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La Chine continue à développer des îles en Mer de Chine du Sud

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Li Jie, un expert naval de Pékin, vient d’expliquer au Global Times, média officiel chinois, que la Chine envisage de poursuivre la construction de zones habitables sur certaines îles de la Mer de Chine du Sud, à une échelle correspondant au niveau de « menaces » qu’elle dit subir dans la région. « Les constructions civiles vont augmenter. Des aéroports seront déployés, des pistes d’atterrissage rallongées. Beaucoup de ces constructions seront dédiées aux efforts de recherche et de sauvetage, pour porter secours et vivres aux vaisseaux en détresse », a dit l’expert, qui a ajouté : « La Chine peut aussi accroître le nombre d’armes défensives sur les îles, en fonction du niveau de menace. »
 
Sur les sept îlots habités des îles Nansha, ceux de Meiji, Zhubi et Yongshu sont les plus grands et les mieux équipés. Selon des experts du CSIS (Centre d’études internationales et stratégiques) américain, le récif de Meiji fait environ 6 km carrés et Zhubi et Yongshu 4 et 3 respectivement.
 

Certaines îles au sud de la Chine pourraient atteindre l’autosuffisance alimentaire

 
La semaine dernière, la Chine a testé deux nouveaux aéroports sur les récifs de Meiji et de Zhubi à environ 1.000 km de la province du Hainan. L’aéroport de Yongshu a été achevé en janvier.
 
La Chine n’est pas le seul pays à récupérer des terres sur ces eaux disputées. Le Vietnam a lui aussi asséché des terres dans douze zones des îles Nansha, selon le Global Times, manœuvres observées par satellite par le CSIS en deux endroits.
 
Li pense que certaines de ces îles chinoises peuvent atteindre l’autosuffisance alimentaire. « L’île Taiping, qui ne fait que 0,5 km carré, s’est montrée capable de produire des légumes en bonne quantité. Meiji et Zhubi pourraient produire davantage. L’eau de mer peut être désalinisée pour obtenir de l’eau douce », a-t-il expliqué.
 

Les îles enverront le message « Bienvenue en Chine » aux bateaux qui passeront à proximité…

 
Le commandant de la flotte chinoise, Wu Shengli, a fait savoir à l’amiral Richardson, chef des opérations navales des Etats-Unis en visite, lundi, en Chine, que celle-ci continuera à construire en Mer de Chine du Sud. Les tensions se sont accrues surtout depuis que le tribunal d’arbitrage de La Haye a rendu une décision défavorable à la Chine il y a quelques semaines.
 
Depuis jeudi, China Telecom a équipé les sept îles Nansha habitées de relais 4G. Des stations 4G ont été installées sur Zhubi et Yongshu en mars 2015. Les bateaux passant dans la zone recevront désormais des SMS disant « Bienvenue en Chine », histoire d’affirmer la souveraineté chinoise sur ces eaux – une décision accueillie par une vive protestation à ce sujet de la part du ministère des Affaires étrangères vietnamien.
 
China Telecom a également construit la première base satellite navale chinoise sur Sansha N°1, le navire de ravitaillement qui relie le port de Qinglan dans la province du Hainan avec l’île de Yongxing dans les Paracels, contrôlée par la Chine depuis mais revendiquée par le Vietnam et par Taïwan. L’équipage peut y téléphoner, utiliser internet, et conduire des conférences vidéo en 4G en pleine mer.
 

Centrales nucléaires et tourisme en Mer de Chine du Sud

 
La Chine envisage encore d’installer sa première plateforme nucléaire maritime et prévoit la construction prochaine de 20 centrales nucléaires flottantes pour apporter de l’électricité dans les îles lointaines, et pour faire fonctionner des installations de désalinisation. Le tourisme, enfin, serait un secteur de développement envisagé, ainsi que des sports nautiques (surf, planche à voile…). Des croisières à destination des îles Xisha ont déjà lieu régulièrement.
 
On assiste à une véritable mainmise de la Chine sur ces territoires et zones maritimes stratégiques convoités par d’autres pays de la région, mais qui sont loin de pouvoir rivaliser avec la puissance du géant chinois.
 

Patrick Neuville