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Brigitte Macron a reçu Angelina Jolie à l’Elysée : la nouvelle démocratie en marche et en majesté

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Emmanuel Macron en marche vers la starification avait reçu à l’Elysée la vedette pop barbadienne Rihanna. L’actrice et réalisatrice Angelina Jolie a demandé, elle, à voir son épouse Brigitte. La nouvelle démocratie a besoin de premières dames en majesté.
 
Ni l’une ni l’autre n’est élue, ni l’une ni l’autre n’est dans son domaine de compétence : Brigitte Macron n’a d’autre place ni qualification, à l’Elysée, que d’être l’épouse du président Emmanuel Macron, et Angelina Jolie ne doit qu’à sa popularité de jolie femme photogénique le titre d’ambassadeur de bonne volonté de l’ONU qu’elle promène à travers le monde. C’est d’ailleurs pour une séance de photo chez Guerlain qu’elle est venue à Paris, même si elle a pensé à faire un détour par l’Elysée. Cependant leur rencontre dans le premier palais de la république n’en attire pas moins l’attention de la presse que la visite d’un chef d’Etat.
 

Le drap d’or d’Angelina Jolie et Brigitte Macron à l’Elysée

 
Il ne faut pas se tromper, prendre les choses à la légère, trop habitués que nous sommes à en voir le côté ridicule : l’entretien à l’Elysée de Brigitte Macron et Angelina Jolie, sans avoir l’importance du camp du drap d’or, est une véritable rencontre diplomatique, elle compte dans l’économie de la nouvelle démocratie. Nous n’avons pas voté pour cela, mais elle contribue à régler, à son niveau bien sûr, le sort du monde. Reçu à l’Elysée, le chanteur irlandais d’U2 Bono (c’était la quatrième fois pour lui depuis 2002) avait abordé la « crise des réfugiés » avec Emmanuel Macron et semblait fort satisfait à la sortie, jugeant le président « ouvert » et porteur de « manières innovantes de résoudre les problèmes qui pèsent sur les plus pauvres ».
 

Nouvelle démocratie et despotes éclairés de l’ONU

 
Angelina Jolie est ambassadeur de bonne volonté de l’ONU, Bono est patron deOne, une association qui s’est donné pour objet social le combat contre la pauvreté et le sida, et scolarise les filles en Afrique ; Rihanna, qu’Emmanuel Macron va retrouver incessamment à Dakar, est ambassadeur du partenariat mondial pour l’éducation. Il se forme autour de l’ONU une nébuleuse d’associations qui ont remplacé les œuvres de bienfaisance et qui utilisent les stars du showbiz, les vedettes du divertissement, pour une nouvelle diplomatie, au profit du nouveau pouvoir, dans le cadre de la nouvelle démocratie en cours d’installation, dont la caractéristique principale est de se passer du peuple, car aucun de ces sages, aucun de ces bienfaisants, aucun de ces philanthropes n’a été élu. Le peuple n’a pas voix au chapitre, mais les minorités désignées comme défavorisées sont l’objet des attentions de ces despotes éclairés, et la source de leur pouvoir.
 

Premières dames en majesté : Macron et l’expérience Rihanna

 
Quant à la rencontre entre Angelina Jolie et Brigitte Macron, les journaux français soulignent qu’elle a eu lieu à la demande de la star américaine, ce qui prouve la courtoisie de celle-ci. La première dame du cinéma américain et la première dame d’Emmanuel Macron auront parlé en anglais, bien qu’Angelina Jolie, de mère française, parle le français, qu’elle considère « un peu comme (sa) langue maternelle ». Cela me semble inconstitutionnel, car Brigitte Macron, dans ses actes publics, prétend représenter la France, et que la langue de la république est le français. On paie des interprètes, moins que les maquilleuses, mais cher tout de même  : qu’au moins ils servent à quelque chose.
 
Ces dames ont causé une heure, non de la pluie et du beau temps, mais de la guerre en Syrie et des réfugiés (Angelina Jolie était dimanche au camp de Zaatari, en Jordanie, d’où elle a exhorté les membres du conseil de sécurité de l’ONU de trouver une solution rapide au conflit qui « entre dans sa huitième année »), de l’éducation, et des violences faites aux femmes. Brigitte Macron portait un blazer mastic, une chemise bleu ciel et un pantalon slim noir, Angelina une robe crème très comme il faut et une cape grise : on avait jasé de la tenue sexy de Rihanna. Brigitte et Angelina ont posé ensemble en majesté. L’une avait manifestement plus de métier que l’autre, préciser laquelle serait une cruauté inutile.
 

Angelina Jolie en marche depuis Tomb Raider

 
Si l’on veut regarder d’un peu plus près comment fonctionne la nouvelle démocratie, les images et les messages dont elle inonde le monde pour asseoir son pouvoir, on peut se payer un petit zoom sur Angelina Jolie. Son vrai succès au cinéma commence avec l’interprétation de Lara Croft dans Tomb Raider, qui est une adaptation d’un jeu vidéo, et la particularité du rôle est qu’elle a dû calquer son jeu, son accent, sur un personnage de jeu vidéo. Aujourd’hui, elle est l’une des actrices les mieux rémunérées du monde (15 millions de dollars en moyenne par film). Des magazines très vendus l’ont considérée comme la plus belle femme du monde et la chaîne de télévision britannique Channel 4 l’a nommée plus grand sex-symbol de tous les temps, ce qui n’est pas bien gentil pour la belle Hélène.
 

Angelina Jolie valide les critères de la nouvelle démocratie

 
Angelina Jolie aurait découvert la misère du monde en tournant Tomb Raider au Cambodge, telle serait la matrice de son engagement humanitaire. Mais elle a validé depuis les autres caractères positifs de la nouvelle démocratie. Elle se revendique bisexuelle. Elle a eu trois maris et en a divorcé, c’est son côté paléo-hollywoodien, mais ses enfants, eux, sont furieusement tendance. Il y en a trois adoptés, et trois conçus de l’acteur Brad Pitt, qu’elle a épousée dans leur château de Miraval dans le Var. Maddox Chivan est cambodgien, Pax Thien vietnamien, Zahara éthiopienne. Quant aux « biologiques », les deux jumeaux, Knox Léon et Vivienne Marcheline, nés à Nice, ont un passeport français, et Shiloh Nouvel, né en Namibie, un passeport Namibien. Tous parlent le français et l’anglais. On ne saurait faire plus multiracial, multilingue et multinational. Ni plus people, friqué et philanthrope : les droits aux premières images de Knox et Vivienne ont été vendus à People et Hello ! pour 14 millions de dollars et versés à la Fondation Jolie-Pitt. La relation d’Angelina Jolie à la religion, elle aussi, est un sans-faute. Comme on lui demandait en 2000 si Dieu existe (ainsi sont les people), elle a répondu : « Pour les croyants, je l’espère. Pour ma part, je n’ai pas besoin de Dieu ». A toutes fins utiles, elle enseigne le bouddhisme à Maddox, car cela fait « partie intégrante de sa culture ».
 

La nouvelle démocratie en marche vers la démographie zéro 

 
Tout cela est bien édifiant : voilà donc quelles sont les voies « innovantes » de la nouvelle diplomatie, et l’on doit reconnaître qu’elles sont moins rébarbative que les vieux Norpois du quai d’Orsay, les tractations qui assuraient l’équilibre des puissances sous la troisième république. Mais pendant que les dames règlent ainsi l’avenir du monde au salon de l’Elysée, elles perdent toute autonomie lorsqu’il s’agit d’assurer l’avenir de l’humanité en enfantant. Une enquête des décodeurs du Monde montre une évolution inquiétante de la médicalisation des accouchements en France. Sous couleur de rendre la mise au monde des enfants plus sûre, ce sont les médecins, et les administrateurs de cliniques, qui décident du moment et de la façon dont les femmes doivent accoucher. Huit accouchements sur dix ont lieu sous péridurales, trois avec épisiotomie, deux avec césarienne. Ces proportions ont énormément augmenté en trente ans et ne tiennent pas compte des désirs des futures mères : outre le souci de sécurité, l’organisation du service entre pour beaucoup dans la décision souveraine des médecins, et les cliniques privées sont les plus contraignantes (51 % de césariennes à l’hôpital américain de Neuilly selon le Monde). A noter : l’une des raisons invoquées par les praticiens pour surmédicaliser l’accouchement et retirer leur liberté de choix aux parturientes est… le manque de sages-femmes. Alors que les professions se féminisent à qui mieux mieux et que la diplomatie parallèle fait un emploi massif de premières dames, la natalité française manque de bras féminins. La nouvelle démocratie engendre une nouvelle démographie catastrophique.
 

Pauline Mille