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Le changement climatique rend le socialisme inévitable

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« Le changement climatique rend le socialisme inévitable », tel est le titre d’une chronique publiée par l’un des principaux éditorialistes d’un « hebdomadaire alternatif » de Seattle, The Stranger. Le fait qu’il s’agisse d’une publication de gauche qui se veut très différente des gros médias n’enlève rien au sérieux de l’avertissement ni, finalement, à l’intérêt de cet exposé candide des objectifs réels des alarmistes du climat. The Stranger est un journal bien en cour, récompensé notamment d’un Pulitzer Prize en 2012, créé il y a plusieurs décennies par le fondateur du célèbre journal satirique The Onion, et s’honorant de la collaboration de journalistes bien connus dans l’ensemble des États-Unis. En l’occurrence, c’est Charles Mudede qui tient la plume.
 
Son idée ? L’ouragan Harvey a démontré que « le marché » ne peut pas faire face à cette catastrophe climatique, et encore moins à toutes celles qui restent à venir. « Les sociétés d’assurances privées voient clairement que tout est écrit. Les tempêtes ont augmenté en fréquence et en force ces dernières années en diminuant leurs revenus précoces. Cet été, ils ont obtenu du gouverneur du Texas, Greg Abbott, une loi qui élimine les sanctions en cas d’atermoiements de leur part ou d’absence de réponse aux demandes d’indemnisation. Une loi qui entre en vigueur le 1er septembre. (…) Si vous possédez une maison dont la toiture a été détruite par les vents de Harvey, et que vous êtes assurés par JP Morgan ou State Farm ou Allstate ou Farmers Insurance, alors il va falloir déposer votre demande d’indemnisation avant vendredi pour ne pas risquer de ne pas voir rembourser les dommages », souligne Mudede. En cas de paiement tardif, les assureurs ne se verront pas appliquer de pénalités sous forme d’intérêts.
 

Harvey = changement climatique = socialisme

 
C’est peut-être une critique légitime des pratiques déloyales des assureurs – même si ceux-ci ont fait aussi voter la loi à fin de réduire le nombre de demandes de remboursement fantaisistes ou frauduleuses.
 
La conclusion qu’en tire le journaliste est sur un autre plan et s’appuie sur un glissement indu. « Ce à quoi aboutit tout cela, c’est au fait brut que l’assurance privée (le marché libre) ne peut opérer de manière normale (en accumulant du capital) dans des régions qui sont en train d’être rapidement et violemment transformées par le réchauffement global. Et le gouvernement, qui fournit une assurance inondation, sera le seul recours des citoyens vivant dans des régions sujettes au climat (sic). De fait, si votre maison a été détruite par les eaux de Harvey (assurance du gouvernement) et non par ses vents (assurance privée), c’est votre jour de chance. Vous n’allez pas devoir déposer votre demande dans un état de panique. »
 
Et de reprocher à Donald Trump son discours aux Texans victime de Harvey : « Son discours ne pouvait pas dire la vérité. Il ne pouvait pas dire aux Texans que Harvey et le changement climatique vont changer toute la ville et toute la région. Il n’est pas question de revenir dans la maison du passé. Il n’y a que l’avenir : une ville qui se glorifie d’avoir peu de règles en aura de plus en plus, la localisation et la construction des maisons et des infrastructures seront planifiées, et les politiques du gouvernement en matière d’inondation et de climats vont être réorganisées. Pour faire court, à l’ère du réchauffement global, le socialisme ne va plus faire son entrée par la petite porte (des polices d’assurance pour le risque inondation approuvées par la National Association of Home Builders) mais par la grande porte (…). L’annulation par Trump des règles imposées par Obama en matière de risque inondation ne pourra être que temporaire. »
 

Le socialisme est inévitable à cause des catastrophes du changement climatique

 
Mudede annonce le retour d’un socialisme des années de la Grande dépression pour répondre à la « misère » et au « désenchantement » liés au climat. Comme après la Seconde guerre mondiale, il y aura un contrôle serré de l’économie de marché, de plus longue durée que le socialisme d’après-guerre, annonce-t-il, confisqué en quelque sorte par les capitalistes et les rentiers qui « règnent depuis les années 1980 ».
 
« Le changement climatique constitue la limite que le capitalisme ne peut pas transformer en barrières. Il n’y a aucun moyen de passer au-dessus ou en-dessous. La catastrophe, plutôt que l’euthanasie, extirpera la classe des rentiers. C’est la violence-même de cette extinction (sa dimension terrifiante et sa force) qui est source de la mélancolie de gauche. Comme lors des grandes guerres, la destruction de la classe des rentiers fera couler le sang des pauvres. Un socialisme triste est inévitable », conclut-il.
 
A moins qu’on ne s’y mette tout de suite ?
 

Anne Dolhein