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“Amoris laetitia” : le cardinal Burke parle de la « correction » à adresser au pape dans la suite de la présentation des “Dubia”

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Dans une importante interview accordée au plus ancien journal catholique anglais, The Wanderer, le cardinal Raymond Burke a parlé avec une clarté sans précédent de la suite à donner à la soumission au pape François par quatre cardinaux – le cardinal Brandmüller, le cardinal Caffarra, feu le cardinal Meisner et lui-même – des cinq Dubia à propos de l’interprétation de l’exhortation post-synodale Amoris laetitia. Il évoque désormais ouvertement la manière dont s’adresserait une « correction » au Saint-Père, faute de réponse de sa part. On sait que le pape François a refusé aux cardinaux de les recevoir pour évoquer le sujet.
 
Le journaliste, Don Fier, pose la question en ces termes : « Laissant de côté la question de l’éventuel moment opportun, pourriez-vous expliquer comment se déroulerait la procédure d’une “correction formelle” s’il n’y avait pas de réponse aux cinq Dubia ? Comment se soumet officiellement une correction formelle, de quelle manière s’adresserait-elle au sein de la structure hiérarchique de l’église, etc. ? »
 

Le cardinal Burke estime la correction de la doctrine « nécessaire »

 
Le cardinal Raymond Burke a répondu :
 
« Cette procédure n’a pas été fréquemment invoquée au sein de l’Eglise ; elle ne l’a pas été au cours de ces derniers siècles. Il y a eu des corrections à l’égard de saints-pères du passé sur des points significatifs, mais non de manière doctrinale. Il me semble que l’essence de la correction est très simple. D’un côté, on expose l’enseignement clair de l’Eglise ; de l’autre côté, s’exprime ce que le pontife romain enseigne dans les faits. S’il y a une contradiction, le pontife romain est appelé à conformer son propre enseignement, dans l’obéissance au Christ et au magistère de l’Eglise.
 
« On pose la question : “Comment cela pourrait-il se faire ?” Cela se fait de manière très simple par une déclaration formelle à laquelle le Saint-Père serait obligé de répondre. Les cardinaux Brandmüller, Caffarra, Meisner et moi-même avons fait appel à une institution ancienne de l’Eglise en proposant des Dubia au pape.
 
« Cela été fait de manière respectueuse et d’aucune manière dans une optique agressive, afin de lui donner l’occasion d’exposer l’enseignement immuable de l’Eglise. Le pape François a choisi de ne pas répondre aux cinq Dubia, et donc il est désormais nécessaire de simplement affirmer ce que l’Eglise enseigne à propos du mariage, de la famille, d’actes qui sont intrinsèquement mauvais, et ainsi de suite. Ce sont là les points qui ne sont pas clairs dans les enseignements actuels du pontife romain ; donc, cette situation doit être corrigée. La correction se dirigerait dès lors principalement vers ces points de doctrine.
 
« Il y a eu des cas (…) de correction de pontifes romains du passé sur des points non doctrinaux, où les cardinaux sont allés vers le Saint-Père à propos d’une chose ou d’autres comme, par exemple, les affaires concernant l’administration de l’Eglise.
 
« Une autre question peut également être soulevée. Le pape est le principe de l’unité des évêques et de tous les fidèles. Cependant, l’Eglise est actuellement mise en pièces par la confusion et la division. Le Saint-Père doit être appelé à exercer son office afin d’y mettre un terme. Et donc, la prochaine étape serait une déclaration formelle affirmant les enseignements clairs de l’Eglise tels qu’ils sont exposés dans les Dubia.
 
« En outre, il serait déclaré que ces vérités de la foi ne sont pas clairement exposées par le pontife romain. En d’autres termes, plutôt que de poser les questions comme cela a été fait dans les Dubia, la correction formelle affirmerait les réponses telles qu’elles sont clairement enseignées par l’Eglise. »
 

Après “Amoris laetitia” et faute de réponse du pape François les “Dubia” servent à exprimer le véritable enseignement de l’Eglise

 
On voit que dans cette réponse, le cardinal Burke va finalement au-delà de la question posée qui porte seulement sur la manière de présenter la correction : il dit qu’au vu des enseignements actuels du Pape François, « cette situation doit être corrigée ».
 
L’ensemble de l’entretien, dont les deux premières parties ont paru dans The Wanderer, la troisième devant être publiée la semaine prochaine, manifeste cette même sincérité.
 

Jeanne Smits