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Chômage, renvoi de l’argent au pays d’origine par les migrants : le bénéfice économique de la vague migratoire déçoit l’Allemagne

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Le gouvernement fédéral allemand mené par Angela Merkel et inspiré par le grand patronat de la BDI (Bundverband der Deutscher Industrie) affirmait compter sur l’afflux massif d’immigrés depuis la mi-2015 pour doper l’économie. Avec le recul, les experts sont sceptiques sur le pari osé de la chancelière. Si l’Allemagne a dépensé 21,7 milliards d’euros pour loger et entretenir les « réfugiés » et demandeurs d’asile en 2016, les économistes sont divisés sur le bénéfice économique net de cette vague migratoire, alors que les nouveau-venus commencent déjà à rapatrier massivement dans leurs pays d’origine l’argent qui leur est alloué en Allemagne.
 

38 % des économistes doutent d’un bénéfice dans la décennie à venir

 
En juillet, la Chicago Booth Review éditée par l’école de commerce Chicago Booth School of Business a publié le résultat d’entretiens avec un panel d’économistes européens, interrogés sur le bénéfice éventuel de l’arrivée de plus d’un million de migrants, généralement illégaux, pour l’économie allemande sur la décennie à venir. Résultat : 38 % des experts se sont dits dubitatifs et seulement 28 % ont conclu à un impact positif en termes de bénéfices économiques nets. Ces derniers, aussi optimistes que politiquement corrects, estiment que les nouveaux immigrés constituent une population assez compétente et jeune, qui compensera la population allemande vieillissante et dynamisera l’économie en satisfaisant les offres d’emplois et en augmentant les dépenses de consommation. D’autres estiment que les bénéfices ne se manifesteront pas avant la fin de la décennie, sans tenir aucun compte de la vague de robotisation qui détruira en particulier les emplois peu qualifiés. D’autres encore s’inquiètent de la difficulté à intégrer les immigrés et des menaces d’instabilité sociale qu’engendre leur arrivée. Dans les ministères fédéraux, on s’inquiète aussi des difficultés d’intégration.
 

Le chômage des migrants pèse sur Allemagne

 
Dans le Financial Times, en juillet, le Commissaire allemand à l’intégration des réfugiés, Ayadan Ozoguz, estimait que seulement le quart ou le tiers des arrivants intégreraient le marché du travail dans les cinq ans et que « pour la plupart des autres, il faudra jusqu’à une dizaine d’années ». Entre-temps, le contribuable allemand sera sollicité pour payer les formations, renforcer les services de sécurité face à la délinquance que cette situation ne manquera (et ne manque déjà pas) d’entraîner, et payer l’assistance sociale, alimentaire et d’hébergement.
 
Côté consommation, la vague d’immigrés a déjà eu un impact… Mais pas tout à fait celui attendu par les chiromanciens de l’immigrationnisme doctrinaire.
 
L’agence Bloomberg a ainsi rapporté en juillet que la consommation de viande de porc avait régressé à un plus bas de onze ans, conséquence à la fois de la contrainte religieuse mahométane sur les nouveaux immigrés et des modes végétariennes sur les Allemands de souche.
 

Des immigrés financés par l’argent de la dépense publique… en fait de bénéfices économique, 4,2 milliards d’euros renvoyés dans les pays d’origine

 
Plus globalement, l’impact migratoire sur l’économie a permis ponctuellement d’améliorer la croissance, mais par une hausse des dépenses publiques : l’Allemagne prévoit d’augmenter de 0,5 points de PIB ses dépenses annuelles en 2016 et 2017 afin de répondre aux besoins de survie des nouveaux immigrés et de les intégrer au marché du travail. Or il apparaît que ces derniers réinjectent beaucoup moins d’argent que prévu dans l’économie allemande. Dans son édition du 27 août, l’hebdomadaire économique Wirtschaftwoche, qui par ailleurs tartine à longueur de colonnes sur le manque de bras à venir en Allemagne, publiait des chiffres de la Deutsche Bundesbank, la banque centrale allemande qui indiquait qu’en 2016 les immigrés avaient renvoyé dans leurs pays d’origine un montant de fonds record : 4,2 milliards d’euros, soit 1/5e de la dépense publique destinée aux migrants. Sur cette somme, seulement 67 millions d’euros sont partis vers la Syrie, ce qui indique clairement que les vrais réfugiés syriens sont très minoritaires. En 2016, ce flux financier global, pour partie issu des dépenses publiques et donc des contribuables allemands, a dépassés de près de 700 millions d’euros la somme total envoyée l’année précédente.
 

Matthieu Lenoir