiques, de réformes, et d’« ouverture » : cela a permis de reconnaître le rôle « décisif » du marché dans l’allocation des ressources, le dégagement de la théorie du « new normal » (la « nouvelle normalité » chinoise) et son développement.
 
La « nouvelle normalité », c’est une manière de désigner un processus de ralentissement de l’inflation, de la croissance, de la consommation, de l’activité industrielle. Voilà une manière pour le président de la Chine de présenter cela comme un acquis, voire un atout – bravo l’artiste !
 

La « nouvelle normalité » chinoise revue à la lumière de l’idéologie communiste

 
« Ce nouveau concept du développement doit être utilisé pour guider et promouvoir le développement économique de notre pays, débrouiller des problèmes complexes et créer un nouvelle dimension du développement économique », a déclaré Xi.
 
Tout cela ne veut pas dire grand-chose, concrètement, mais on comprend l’idée sous-jacente : montrer que le PC est aux commandes et que son idéologie reste valable dans la situation actuelle.
 
D’ailleurs, la politique économique marxiste a réponse à tout : la théorie qui consiste à « mettre l’homme au centre » doit être mise en œuvre à travers le développement du travail, le choix des politiques d’action et la promotion du développement économique, a-t-il dit. L’homme au centre de l’économie ? L’histoire du communisme montre à quel point cela est un mensonge, venant d’un marxiste bon teint…
 
Mais on comprend bien que la praxis marxiste est à l’œuvre à travers l’idée de « l’économie de marché socialiste » qui n’est en rien une contradiction dans les termes – il s’agit juste de savoir qui en tire profit.
 

L’expérience de la Chine de l’« économie de marché socialiste » doit « enrichir » le marxisme

 
Xi Jinping a d’ailleurs confirmé que « le statut de pilier de la propriété publique et le rôle directeur d’une économie appartenant à l’Etat ne doivent pas vaciller » : c’est, dit-il, la condition pour que les personnes issues de tous les groupes ethniques puissent partager les fruits du développement, et pour garantir le statut dirigeant du parti communiste ainsi que l’adhésion au système socialiste.
 
La richesse doit ainsi être majoritairement socialisée et redistribuée sous l’égide du Parti : voilà ce que cela veut dire.
 
« Réforme » et « ouverture » : ce sont les déclinaisons actuelles du communisme chinois qui prend une place de plus en plus importante dans les organismes de commerce et de finance internationaux et dans les réseaux régionaux, alors que la Chine multiplie ses relations avec la Russie, le reste de l’Asie et – indirectement pour l’instant – dans la zone couverte par le Traité transpacifique à travers ses relations privilégiées avec nombre de pays impliqués dans cet accord. Des deux côtés du Pacifique, on prône d’ailleurs l’entrée de la Chine dans ce pacte de libre-échange. Le socialisme et le communisme rejoignant ainsi l’ultralibéralisme à la fois par la base et par le haut.
 

Anne Dolhein