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George Borjas, économiste d’Harvard : l’immigration aux Etats-Unis est le plus important des programmes de lutte contre la pauvreté – au coût faramineux

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Alors que les Nations unies ne cessent de parler de l’éradication de la pauvreté dans le monde, des décennies d’immigration de masse aux Etats-Unis ont joué sur ce plan un rôle bien plus important que toutes les initiatives prises au niveau global, selon un économiste de Harvard. Georges Borjas estime que ce programme de fait de lutte contre la pauvreté a été appliqué au détriment des ouvriers américains mais aussi des classes moyennes, par ses répercussions sur le marché de l’emploi et à travers le coût de l’accueil des migrants. A raison de 1,5 millions d’arrivées légales chaque année en moyenne, on voit mal comment il ne pourrait pas y avoir eu de conséquences financières dans un sens ou dans l’autre, en effet.
 
Selon l’économiste, ce sont une cinquantaine d’années d’immigration en masse d’étrangers ne pouvant prétendre qu’à des emplois faiblement rémunérés qui ont eu des conséquences négatives pour les pauvres et les ouvriers américains, mais pas seulement : les classes moyennes ont eu elles aussi à supporter les frais de l’opération.
 

L’économiste d’Harvard George Borjas parle du coût de l’arrivée de migrants peu formés

 
George Borjas s’explique :
 
« Depuis 1965, nous avons fait venir un grand nombre d’immigrés peu formés, et une manière de considérer cette politique est de dire que nous avons fondamentalement fait fonctionner le plus important programme de lutte contre la pauvreté au monde. Et cela n’est, en fait, en rien une mauvaise chose. Si ce n’est que quelqu’un a dû en supporter le prix…
 
« Et c’est la question que la plupart des progressistes ne veulent pas voir soulevée. Ils veulent vraiment croire que les migrants sont comme la manne du ciel. Que tout le monde y gagne vraiment et que tout le monde est heureux pour le restant de ses jours. Ce qu’ils refusent de prendre en compte, c’est cette réalité : rien au monde ne ressemble à de la manne du ciel. Tout changement de politique entraîne d’importants gains pour certains, que d’autres n’auront pas. Et cela vaut aussi pour l’immigration, qui a créé les dynamiques de notre situation actuelle. »
 
Calculées à la louche, les pertes encourues par les Américains du fait de l’immigration de masse ont été évaluées par Borjas comme suit : « Si l’immigration fait augmenter le nombre de travailleurs de 10 %, la rémunération des travailleurs va probablement chuter d’environ 3 %. »
 

Les programmes d’immigration aux Etats-Unis ont plus fait pour la lutte contre la pauvreté que les politiques mondiales

 
Les pertes plus importantes concernent justement le salaire des travailleurs confrontés à une concurrence plus importante sur le marché de l’emploi, estime-t-il. « Ce n’est pas une chute importante, mais elle n’est certainement pas nulle. Et nous devrions tous considérer cela comme un souci dès lors que cette perte de revenus est imposée aux travailleurs qui ont le moins de moyens d’y faire face. Et très évidemment, tout cela tend à aggraver les forces qui vont dans le sens d’une plus grande inégalité dans notre économie », a-t-il précisé.
 
A la pression sur les salaires il faut ajouter le coût des services sociaux pour les nouveau-venus. « Selon le dernier rapport de la National Academy, cela pourrait facilement dépasser les 50 milliards de dollars par an », estime le professeur d’Harvard.
 
A cela s’ajoutent d’autres coûts récemment évalués par l’organisme anti-immigrationniste Federation for American Immigration Reform, qui estime le coût total de l’immigration – illégale pour le coup – à 116 milliards de dollars par an pour le contribuable américain. Coût financier exclusivement, qui n’entend pas mesurer la perte d’identité religieuse et culturelle que provoque cette immigration de masse.
 
Donald Trump soutient actuellement une proposition sénatoriale visant à diminuer l’immigration légale pour la ramener à 500.000 personnes par an, en modifiant les conditions d’entrée qui favorisent actuellement les travailleurs peu formés, par la mise en place d’un système fondé sur le mérite et la formation.
 

Anne Dolhein