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Pour Breitbart, accuser Trump de collusion avec le Kremlin a tout d’une campagne de désinformation russe

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Pour Joel B. Pollak, journaliste à Breitbart, les accusations qui se multiplient contre Donald Trump à propos d’une supposée collusion avec le Kremlin au cours de sa campagne présidentielle en 2016 – collusion qu’il tâcherait par tous les moyens d’occulter – ressemble aux manœuvres de désinformation russes classiques, de la grande époque soviétique. Pourquoi la Russie s’y livrerait-elle ? La réponse est simple, selon Breitbart : il s’agirait de faire tomber le seul président depuis la Guerre froide qui ait voulu affronter la Russie de manière significative.
 
A gauche, signale le commentateur, c’est un « article de foi » que de dire que la Russie était favorable à Trump dont l’attitude – comme l’aurait espéré Vladimir Poutine – serait plus flexible à l’égard de Moscou, et ce d’autant que le candidat avait explicitement annoncé vouloir aller vers des relations meilleures entre les Etats-Unis et la Russie. Mais Hillary Clinton avait déjà donné des gages concrets en ce sens, rappelle Pollak : en tant que secrétaire d’État, elle a concédé à la Russie tout ce que celle-ci voulait, depuis l’arrêt du programme de défense balistique américain sur les marches de l’Europe de l’Est jusqu’à la vente de 20 % des réserves d’uranium des Etats-Unis à une société proche de l’Etat russe.
 

Breitbart voit dans les attaques contre Trump une tentative de déstabilisation des Etats-Unis

 
« Il est beaucoup plus plausible de suggérer que la Russie cherche simplement à perturber la politique aux Etats-Unis autant qu’elle peut le faire, et qu’elle en ferait autant quel que soit le candidat qui aurait remporté l’élection » – et ce même si Trump pouvait avoir eu la préférence de Poutine, estime ce média dont il faut rappeler qu’il a lui-même fortement soutenu la candidature de l’actuel président des Etats-Unis.
 
Pour faire ce travail de « disruption », la Russie peut compter sur les médias de gauche qui ont une longue histoire de soutien à la Russie pendant sa période soviétique et plus tard, mais qui sont prêts à l’oublier – tout en servant malgré eux l’ennemi d’aujourd’hui !
 
Selon Holman Jenkins, du Wall Street Journal, les accusations sont d’autant plus faciles à faire circuler que dans un système bipartite comme celui des Etats-Unis on est volontiers prêt à croire le pire sur son adversaire, pour le plus grand bonheur des théoriciens du complot. Les Démocrates sont quant à eux parfaitement armés pour rendre vraisemblables les hypothèses les plus marginales en les faisant circuler dans la grande presse qui leur est largement acquise.
 

La collusion de la campagne Trump avec le Kremlin est loin d’être démontrée

 
Ce même journaliste voit dans le manque de poids des preuves avancées contre Trump l’indice d’une volonté russe de gêner le nouveau président. Le « dossier » qui a permis de déclencher la suspicion l’an dernier ne contenait pas grand-chose « et a bien pu être mis en circulation par des sources russes » pour éveiller lesdits soupçons. « Ajoutez la révélation récente selon laquelle le directeur du FBI, James Comey, soupçonnait un courriel clef – supposément piraté par les Russes, et qui laissait penser que l’Attorney General Loretta Lynch faisait partie d’un complot visant à empêcher toute enquête du FBI à propos de Clinton – était un faux, et voici qu’un motif reconnaissable semble émerger », écrit Pollok.
 
Aujourd’hui aux Etats-Unis, on s’interroge sur le sérieux des « fuites » du renseignement tentant d’établir un lien entre Trump et Poutine : généralement mal sourcées, elles ont en commun d’avoir pu être fabriquées. A tel point que le sénateur Lindsey Graham, lui-même critique de la politique de Trump à l’égard de la Russie, a imaginé qu’un message intercepté de l’ambassadeur de Russie à son ministère, annonçant que Jared Kushner voulait mettre en place un canal de communication secret, avait bien pu être fabriqué et mis au jour dans le seul but de le faire intercepter, justement, par les Etats-Unis.
 

Un classique de la désinformation russe

 
De l’influence réelle ou supposée de la Russie sur Trump il n’y a aucune preuve certaine et concrète. Breitbart observe qu’on est dans le domaine de l’hystérie. Mais grâce au rôle joué par la presse acquise aux Démocrates, « Il se pourrait bien qu’il s’agisse là de la campagne de désinformation russe la plus puissante de tous les temps, une campagne qui n’est pas loin de parvenir à mettre la république américaine à genoux ».
 

Anne Dolhein